Entente temporaire entre Québec et les pharmaciens

Selon l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires, les compressions ont entraîné la suppression de près de 1000 emplois en pharmacie et la diminution des heures d’ouverture des officines.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Selon l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires, les compressions ont entraîné la suppression de près de 1000 emplois en pharmacie et la diminution des heures d’ouverture des officines.

Les pharmaciens ont un bref répit. La Régie de l’assurance maladie a suspendu un des prélèvements épisodiques qui sont faits sur leurs honoraires.

La RAMQ doit récupérer 400 millions de dollars sur trois ans sur les honoraires des pharmaciens, mesure prévue dans le cadre de l’atteinte de l’équilibre budgétaire. Mais ces derniers ont décrié l’impact de ces coupes, alors que les mesures d’atténuation par ailleurs promises par Québec ne sont toujours pas en place.

Un prélèvement de 6,8 millions de dollars n’a pas été fait en date du 30 mars dernier, confirme le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). C’est le ministre Gaétan Barrette lui-même qui a autorisé cette pause, indique la responsable des communications au MSSS, Noémie Vanheuverzwijn. À moins que le ministre n’autorise une nouvelle suspension, les sommes mises en veilleuses seront récupérées sur les cinq prochains prélèvements. Les prélèvements ont lieu toutes les deux semaines et concernent 1875 pharmacies.

Afin d’atténuer l’effet de l’effort demandé aux pharmaciens, Québec leur a concédé un déplafonnement des ristournes offertes par les fabricants de médicaments génériques. Or, cette mesure n’est pas encore en vigueur alors que les pharmaciens ont déjà assumé 50 millions en compressions, dénonce l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP).

L’attachée de presse du ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette, Julie White, explique que la suspension des prélèvements devrait permettre le dépôt du règlement tant attendu par les pharmaciens. Elle ne peut toutefois soumettre d’échéancier ni indiquer si le prochain prélèvement, le 13 avril, aura lieu.

Trop peu, trop tard

Pour l’AQPP, c’est trop peu trop tard. Les pharmaciens demandent au ministre de suspendre tout prélèvement jusqu’à l’entrée en vigueur du règlement et même un peu au-delà. « Même si le déplafonnement était effectif avant le 13 avril, ça va prendre un certain temps pour obtenir des effets. Le risque est que l’accessibilité aux services des pharmaciens continue à diminuer entre-temps », explique Jean Bourcier, directeur général à l’AQPP.

Selon l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires, les compressions ont entraîné la suppression de près de 1000 emplois en pharmacie, la diminution des heures d’ouverture des officines et la mise en péril de la survie de certaines pharmacies.

1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 6 avril 2016 15 h 23

    Une photo plus appropriée demandée svp

    Pourquoi pas une photo d'une personne professionnelle pharmacienne entrain de de parler avec un patient...