Implants mammaires: 7300 femmes avisées d’un risque de cancer

Santé Canada avait signalé en février dernier une augmentation du nombre de cas de lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires texturés chez les Canadiennes.
Photo: Miguel Medina Agence France-Presse Santé Canada avait signalé en février dernier une augmentation du nombre de cas de lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires texturés chez les Canadiennes.

Finalement, ce sont près de 7300 Québécoises ayant des implants mammaires texturés qui ont été contactées par les établissements de santé de la province pour se faire aviser d’un faible risque de cancer.

C’est le résultat d’une démarche préventive entreprise en mars dernier par le ministère de la Santé du Québec, qui ne voulait pas prendre de risque.

Après un avis de Santé Canada, le ministère québécois avait rapidement demandé à tous les établissements de la province d’ouvrir les dossiers de leurs patientes afin d’identifier celles qui avaient reçu ces implants spécifiques depuis 1995.

Hôpitaux et cliniques devaient ensuite aviser les femmes concernées, dont certaines avaient reçu ces implants lors d’interventions chirurgicales de reconstruction mammaire.

Le ministère fédéral avait signalé en février dernier une augmentation du nombre de cas de lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires texturés chez les Canadiennes. Au 1er janvier 2019, Santé Canada avait été informé de 22 cas confirmés et de 22 cas soupçonnés.

Selon le ministère fédéral, il ne s’agit pas d’un cancer des tissus mammaires, mais plutôt d’une forme rare de lymphome non hodgkinien, c’est-à-dire un cancer touchant le système immunitaire qui peut apparaître plusieurs mois ou plusieurs années après la pose d’implants. Il se caractérise généralement par l’accumulation de liquide entre l’implant mammaire et les tissus environnants.

Le risque pour ces femmes de développer ce cancer serait faible, soit d’une sur 30 000 porteuses d’implants texturés, avait indiqué en mars une porte-parole du ministère de la Santé du Québec, Marie-Claude Lacasse. Mais le ministère préférait que les femmes soient correctement informées, notamment des risques et des symptômes à surveiller, et puissent parler à un médecin.

Sans registre sur ces implants, il était difficile de savoir combien de femmes les avaient reçus. En mars, le ministère de la Santé du Québec évaluait leur nombre à 15 000.

Mais après consultation des dossiers médicaux, il apparaît que le nombre est moindre et que ce seraient plutôt 7300 femmes au Québec qui sont porteuses de ce type de prothèses, selon des données obtenues du ministère par La Presse canadienne. Par ailleurs, plus de 2500 appels ont été reçus par les établissements du réseau de santé par des femmes demandant de l’information.

Le ministère québécois de la Santé a aussi fait savoir que plus de 820 rendez-vous ont été donnés ou doivent l’être prochainement dans divers établissements. Ce nombre ne comprend pas les patientes ayant consulté un professionnel de la santé hors établissement, par exemple un médecin de famille, après la réception de la lettre.

Tous ces chiffres pourraient encore augmenter, alors que des établissements de santé poursuivent leurs vérifications. Toutefois, ils ont noté une diminution importante du nombre d’appels reçus depuis la fin du mois de mai, précise le ministère.

Ces implants texturés n’ont pas été les plus populaires au Québec : seulement 10 % des femmes ayant des implants auraient ceux de type texturé.

Les informations concernant les cas diagnostiqués du lymphome anaplasique à grandes cellules ne sont pas disponibles pour le moment.