Les libéraux craignent que la pénurie d’employés en santé s’éternise

La semaine dernière, la ministre de la Santé, Danielle McCann, déposait son plan d’action d’une centaine de pages, qui vise à attirer et retenir plus de préposés aux bénéficiaires et d’auxiliaires aux services de santé et sociaux qui offrent des soins à domicile.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La semaine dernière, la ministre de la Santé, Danielle McCann, déposait son plan d’action d’une centaine de pages, qui vise à attirer et retenir plus de préposés aux bénéficiaires et d’auxiliaires aux services de santé et sociaux qui offrent des soins à domicile.

« Timide », « faible », « presque insultant », le plan McCann pour résorber la pénurie de préposés aux bénéficiaires et d’auxiliaires en santé est loin d’être à la hauteur du problème, selon les libéraux.

« On est très, très, très en retard. Donc, ça aurait pris un plan d’action très affirmé, novateur », dénonce la députée libérale porte-parole des enjeux touchant les aînés, Monique Sauvé. « C’est assez insultant de voir un document si faible, si mou, alors qu’on est dans une crise aussi importante. »

La semaine dernière, la ministre de la Santé, Danielle McCann, déposait à l’Assemblée nationale un plan d’action d’une centaine de pages décrivant 15 mesures pour attirer et retenir plus de préposés aux bénéficiaires (PAB) et d’auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) qui offrent des soins à domicile.

Ces mesures, qui ont toutes déjà été mises en oeuvre, se déclinent notamment en bourses, en concertation entre le réseau de la santé et les commissions scolaires, en campagnes de publicité, en recrutement international, en création de postes permanents et en préposés formés pour entraîner leurs collègues.

C’est assez insultant de voir un document si faible, si mou, alors qu’on est dans une crise aussi importante

Or pour l’opposition libérale, ce plan n’est pas « assez musclé ». Mme Sauvé estime qu’il aurait dû inclure une campagne de communication « avec un message fort ».

Pour briser « le mauvais mythe autour du métier », on devrait, selon elle, mettre en avant les témoignages de préposés « qui nous disent à quel point c’est une passion ».

Mme Sauvé préconise aussi qu’on impose les stages en milieux de travail pour les étudiants qui suivent le programme de préposés aux bénéficiaires. Le plan suggère de « favoriser les partenariats », mais la députée croit que cela doit faire l’objet d’une « orientation ministérielle ».

D’emblée, dit-elle, un tel plan devrait contenir des cibles et des indicateurs de performance.

La CSN déçue

La CSN, qui représente la majorité des préposés et auxiliaires du réseau public, a, elle aussi, vertement critiqué le plan la semaine dernière.

Le plan « manque d’envergure et n’annonce pas de mesures concrètes pour mettre fin à la pénurie », a déploré dans un communiqué la Fédération de la santé et des services sociaux affiliée à la CSN.

Le syndicat reproche notamment au ministère de la Santé de ne pas avoir consulté ses membres avant d’élaborer ce plan et déplore qu’il n’inclue pas « d’ajout de sommes pour faire plus ». En date du 31 mars, on recensait 41 563 PAB dans le réseau et 6189 ASSS. Des effectifs qui ont à peine augmenté ces dernières années (de 0,85 % par an pour les PAB et de 0 % pour les ASSS).

Selon les dernières données du ministère, sur les 4565 nouveaux postes créés par le gouvernement caquiste, seulement 350 ont été pourvus par de nouveaux préposés.

Au printemps, le gouvernement révélait qu’il allait devoir embaucher 33 036 préposés aux bénéficiaires dans le réseau d’ici cinq ans pour répondre à tous les besoins.