Le flou pour les jeunes en famille d’accueil

Les enfants de la DPJ se retrouvent en contacts avec plusieurs intervenants et des adultes, sans mesures de sécurité particulières.
Photo: iStock Les enfants de la DPJ se retrouvent en contacts avec plusieurs intervenants et des adultes, sans mesures de sécurité particulières.

« On a pensé à tout le monde on dirait, mais pas aux enfants de la DPJ », regrette Geneviève Rioux, présidente de la Fédération des familles d’accueil et ressources intermédiaires du Québec (FFARIQ). Ce regroupement des 2500 familles d’accueil du Québec qui veille sur 5000 enfants souhaite que le gouvernement prennent des mesures efficaces pour protéger aussi ces enfants et ceux qui en ont la charge.

La FFARIQ veut que cessent temporairement les accès des parents biologiques auprès des parents, le temps que des conditions sanitaires favorables soient garanties à tous.

Elle regrette que, dans les circonstances sanitaires actuelles, « le droit des parents biologiques de voir leurs enfants passe derrière le droit collectif » de protéger l’ensemble de la population, y compris les enfants sur lesquels ils veillent.

Puisque les visites parentales sont faites en vertu d’une ordonnance de cour, le Ministère de la Santé et des services sociaux en était encore mercredi à réfléchir sur la façon de gérer au mieux cette situation.

Malgré des avis contradictoires qui ont circulé depuis le début de la semaine, tout continue donc pour l’instant comme avant. C’est-à-dire que ces enfants de la DPJ se retrouvent en contacts avec plusieurs intervenants et des adultes, sans mesures de sécurité particulières.

Il y a un non-sens à vouloir maintenir les choses comme elles sont alors même que le premier ministre nous enjoint de faire des efforts qui vont dans le sens contraire

À la direction des communications du Ministère de la Santé et des Services sociaux, on admet que des directives en apparence contradictoire ont pu circuler ce sujet. Et la ligne à suivre n’était pas encore clairement établie mercredi en fin de journée.

Jointe par Le Devoir, une famille d’accueil de l’Outaouais explique à quel point la situation est regrettable, tout en demandant l’anonymat par craintes de représailles. Les enfants, explique cette famille, doivent se retrouver dans un organisme communautaire qui sert de point de chute aux rencontres avec leurs parents biologiques. Or « les enfants de plusieurs familles continuent de se succéder là, avec leurs parents biologiques et des intervenants, sans mesure sanitaire particulière. Les enfants viennent parfois de deux ou trois familles d’accueil différentes. Ils passent dans les mêmes lieux, les uns après les autres, sans parler des autres réunions qui se déroulent là. Dans les circonstances, c’est une grande source d’anxiété. »

« Je n’ai rien contre les visites parentales, bien au contraire », dit Geneviève Rioux, la présidente de la FFARIQ. « Mais dans les circonstances, on se retrouve dans des situations où plusieurs enfants sont placés dans des familles d’accueil où se trouvent des personnes de plus de 70 ans et plus. Ils sont aussi en contacts, dans certains cas, avec des gens qui ont des problèmes respiratoires, des problèmes cardiaques, des malades. On ferme les écoles et les garderies, mais on nous dit qu’il faut continuer que des enfants de plusieurs milieux différents se retrouvent ensemble dans un même lieu, au nom du droit des parents biologiques de les voir. Il y a un non sens à vouloir maintenir les choses comme elles sont alors même que le premier ministre nous enjoint de faire des efforts qui ont en sens contraire ».

La FFARIQ maintient donc depuis la semaine dernière son opposition à cette pratique dans les circonstances, la jugeant à la fois dangereuse pour les enfants autant que pour ceux voués à s’en occuper. « On demande au premier ministre Legault de penser aussi aux enfants de la DPJ. »