Les pharmaciens se tournent vers les tribunaux

L’AQPP a transmis au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et à la RAMQ un avis de différend, jeudi.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir L’AQPP a transmis au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et à la RAMQ un avis de différend, jeudi.

Estimant s’être fait flouer de 82 millions de dollars supplémentaires par Québec, à qui ils avaient déjà consenti de verser 400 millions sur trois ans, les pharmaciens propriétaires se tournent vers les tribunaux.

En publiant mercredi un règlement qui limite le déplafonnement des ristournes versées aux pharmaciens par les compagnies de médicaments génériques, Québec revient sur sa signature, un « réel affront », dit l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP).

Représentée entre autres par l’ancien premier ministre et avocat Lucien Bouchard, l’AQPP a transmis au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et à la RAMQ un avis de différend, jeudi.

Québec, de son côté, juge n’avoir rien à se reprocher. « Nous considérons que nous avons respecté ce qui avait été convenu », indique l’attachée de presse du ministre Barrette, Julie White.

Autres réclamations

Les pharmaciens réclament aussi le remboursement des 50 millions qu’ils ont versés jusqu’à maintenant à Québec et l’arrêt des ponctions sur leurs honoraires tant et aussi longtemps que les mesures d’atténuation ne sont pas en place conformément à leur entente. « On donne de l’argent depuis maintenant six mois et ils ont renié leur signature », dénonce le directeur général de l’AQPP, Jean Bourcier.

Les pharmaciens estiment qu’ils ont été « trompés » par Québec. « Force est d’admettre que le ministre n’a que peu de considération pour les pharmaciens », dit le président de l’AQPP, Jean Thiffault.

C’est pour compenser les diminutions d’honoraires de 400 millions sur trois ans que Québec s’était engagé à déplafonner les ristournes des pharmaciens pour la même période.

Or, en restreignant ces mêmes ristournes dans un règlement publié mercredi, le gouvernement place des pharmacies dans une situation économique encore plus précaire, argue l’AQPP.