Santé: le programme d’optimisation des laboratoires avance malgré les craintes

Le projet OPTILAB se fonde sur des principes d’efficience, de contrôle des dépenses et de mise à jour des équipements des laboratoires.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le projet OPTILAB se fonde sur des principes d’efficience, de contrôle des dépenses et de mise à jour des équipements des laboratoires.

Le système de santé coûte cher et, pour diminuer les coûts, Québec a amorcé en 2012 un virage destiné à optimiser les dépenses des laboratoires médicaux. Des notes internes du ministère de la Santé et des Services sociaux, rédigées en novembre 2013 et obtenues par La Presse canadienne, révèlent que le dossier avance toujours et qu’il chemine dans l’urgence.

 

Le document précise que le Québec doit s’inscrire dans le mouvement nord-américain du « choosing wisely » dans le but de « réviser nos façons de dispenser les services pour les rendre plus performants et plus efficients ».

 

Et la commande ne vient pas du ministère de la Santé, mais bien du Conseil du trésor. « Sous le gouvernement précédent et sous le gouvernement actuel, le Conseil du trésor réitère auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux l’obligation de procéder à un tel exercice d’optimisation », peut-on lire dans ce même document, qui précise, en toutes lettres, que « le statu quo n’est pas une option ».

 

Des économies de 100 millions de dollars sont espérées, mais la précipitation des travaux sème l’inquiétude dans le réseau de la santé.

 

Le projet OPTILAB se fonde sur des principes d’efficience, de contrôle des dépenses et de mise à jour des équipements. Il s’est amorcé en 2012.

 

Il veut mettre en place 14 grappes pour les 18 régions du Québec. À terme, des mégagrappes de forts volumes verront le jour à Québec et Montréal. D’autres grands laboratoires sont prévus à Sherbrooke (CHUS), à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et à l’Hôpital général juif.

 

Viendront ensuite des regroupements régionaux ou interrégionaux pour l’Hôpital du Sacré-Coeur, l’Hôpital Charles-Lemoyne, mais aussi à Rimouski, Chicoutimi, Gatineau, Lévis et Trois-Rivières. S’ajoute aussi un laboratoire unique pour la région dite des « 3 L » désignant les Laurentides, Lanaudière et Laval.

 

Précipitation

 

Le docteur Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), a rompu le silence pour exprimer ouvertement ses réserves. Bien qu’il siège au comité directeur d’OPTILAB, le Dr Barrette souhaite que l’on mette la pédale douce sur l’avancement des travaux. « Nous comprenons l’exercice financier, mais il n’est pas question de mettre quoi que ce soit en place au Québec sans garantir la sécurité du transport et la mise en place d’un système d’information fonctionnel pour permettre le relais rapide des rapports diagnostics et des analyses », a insisté le président de la FMSQ.

 

Même si les réponses sur la sécurité des échantillons et sur la liste des analyses qui seront déplacées se font toujours attendre, des agences sont déjà en train de s’engager dans des déménagements de ressources, de matériel et de personnel. Le Dr Barrette dit avoir tenté de freiner les agences de Montréal qui précipitent un processus encore inachevé.

 

En février, le ministre Réjean Hébert appelait les professionnels de la santé à ne pas s’alarmer et assurait que les impacts seraient bien analysés avant que le processus ne soit enclenché.

1 commentaire
  • Denise Ouellet - Abonnée 3 mars 2014 12 h 43

    Le dieu de l'optimisation...

    Pauvres ministres et médecins qui n'avez pas encore compris la différence entre efficience et efficacité et qui confondez les 2 en tout temps sur l'autel de la sacro-sainte optimisation.

    À date tout ce qui a été fait en ce sens est un fiasco monumental qui coûte une fortune aux contribuables québécois et prive la population des services essentiels de base. Vous ne savez pas que malgré les injections massives de fonds publics la situation ne fait que se détériorée chaque jour?

    Parlez-en aux gens sur le terrain, sortez de vos tours d'ivoire et prenez le temps de parler aux citoyens et citoyennes qui doivent chaque jour négocier avec vos lubies de médecins qui ne comprennent rien aux simples mortels.