L’accès aux soins reste ardu pour les Canadiens obèses

Quelque 376 900 adultes sont considérés comme étant obèses au Québec.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Quelque 376 900 adultes sont considérés comme étant obèses au Québec.

L’obésité est une maladie chronique nécessitant des réponses plus adaptées que de simples recommandations à bien manger et à bouger davantage, selon Obésité Canada. Or, le portrait de l’accès à des soins spécialisés pour les personnes obèses que dresse l’organisme est peu encourageant.

L’organisme caritatif publie aujourd’hui la seconde édition de son Bulletin sur l’accès des adultes au traitement de l’obésité au Canada.

« Malheureusement, la situation ne s’est pas tellement améliorée depuis 2017 », déplore Marie-France Langlois, endocrinologue au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, professeure à l’Université de Sherbrooke et chercheuse au Centre de recherche du CHUS. La cause de ce surplace, selon la scientifique ayant contribué au rapport : « Aucun de nos gouvernements ne reconnaît encore l’obésité comme une maladie chronique. Ils considèrent plutôt que c’est un facteur de risque pour d’autres maladies. »

Parmi les éléments qui manquent le plus cruellement dans le système public, la Dre Langlois évoque l’implantation de cliniques spécialisées en obésité où les patients pourraient rencontrer une multitude de professionnels : nutritionnistes, physiothérapeutes, psychologues, travailleurs sociaux, médecins, chirurgiens bariatriques, etc. Au Québec, une seule clinique du genre existe.

Chirurgie et médication

Au chapitre de la chirurgie bariatrique, le Québec fait figure de meilleur joueur au Canada, selon le bulletin. On compte 376 900 adultes considérés comme obèses dans la province. Du nombre, 4005 ont obtenu des chirurgies bariatriques en 2017-2018. C’est donc un Québécois obèse sur 94 qui y a eu accès, contre 1 sur 178 en Ontario et 1 sur 185 à l’échelle du Canada. Malgré tout, au Québec, les patients doivent attendre 24 mois avant de pouvoir consulter un chirurgien.

La chirurgie bariatrique est généralement considérée comme un traitement efficace. En plus d’une perte de poids substantielle, elle entraîne fréquemment d’autres répercussions positives sur la santé, comme la disparition du diabète.

Obésité Canada milite également pour un remboursement des médicaments anti-obésité par les régimes d’assurance publics ou privés. « La médication n’est pas la première option, mais elle peut être efficace lorsqu’elle est combinée à un programme d’amélioration des habitudes de vie », explique la Dre Langlois.

La préparation du bulletin a été rendue possible grâce au soutien financier d’entreprises pharmaceutiques, de technologies médicales, d’appareils chirurgicaux et d’alimentation. Le groupe de travail scientifique comporte des médecins affiliés aux universités de l’Alberta, McMaster, Memorial de Terre-Neuve, de Sherbrooke et Dalhousie.

Obésité Canada s’intéresse au traitement et à la prévention de l’obésité, ainsi qu’aux politiques publiques y ayant trait. L’association compte20 000 professionnels de la santé parmi ses membres.