Inspection surprise de la RAMQ à l’Institut de l’oeil des Laurentides

C’est la troisième fois que l’Institut de l’oeil des Laurentides fait l’objet d’une enquête de la RAMQ.
Photo: iStock C’est la troisième fois que l’Institut de l’oeil des Laurentides fait l’objet d’une enquête de la RAMQ.

Déterminée à vérifier si l’Institut de l’oeil des Laurentides facture illégalement des frais à ses patients, la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) s’y est présentée jeudi matin pour une inspection surprise.

« Nos deux inspectrices ont pour mandat de vérifier si le règlement sur les frais accessoires est respecté », a confirmé la porte-parole de la RAMQ, Caroline Dupont.

Pour la RAMQ, c’était une première que de se présenter de manière impromptue dans une clinique pour procéder à une inspection. L’adoption du projet de loi 92, en décembre dernier, lui a conféré ce pouvoir.

Depuis l’interdiction formelle des frais accessoires, le 26 janvier, des patients ont dénoncé à nouveau les pratiques de cette clinique ophtalmologique. Ils se sont fait offrir des examens diagnostics non couverts.

Pertinence médicale

Selon un reportage de Radio-Canada, certains examens offerts en amont d’une chirurgie de la cataracte n’étaient pas médicalement requis.

Des patients ont aussi confié au Devoir s’être fait proposer des examens pour lesquels ils devaient payer, mais dont ils ignoraient la pertinence médicale.

Ce matin, ce que vous avez vu, c'est la RAMQ qui exerce ses pouvoirs

C’est la troisième fois que l’Institut de l’oeil des Laurentides fait l’objet d’une enquête de la RAMQ, confirme Caroline Dupont.

En 2013, la clinique a été condamnée à rembourser 84 000 dollars en frais accessoires à des patients qui s’étaient plaints de ces frais indus à la RAMQ. Une autre enquête amorcée en 2016 est toujours en cours.

Questionné à ce sujet lors d’un point de presse en Gaspésie, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a affirmé que, par son geste inédit, la RAMQ envoyait un « message ».

« Ce matin, ce que vous avez vu, c’est la RAMQ qui exerce ses pouvoirs », a-t-il averti.

L’ophtalmologie visée

Le secteur de l’ophtalmologie a été sur la sellette pendant de nombreuses années dans le dossier des frais facturés aux patients illégalement. Notamment, les patients ont dénoncé avoir payé des centaines de dollars en gouttes qui ne valaient que quelques dollars.

Une demande en action collective contre les frais accessoires, qui n’a pas encore été autorisée, vise entre autres plusieurs cliniques d’ophtalmologie.

Depuis l’interdiction des frais accessoires le 26 janvier dernier, la RAMQ a reçu 6 dénonciations et 172 demandes de remboursement pour des soins donnés dans une clinique d’ophtalmologie. D’autres cliniques font également l’objet d’une inspection.

1 commentaire
  • Jean-François Trottier - Abonné 24 mars 2017 08 h 07

    Et il fallait qu'il ouvre la bouche!

    Ça devient de la Comedia del arte. Le fait d'inspecter, pour un ministe, devrait être la moindre des choses. Il est entendu que, l'humain étant humain, il y aura toujours des tentatives d'abus dans n'importe quel commerce, et les cliniques n'en sont pas absoutes du simple fait que des médecins les dirigent. Bin quin!
    Chaque cliniqe devrait recevoir une visite épisodiquement... ou du moins c'est ce que s'imagine le vulgum pecus dont je fais partie en toute naïveté.

    Mais non, il fallait que Barrette vienne le souligner au crayon gras pour montrer comment il prend la défense du public dans ce cas bien précis et bien circonscrit.

    Ce que je comprends, c'est qu'il en laisse passer des dizaines faute de personnel et trouve des exemples pour sauver la face.

    Décidément ça chauffe: les élections approchent semble-t-il et les Libéraux colmatent des trous partout, à la va-vite.

    Mais voilà, plus Barrette monte en épingle chaque cas séparément, plus il se met les spécialistes à dos et se montre revenchard et... aussi petit qu'il l'est vraiment.

    Il existe des incompétents de tous les genres. Barrette, il est du genre braillard.