D'une controverse à l'autre en CHSLD

Le ministre Barrette s'est vu forcé de revoir l’offre alimentaire en CHSLD.
Photo: Jean-Sebastien Evrard Agence France-Presse Le ministre Barrette s'est vu forcé de revoir l’offre alimentaire en CHSLD.

Quatre enjeux qui ont fait réagir la population — ou le gouvernement — au fil des ans.

1. Des « patates en poudre »

Elles sont devenues le symbole des conditions de vie des résidents de CHSLD, mais aussi des conséquences des restrictions budgétaires, ces « patates en poudre » servies lors des repas dont les coûts moyens avoisinent les deux dollars. Elles ont aussi été synonymes de pressions politiques, assez fortes pour que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, révise l’offre alimentaire des CHSLD à l’automne 2016. Reste que l’abandon du bacon, du chou-fleur ou du veau dans certains établissements aux budgets serrés a permis d’illustrer les impacts des compressions budgétaires sur les personnes vulnérables, dont s’était inquiétée la protectrice du citoyen dès le lancement de la réforme Barrette, en 2014.

2 $
C’est le coût moyen d’un repas en CHSLD.
 
 

2. Des bains quotidiens

En 2015 et 2016, les médias ont mis au jour les histoires de résidents de CHSLD devant se tourner vers un « marché noir » de bains ou le sociofinancement afin d’obtenir plus que le bain hebdomadaire auquel ils avaient droit. S’il a d’abord défendu la méthode du nettoyage à la débarbouillette, le ministre Barrette s’est finalement résigné, en 2017, à permettre aux résidents qui le souhaitent d’obtenir un second bain hebdomadaire. Des allégations concernant des « quotas de couches », qui auraient contraint les employés à ne changer les culottes d’incontinence qu’au moment où celles-ci sont pleines, ont par ailleurs été démenties par une enquête de la protectrice du citoyen, en 2017.

 
 

3. De longs délais d’attente

En septembre 2017, la protectrice du citoyen, Marie Rinfret, a qualifié le manque de places dans les CHSLD de « criant », en plus de constater une « augmentation des délais d’attente » et un « resserrement des critères d’admissibilité ». Elle a déploré l’« effet domino » de cette pénurie de places, qui s’illustre notamment par la surutilisation des ressources intermédiaires — contractuelles — ou les déménagements forcés de prestataires. Le ministère de la Santé ne divulgue pas le délai moyen pour obtenir une place en CHSLD en 2017-2018, avançant que cette information est « non disponible ». En date du 31 mars 2016, 3500 personnes attendaient une place en CHSLD au Québec.

 
 

4. À bout de souffle

Délai de six minutes pour nourrir les patients, locaux malpropres, plaies de lit en raison de soins déficients : divers employés et résidents de CHSLD ont dénoncé les conséquences du manque de temps dont disent souffrir les travailleurs de ces ressources d’hébergement. L’action collective déposée par le Conseil de la protection des malades y fait écho en évoquant la « surcharge » et l’épuisement du personnel de CHSLD, tel qu’il a été exposé dans les médias au fil des ans. En mars, devant l’indignation populaire, le ministre Barrette a accepté de lancer des projets-pilotes visant à diminuer les ratios infirmière-patients. En CHSLD, l’objectif est de faire passer le ratio — établi à 50 à 64 patients par infirmière — à 25 à 32 patients.