Moins d’attente pour des traitements médicaux spécialisés au Québec

Le temps d’attente médian au Québec était de 15,8 semaines cette année, comparativement à 20,6 en 2017, une année qui avait d’ailleurs atteint un record.
Photo: Philippe Huguen Agence France-Presse Le temps d’attente médian au Québec était de 15,8 semaines cette année, comparativement à 20,6 en 2017, une année qui avait d’ailleurs atteint un record.

Les patients québécois ont attendu près de cinq semaines de moins que l’année dernière pour recevoir des traitements médicaux spécialisés en 2018, selon le plus récent rapport de l’Institut Fraser, publié mardi.

L’étude Waiting Your Turn : Wait Times for Health Care in Canada s’est une nouvelle fois penchée sur le temps d’attente des patients canadiens dans 12 spécialités médicales, entre la rédaction de l’ordonnance par un médecin généraliste, la consultation avec un spécialiste et le début des traitements.

Le temps d’attente médian au Québec était de 15,8 semaines cette année, comparativement à 20,6 en 2017, une année qui avait d’ailleurs atteint un record. Même constat à l’échelle canadienne, où 19,8 semaines étaient nécessaires en 2018 pour avoir un traitement, contre 21,2 l’année précédente.

« C’est une agréable surprise de voir une diminution globalement dans le pays, même si les chiffres augmentent dans certaines provinces. Au Québec, ça fait au moins cinq ans qu’on n’a pas vu un si bas temps d’attente », explique Yanick Labrie, chercheur associé à l’Institut Fraser.

La province s’est même hissée en troisième place cette année, derrière la Saskatchewan (15,4 semaines) et l’Ontario (15,7 semaines).

Trop d’attente

« Réjouissons-nous au moins cette année, mais ce sont des délais toujours préoccupants. Quatre mois [au Québec], c’est bien trop long. Certains patients sont sur des listes d’attente et pendant ce temps leur état se détériore considérablement », s’inquiète le chercheur.

Et ce n’est qu’une moyenne. Il faut par exemple attendre 33,9 semaines — plus de 9 mois — pour une neurochirurgie et 23,8 semaines — près de 6 mois — pour une chirurgie orthopédique.

M. Labrie rappelle que le temps d’attente enregistré en 2018, à l’échelle des provinces et du pays, a plus que doublé comparativement à 1993, année où l’institut a commencé à compiler ces données. À l’époque, il fallait 9,3 semaines au Canada pour obtenir un traitement médical spécialisé et 7,3 semaines au Québec.

« Les problèmes d’accès aux soins de santé sont structurels et récurrents à travers tout le pays. Il y a encore beaucoup à faire rien que pour atteindre l’efficacité de certains pays européens dont on devrait davantage s’inspirer », conclut M. Labrie.