Possible vague de surdoses en Montérégie

Le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) a enregistré sept morts potentiellement liées à des surdoses sur son territoire depuis le 12 mai dernier.

Le SPAL, qui précise que rien ne porte à croire que ces cas soient liés entre eux, attend les résultats des autopsies et des analyses toxicologiques.

La Direction de la santé publique (DSP) de la Montérégie est en mesure de confirmer que dans un des cas le consommateur croyait avoir acheté de la cocaïne, mais qu’il s’agissait en fait d’héroïne contaminée par d’autres substances, dont la quinine, un traitement contre la malaria. La drogue avait été achetée sur le territoire montréalais.

À Montréal, la direction de la santé publique indique qu’il n’y a pas de vague de surdose sur son territoire actuellement. Du côté du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), bien qu’on indique qu’il ait pu y avoir des cas de surdose pris en charge dans les dernières semaines, on n’était pas en mesure d’en faire un décompte.

En ce qui concerne les victimes de la Montérégie, la directrice de la santé publique Julie Loslier indique qu’« on sait que ce sont des personnes qui avaient consommé, mais qui pourraient être décédées d’une surdose ou d’un problème de santé sous-jacent ». La DSP enquête sur six des sept cas, un dernier n’ayant pas été formellement porté à son attention.

Un avis de vigilance a été publié le 18 mai dernier, lequel mentionne également deux cas d’intoxication non mortelle avec « atteinte de l’état de conscience et une rigidité musculaire ». Une personne a été transportée à l’urgence dans un état critique. D’autres cas de surdoses non mortelles sont survenus dernièrement, confirme la Dre Loslier, mais pas dans une proportion anormalement élevée.

Du côté de Montréal, la santé publique a publié un avis, début mai, concernant la circulation d’une poudre vendue comme de la cocaïne, mais contaminée à l’acétylfentanyl, laquelle était potentiellement liée à une mort survenue à la fin avril.

La santé publique conseille aux consommateurs de drogues de ne pas consommer seuls ou de fréquenter les services d’injection supervisés, d’avoir de la naloxone disponible, de diminuer les doses et de ne pas consommer tous au même moment pour que quelqu’un soit toujours en mesure d’intervenir auprès d’une personne en détresse.

Intervenir en banlieue

La Dre Loslier indique que la possibilité d’implanter un service d’injection supervisée sur le territoire de Longueuil a été étudiée, mais est écartée pour le moment. « Il y a une différence dans le profil de consommation des consommateurs en Montérégie, ils consomment beaucoup plus à domicile, et seuls », explique-t-elle. C’est pourquoi un renforcement des services de proximité, comme les travailleurs de rue, est privilégié.

Les organismes communautaires seront également mis à contribution pour participer à la distribution de la naloxone, l’antidote aux surdoses, indique la Dre Loslier.

L’approche de la période estivale est propice à l’accroissement des cas de surdose, confirme-t-elle, un phénomène anticipé à Montréal également selon les intervenants auprès des consommateurs.