Les morts subites sont de plus en plus causées par les maladies coronariennes au Québec

Les problèmes d’obésité et un taux de cholestérol élevé demeurent les deux seuls facteurs modifiables associés à un risque élevé de mort subite d’origine cardiaque.
Photo: Agence Reuters Luke MacGregor Les problèmes d’obésité et un taux de cholestérol élevé demeurent les deux seuls facteurs modifiables associés à un risque élevé de mort subite d’origine cardiaque.

Les maladies coronariennes sont, au Québec, la cause première de mort subite chez les individus, et ce, dès l'âge de 20 ans. Et si le taux de décès attribuables à ces troubles cardiaques augmente avec l'âge, passant de 37 % chez les 20-30 ans à 80 % chez les 31-40 ans, il est aussi en nette progression depuis une dizaine d'années.

Comme le mentionne Mario Talajic, cardiologue à l'Institut de cardiologie de Montréal, dont l'équipe de chercheurs a étudié 243 corps d'individus de moins de 40 ans, on pense souvent que les cas de mort subite surviennent chez les personnes âgées de plus de 60 ans. «La prévalence est encore plus élevée chez ces personnes, mais le phénomène est présent, plus qu'on le pensait, chez les moins de 40 ans.» Parmi les individus étudiés, 40 % sont décédés d'une maladie cardiaque. Parmi ceux-ci, 60 % sont décédés à cause d'une maladie coronarienne, surtout de l'artériosclérose.

Dans une étude similaire, réalisée il y a 10 ans, le taux de décès attribuables aux maladies coronariennes était de 28 % pour les 20-30 ans et de 60 % pour les 31-40 ans. Le chercheur conclut à un échec des programmes de prévention pour expliquer cette progression. «Le budget pour une publicité de fast-food à la télé reste encore plus élevé que celui attribué à la prévention des maladies du coeur.»

Sans grande surprise, les problèmes d'obésité et un taux de cholestérol élevé demeurent les deux seuls facteurs modifiables associés à un risque élevé de mort subite d'origine cardiaque. Le cardiologue rappelle que manger sainement coûte cher. «Le rapport calories consommées versus les dollars dépensés ne joue pas en notre faveur», explique-t-il. En effet, il en coûte souvent moins cher de manger dans une chaîne de restauration rapide que d'acheter des aliments sains au supermarché.

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