Jusqu’à 10 % de profit pour les cliniques privées

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, va aider trois cliniques privées à faire plus de profits. Mais le profit encaissé par les cliniques privées qui participeront au projet-pilote du ministre ne pourra pas excéder 10 % de la facture.

C’est la précision apportée jeudi, en Chambre, par le ministre de la Santé à propos du projet-pilote devant mener à une réforme du financement des hôpitaux.

Questionné la veille à ce sujet, le ministre Barrette n’avait pas voulu répondre. Puis, il avait déclaré que c’était une question « à négocier » avec les administrateurs de ces cliniques. Québec a donné un mandat à trois cliniques privées, toutes situées dans la région de Montréal (la clinique de chirurgie DIX30, le Centre de chirurgie RocklandMD et le Groupe Opmédic). Ce mandat consiste à déterminer le coût réel d’une chirurgie, en déterminant le coût « optimal » d’une intervention chirurgicale, devant servir de référence au réseau public.

Elles auront 4 millions par année à se partager, entre mai 2016 et décembre 2018.

À terme, Québec veut passer d’un financement historique, donc renouvelé et bonifié automatiquement d’une année à l’autre, à un « financement à l’acte » basé sur la quantité de soins réellement prodigués aux patients.

À compter du mois de mai, des patients du réseau public nécessitant une chirurgie d’un jour seront donc réorientés vers ces cliniques privées, aux frais de l’État.

Le ministre Barrette a fait valoir jeudi qu’au bout du compte, « des économies substantielles », soit des centaines de millions de dollars par année, seraient réalisées dans le réseau public, quand le changement de mode de financement des hôpitaux sera complété, dans quelques années.

« On ne pourrait pas demander à des partenaires de travailler à perte, évidemment », a indiqué le ministre jeudi matin, en Chambre, quand il a été questionné à propos de l’intérêt pour ces cliniques de participer à ce projet.

Marge de profits

Il a ensuite convenu que les services bientôt rendus dans ces cliniques devaient générer pour elles une marge de profit.

Quant à savoir s’il « y aura potentiellement une marge de profit [...] la réponse est oui, et cette marge ne pourra en aucune circonstance excéder 10 % », a-t-il assuré.

L’opposition péquiste est d’avis que le ministre se sert de ce projet-pilote pour favoriser l’expansion du secteur privé dans le réseau de la santé, ce que le ministre nie.


 
13 commentaires
  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 26 février 2016 01 h 13

    Une autre taxe

    voilà! 10% de taxe de plus. Les cotisations de l'ass. maladie plus 10%.
    Des milliards à Bombardier
    Des milliards à Bécancourt
    Des peanuts pour nos étudiants et les CPE.
    Pis on va dégager des surplus. Pis on est pognéavec ces "Libérals" pour un bout de temps. Qui va nous libérer des liberals ?

    • Jean-Pierre Lévesque - Inscrit 26 février 2016 11 h 25

      La seule manière d'être libéré des ''libérasl'' consiste en la réunion sous un même vocable des parties dits ''pour l'indépendance du Québec''. Il me sembles que, depuis quelque temps, les directions de ces parties sont plus intéressées à leur petits carrés de sable et à leurs égos qu'au Québec. Il n'est pas surprenant qu'ils ont perdu toute crédibilité et qu'un grand nombre d'électeurs ont abandonné les bureaux de votation. Que faire?

    • Jean-Yves Arès - Abonné 26 février 2016 13 h 31

      Pour distribuer des +10% comme vous le faite il vous faut prendre pour acquis que ces services vont être 10% plus chers que ce qu'il en coûtent dans le réseau public, et cela c'est loin d'être évident.

      Pour rappel les soins de santé au Québec sont déjà fournis à hauteur de 30% par le privé. Et ce privé est de plus en plus nourri par des assurances tout ce qu'il y a de plus privées, même si leurs plus important acheteurs sont nos 3 paliers d'État...

      Et que cette augmentation de couverture privée, poussée on ne peut plus par les revendications syndicales, au strict bénéfice de leurs cotisants, est un gros moteur d'inflation dans le marché ''libertarien'' de ces soins de santé. Ce qui réduit d'autant l'accès a ces soins au reste de la population.

      Introduire plus de soins fait par le privé dans la couverte publique augmente l'égalité d'accès au soins, et non pas le contraire.

  • Gérard Raymond - Abonné 26 février 2016 07 h 20

    Un fièfé menteur

    Cet homme là a bien compris qu'il ne serait pas longtemps au gouvernement ; alors, autant comme président de la FMS que comme ministre, Gaétan Barrette aura généralement servi les membres de sa profession, de toutes les manières... rarement ses concitoyens. Si Louis Laberge était encore vivant, il dirait de ce ministre qu'il est un fièfé meteur.

  • Marc Davignon - Abonné 26 février 2016 09 h 26

    133 333

    Le profit pour une clinique!

    1 200 000 pour faire X opérations par clinique. Hum! Dans le public, il y aura 2 000 000 pour Y opérations.

    Maintenant, comment feront-ils pour faire des comparaisons?

    Comme pour les «garages», auront-ils un patient «test» pour lequel ils pourront le «remettre» avec les défectuosités initiales pour «comparer» que chaque endroit a fait les «bonnes choses»?

    Ridicule, dites-vous! Bien sûr! Toute cette entreprise est ridicule. Que vont faire les cliniques, se sachant observer? Y a-t-il, parmi vous, des gens qui ont fait des études en sociologie? Qu'est-ce, qui est le plus difficile ? S'observer un sujet sans que son comportement en soit affecté. Comme les radars, quand vous savez qu'il y en a, vous ralentissent, ceci ne fait pas de vous un conducteur plus prudent, cela fait de vous un conducteur plus «averti», sans plus. Comme pour votre période de «probation», vous marcherez les «fesses serrées», jusqu'au jour ou ...

    • Luc Bégin - Abonné 28 février 2016 17 h 14

      ''Que voulez-vous?!'' Pourquoi se priver (privé?)? Quand on est juge (du prix) et partie (du bon parti, parti pris?!), la solution libérale (néo-libéralisme et privatisé) est sans conteste la meilleure! Tous les (médecins) spécialistes (éclairés, va s'en dire!) vous le diront! C'est d'ailleurs ce que s'évertuent à nous faire croire ces spécialistes de la santé (économique?) à la tête de notre bon gouvernement! Vous savez, ceux qui veulent notre bien? Et notre bien, ils l'auront! Au profit de notre santé bien sûr! (Profit avez-vous dit?) Et celui de leurs amis et collègues à n'en point douter!! Mais dites-moi citoyen,existe-t-il une Commission Charbonneau pour la collusion à une telle échelle?!

  • Gilles Gagné - Abonné 26 février 2016 09 h 27

    Il faudra qu'on approfondisse ce 10%, si ce % s'ajoute à un salaire dejà indécent des médecins alors ce serait un autre sapin que la population se fait passer... Alors qu'en est-il?

  • Bernard Terreault - Abonné 26 février 2016 10 h 08

    Portrait incomplet

    Tel qu'annoncé hier ce projet vise à déterminer quel est le coût réel et raisonnable de telle ou telle opération si on ne gaspille pas, étant entendu par le Ministre que dans le privé on est toujours idéalement efficient. Je ne doute pas que ces cliniques privées fassent nombre d'opérations du genou, de ligatures de trompes et de chirurgies plastiques. Mais je doute qu'elles opèrent au cerveau ou à coeur ouvert, ou puissent traiter en urgence des polytraumatisés graves victimes d'accidents ou d'incendies.