Bulletin de l’activité physique chez les enfants

Le niveau d’activité physique chez les enfants décline partout dans le monde, mais il a atteint un plancher inquiétant au Canada.
Photo: Richard Buchan La Presse canadienne Le niveau d’activité physique chez les enfants décline partout dans le monde, mais il a atteint un plancher inquiétant au Canada.

L’inactivité physique chez les jeunes Canadiens a atteint un seuil « alarmant », au point que cela compromet leur développement et leurs chances de grandir en santé, indique un rapport international.

Le survol mondial mené par Active Healthy Kids Global Alliance (AHKGA) dans 48 pays est sans équivoque : le niveau d’activité physique chez les enfants décline partout dans le monde, mais il a atteint un plancher inquiétant au Canada, où les stratégies, les infrastructures et les politiques mises en place ces dernières années n’arrivent pas à renverser cette tendance lourde.

L’urbanisation, la mécanisation et le recours accru aux transports motorisés ont fait chuter l’activité physique à l’échelle mondiale.

« Le Canada doit résister à [ce déclin] des habitudes actives, affirme Mark Tremblay, conseiller scientifique à ParticipAction. Il ne suffit pas de créer des politiques et des pistes cyclables, mais […] rétablir des standards canadiens selon lesquels être actifs à longueur d’année […] constitue la norme. »

 

D +

Les jeunes du pays sont recalés pour ce qui est de leur niveau d’activité physique générale, après compilation de 9 autres indicateurs utilisés. En clair, seulement 35 % des jeunes de 5 à 17 ans s’adonnent à l’heure quotidienne recommandée d’activité d’une intensité moyenne ou élevée, comparativement à 81 % des jeunes de Slovénie, le pays le mieux classé sur 48.

 

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C’est la note obtenue par les enfants canadiens pour leur condition physique générale. La faute des jeunes ? Non, souligne Pierre Morin, d’avis que l’activité physique n’est « plus une norme sociale au Canada », contrairement à d’autres pays. Non seulement bouger n’est plus valorisé, mais l’environnement des jeunes et les infrastructures ne favorisent en rien l’effort et le jeu physique. « Ici, on va à l’école en voiture ou en autobus, alors que d’autres pays favorisent la marche ou le vélo. On récolte aussi les conséquences de choix de société, comme celui de privilégier l’étalement urbain. »

 

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Au chapitre des jeux actifs, les enfants au Canada accusent un retard sur la moyenne mondiale, puisque seulement 35 % s’engagent plusieurs heures par jour dans des jeux actifs. « Les parents doivent rapidement inculquer cette notion à leurs enfants, car c’est à la maison que se créent les habitudes, affirme Pierre Morin. Les gens ont de moins en moins de temps, mais des périodes de jeu de 15 minutes réparties à divers moments de la journée peuvent faire toute la différence. »

 

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Au chapitre du transport actif, le Canada fait aussi piètre figure. Seulement 2 % des élèves canadiens vont à l’école à vélo contre 79 % des jeunes hollandais. Les Pays-Bas sont reconnus comme un pays de cyclistes (1,4 vélo par personne) où la culture et les modes de vie encouragent la pratique quotidienne du vélo.

 

B +

Bonne nouvelle (enfin !). Les jeunes Canadiens sont parmi ceux qui participent le plus à des sports organisés dans le monde, puisque 77 % s’adonnent à des sports en milieu scolaire ou dans leurs municipalités. Une grande amélioration par rapport à il y a dix ans.

 

D +

Champions de la sédentarité, les enfants canadiens récoltent un D +. Seulement 25 % d’entre eux passent moins de deux heures par jour devant un écran, soit le temps maximal recommandé à cet âge. Une situation qui place le Canada parmi les derniers de classe dans le monde. « Malgré toutes les stratégies gouvernementales déployées, les nouvelles ne sont pas bonnes. Là où on ne rencontre aucun succès, c’est dans le temps passé à l’écran, qui atteint 6 à 8 heures par jour chez les 5 à 17 ans et jusqu’à 8 à 10 heures le week-end chez les garçons de 13 ans », déplore Pierre Morin, directeur des opérations à ParticipAction Québec.