Bataille judiciaire pour la sauvegarde de la clinique de gynécologie de l'hôpital de Lachine

Environ 2000 femmes, de Lachine et Dorval, se retrouveront sans gynécologue, à partir du 1er avril, si la clinique de gynécologie du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) ferme ses portes.
Photo: Jean Gagnon CC Environ 2000 femmes, de Lachine et Dorval, se retrouveront sans gynécologue, à partir du 1er avril, si la clinique de gynécologie du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) ferme ses portes.

Médecins et patients de la clinique de gynécologie de Lachine du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) entament une bataille judiciaire pour la sauvegarde de la clinique de gynécologie de l’établissement, qui fermera ses portes le 1er avril.

« La décision de fermer la clinique de gynécologie est dangereuse pour la santé des femmes de Lachine et de Dorval », plaide le groupe qui réunit trois médecins et deux patientes.

Les docteurs Jacqueline Piché, Marie Bertrand et Paul Saba, ainsi que deux patientes, Linda Goedike et Chantal Couture, demandent au Tribunal d’infirmer la décision prise par la direction de l’établissement hospitalier, qui est d’ailleurs le seul hôpital francophone de l’ouest de l’île de Montréal.

Actuellement, la clinique est ouverte à raison de deux jours par mois et accueille environ une soixantaine de patientes lors de ces deux journées.

« Dans l’éventualité où la présente demande ne serait pas accueillie, environ 2000 femmes de Lachine et Dorval se retrouveront sans gynécologue à partir du 1er avril », font-ils valoir.

Ils demandent au tribunal d’ordonner à l’établissement de santé de poursuivre ses services dans une demande d’injonction déposée au palais de justice de Montréal. Celle-ci devait être entendue vendredi, mais faute de juge disponible, elle sera présentée lundi matin.

Droit des femmes

Dans sa requête, le groupe s’attaque également à l’iniquité que créera la fermeture de la clinique. « Cela porte atteinte au droit des femmes de bénéficier des soins gynécologiques à l’hôpital de Lachine », déplorent-ils.

Ils évoquent notamment qu’au moment où la clinique gynécologique ferme ses portes, le service d’urologie et de la santé des hommes sera développé pour devenir « une pointe d’excellence ».

« Il est inconcevable que le développement de la clinique d’urologie se fasse implicitement au détriment des femmes », disent-ils.

Dossiers transférés

L’hôpital de Lachine, de son côté, a assuré vendredi qu’aucune patiente n’a été abandonnée.

« Les patientes ont été envoyées au bon endroit, soit l’hôpital de LaSalle, qui est prêt à les recevoir, comme il le faisait déjà les 30 autres jours », a indiqué Me Jean-François Pedneault, qui représente la direction de l’hôpital.

Dans les dernières semaines, les patientes nécessitant des suivis à court terme ont été avisées que leur dossier serait transféré à l’hôpital LaSalle, situé à environ 7 kilomètres de celui de Lachine.

« Beaucoup de patientes ont des problèmes de mobilité et ne pourront pas se déplacer à l’extérieur de Lachine pour consulter un gynécologue. Pour les personnes âgées et les femmes fragiles, le trajet est difficile en autobus », soutient l’avocate du groupe, Me Anamaria Natalia Manole.