Nouvelle opposition au bac obligatoire pour les infirmières

Le projet de baccalauréat obligatoire pour les futures infirmières doit entrer en vigueur en septembre 2014.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le projet de baccalauréat obligatoire pour les futures infirmières doit entrer en vigueur en septembre 2014.

Le principal syndicat infirmier et la Fédération des cégeps demandent à Québec d’abandonner le projet de baccalauréat obligatoire pour les futures infirmières, qui doit entrer en vigueur en septembre 2014.

En conférence de presse, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) et la Fédération des cégeps ont signalé leur dissension au sujet du projet promu depuis de nombreuses années par l’Ordre des infirmières (OIIQ) et qui a mené à la création d’un comité ministériel qui doit rendre son rapport en septembre au ministre de la Santé.


« C’est un projet téméraire qui va fragiliser le réseau de la santé », juge la présidente de la FIQ, Régine Laurent. Elle s’inquiète par exemple du fait qu’aucune infirmière n’intégrerait le marché du travail en 2017 ni en 2018.


Pour Jean Beauchesne, président-directeur général de la Fédération des cégeps, le ministère de la Santé et des Services sociaux « escamote des étapes » : « Il faut regarder la chaîne complète de formation, et cette analyse n’a pas été faite », dénonce-t-il.


La Fédération a sondé les 10 000 étudiantes inscrites en soins infirmiers dans les cégeps du Québec cet hiver, et 73 % des 3000 répondantes étaient contre le bac obligatoire. De plus, 42 % d’entre elles ont indiqué que leur choix de carrière aurait été différent si on les avait obligées à fréquenter l’université.


L’OIIQ persiste et signe et maintient que, malgré ces dissidences, il existe un « fort consensus autour du rehaussement de la formation », selon sa présidente, Lucie Tremblay. Elle ne croit pas que la fréquentation universitaire risque de créer une pénurie. « Partout où on rehausse les normes d’entrée, ça crée un engouement pour la profession. On parle de ce dossier depuis plusieurs années et il y a urgence à agir. De plus, on ne tombera jamais sous la barre des 72 000 infirmières, les effectifs actuels », assure-t-elle.


L’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) estime que les techniciennes en soins infirmiers sont essentielles au réseau. L’AQESSS propose la création de titres différenciés, un peu à l’image des techniciens en réadaptation physique et des physiothérapeutes.

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