Valsartan: les assurés de la RAMQ seront remboursés

La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) a décidé exceptionnellement de rembourser les comprimés de valsartan que ses assurés n’ont pas absorbés, mais rien n’oblige les assureurs privés à faire de même.
Photo: Darwin Brandis Getty Images La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) a décidé exceptionnellement de rembourser les comprimés de valsartan que ses assurés n’ont pas absorbés, mais rien n’oblige les assureurs privés à faire de même.

À la suite du rappel de plusieurs médicaments contenant du valsartan le 9 juillet dernier, seuls les patients couverts par le régime public sont assurés de recevoir un remboursement ou un crédit pour les comprimés qu’ils n’ont pas consommés et qu’ils retournent à leur pharmacien. La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) a décidé exceptionnellement de rembourser les comprimés de valsartan que ses assurés n’ont pas absorbés, mais rien n’oblige les assureurs privés à suivre cette procédure adoptée par la RAMQ.

Le 11 juillet, la RAMQ envoyait à tous les pharmaciens des instructions de facturation pour les personnes assurées par la RAMQ désirant obtenir un produit de remplacement. Selon ces directives, le pharmacien doit dans un premier temps « annuler la transaction complète (soit 30 jours de comprimés qui avaient été remis) correspondant au produit rapporté », dans un second temps « facturer les comprimés qui ont été consommés par la personne », et finalement « remettre au patient des comprimés de remplacement » qui feront l’objet d’une nouvelle facturation. « La personne sera ainsi remboursée pour les comprimés de valsartan non consommés, ou créditée sur sa prochaine facture du médicament de remplacement. Et le pharmacien se fait ensuite rembourser les comprimés non utilisés par la compagnie pharmaceutique », précise Caroline Dupont, porte-parole de la direction des communications de la RAMQ.

« Le remboursement des comprimés restants de valsartan [qui a fait l’objet d’un rappel] à ses assurés est une décision très exceptionnelle que la RAMQ a prise de son propre chef, ajoute Mme Dupont. Dans le cas de notre directive administrative de facturation, les assureurs privés ne sont pas obligés de suivre le régime public. Ils doivent toutefois couvrir les mêmes médicaments de remplacement que le régime public. »

Selon Rafaëlle Perron, conseillère principale aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), le niveau de rappel diffusé par Santé Canada n’oblige « pas les pharmaciens à recontacter tous les patients pour qu’ils cessent immédiatement leur médication et la retournent à la pharmacie, et à les rembourser ». Santé Canada a en effet recommandé de procéder à un rappel de type 1, niveau 2, et, de ce fait, invitait les patients à « ne pas cesser leur traitement mais à communiquer avec leur médecin afin de discuter des options de remplacement ».

« Il est tout de même possible qu’il y ait des pharmaciens qui les ont remboursés au patient. Mais l’AQPP laisse au bon jugement de chaque pharmacien le soin d’évaluer la situation au cas par cas », poursuit Mme Perron.

Les patients qui rapportent au pharmacien les comprimés qu’ils n’ont pas consommés ne sont donc pas assurés de se les faire rembourser ou créditer, et ce, même si le pharmacien pourra quant à lui se les faire rembourser par le fabricant.

Visiblement, un certain flou règne dans ce dossier…


Le coupable

Le 9 juillet dernier, Santé Canada diffusait le rappel de plusieurs médicaments contenant du valsartan — prescrits aux patients souffrant d’hypertension, d’insuffisance cardiaque ou qui viennent de subir un infarctus du myocarde — parce que celui-ci, produit par la compagnie chinoise Zhejiang Huahai Pharmaceutical, était contaminé par de la N-nitrosodiméthylamine (NDMA), une substance classée comme cancérogène probable par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).