L’abus de cannabis associé à de faibles résultats scolaires chez les adolescents

L’étude a montré que la vulnérabilité à la consommation de cannabis et d’alcool à l’adolescence était associée à une performance généralement inférieure dans tous les domaines cognitifs.
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne L’étude a montré que la vulnérabilité à la consommation de cannabis et d’alcool à l’adolescence était associée à une performance généralement inférieure dans tous les domaines cognitifs.

La consommation de cannabis chez les adolescents — qu’elle soit occasionnelle ou fréquente — pourrait affecter des habiletés nécessaires à leur réussite à l’école, selon une étude menée par des chercheurs du CHU Sainte-Justine.

La recherche dirigée par des chercheurs du CHU Sainte-Justine et de l’Université de Montréal, publiée dans l’American Journal of Psychiatry, démontre que des effets concomitants et persistants de la consommation de cannabis chez les adolescents peuvent être observés sur des fonctions cognitives importantes, et semblent être plus prononcés que ceux observés pour l’alcool.

Bien que des études antérieures aient établi que l’abus d’alcool et de cannabis était lié à une altération de la cognition chez les jeunes, elles n’étaient pas conçues pour comprendre cette relation et déterminer si la consommation de cannabis était la cause ou la conséquence des troubles cognitifs.

L’abus d’alcool et de cannabis a été associé à des altérations sur le plan de l’apprentissage, de la mémoire, de l’attention et de la prise de décisions, ainsi qu’à de faibles résultats scolaires.

« Ce sont des habiletés qui ne sont pas directement reliées à la performance scolaire, mais qui sont nécessaires pour avoir une bonne performance », a expliqué Jean-François G. Morin, coauteur de l’étude, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

« Des adolescents auront plus de difficultés à se retenir de se laisser distraire par la température à l’extérieur, à rester concentré sur une tâche qui est difficile et ardue dans le cadre d’un cours, alors qu’il n’y a pas d’éléments qui viennent directement appeler la stimulation », a-t-il ajouté.

M. Morin tient à préciser que ces altérations ne touchent pas seulement les jeunes qui consomment beaucoup. « Il n’y a pas de risque zéro en ce qui concerne la consommation », a-t-il expliqué.

« Vraiment, il est important que le public, et particulièrement les jeunes, soit sensibilisé à cette information-là. »

Pour comprendre la relation entre l’alcool, la consommation de cannabis et le développement cognitif chez les adolescents à tous les niveaux de consommation (abstinents, consommateurs occasionnels ou grands consommateurs), l’équipe de recherche a suivi un échantillon de 3826 adolescents canadiens sur une période de quatre ans.

Les auteurs ont étudié les relations entre les changements d’une année à l’autre dans la consommation de ces substances et le développement parmi un certain nombre de domaines cognitifs, tels que la mémoire de rappel, le raisonnement perceptuel, l’inhibition et la mémoire de travail.

L’étude a montré que la vulnérabilité à la consommation de cannabis et d’alcool à l’adolescence était associée à une performance généralement inférieure dans tous les domaines cognitifs.