Près de 2000 délégués à un congrès de pharmacologie à Québec

Québec — La Conférence mondiale de pharmacologie clinique et thérapeutique s'est ouverte hier soir, au Centre des congrès de Québec. Présenté aux quatre ans, l'événement a pour but de promouvoir les échanges, la coopération et les discussions concernant la recherche sur les médicaments et leur administration.

Pendant cinq jours, 1700 participants de 82 pays assisteront à près de 1200 présentations portant sur des thèmes très variés.

Des résultats cliniques relatifs à l'utilisation de médicaments contre le cancer devraient notamment être présentés. «Le Gleevec s'est montré très efficace pour le traitement d'un type de leucémie. Aujourd'hui, des chercheurs pensent que des dérivés du produit pourraient traiter d'autres formes de cancer. Ces médicaments ont un avenir très prometteur», selon Marc LeBel, coprésident de la conférence, qui se tient pour une première fois au Canada.

Le Canada y est d'ailleurs bien représenté. «À Toronto et à Montréal, nous avons développé une expertise dans le traitement des femmes enceintes et dans le traitement de la douleur», a ajouté le docteur en pharmacologie. «Depuis peu, on a découvert qu'une femme atteinte de fibrose kystique pouvait poursuivre ses traitements et avoir une grossesse en même temps», a-t-il dit, ajoutant que de nouvelles recherches devraient permettre à des femmes atteintes d'autres maladies graves de vivre une grossesse sans risque.

Nouvel analgésique

Quant au traitement de la douleur, des spécialistes canadiens de l'hôpital Sainte-Justine de Montréal et de l'Hôpital pour les enfants malades (The Hospital for Sick Children) de Toronto présenteront leurs découvertes, qui pourraient mener à la création d'un nouvel analgésique n'ayant pas les effets secondaires de la morphine.

«Il faut cependant se rappeler que, sur 5000 médicaments inventés, un seul sera mis sur le marché», a expliqué M. LeBel, également fondateur d'Anapharm. Selon lui, la création d'un médicament peut prendre jusqu'à six ans.

Ce n'est pas le cas des produits naturels, puisqu'«il suffit d'un an, un an et demi pour mettre un produit naturel sur le marché, parce qu'il n'a pas besoin d'être évalué comme un médicament normal. Ça ne leur enlève rien, sauf que l'efficacité de ces produits n'est pas prouvée, et ils peuvent aussi avoir des effets secondaires importants», a-t-il dit. Pendant la Conférence mondiale de pharmacologie clinique et thérapeutique, un symposium sera entièrement consacré aux défis de la pharmacologie en Afrique. Des chercheurs africains y discuteront notamment de l'utilisation rationnelle des médicaments pour le sida.

Les recherches dans le domaine étant à un stade trop précoce pour faire des annonces, selon M. LeBel, ce sera plutôt le moment de discuter de nouvelles façons d'administrer les traitements.

«La pharmacologie clinique est la discipline qui se situe au début du processus de fabrication d'un médicament. La rencontre se veut donc un lieu d'échanges sur les avancées dans le domaine, et non l'occasion d'annoncer l'arrivée de nouveaux produits prêts à être administrés», a-t-il conclu.

Outre des chercheurs et des étudiants des milieux hospitalier et universitaire, des représentants de l'industrie pharmaceutique et d'organisations internationales du domaine de la santé (Organisation mondiale de la santé, Santé Canada, US Food and Drug Administration) sont réunis au Centre des congrès de Québec jusqu'à vendredi.