VPH: un comité-conseil appuie la vaccination des filles de dix ans

La campagne de vaccination des jeunes Québécoises contre le virus du papillome humain (VPH) est bel et bien souhaitable, affirme le Comité sur l'immunisation du Québec (CIQ). Mais le rapport qu'il vient de présenter au gouvernement ne rassure pas ceux qui demandent un moratoire en ce qui concerne la vaccination.

Dans un document publié en douce cette semaine, le CIQ confirme ce qu'il avait laissé entendre au ministre Philippe Couillard à l'automne: ce programme doit être mis en place, même si on ne connaît pas précisément la durée d'efficacité du vaccin Gardasil, tout de même jugé «remarquablement efficace». Québec a déjà annoncé l'implantation du programme de vaccination pour lutter contre le cancer du col de l'utérus.

Chargé par le gouvernement d'établir les paramètres de la campagne de vaccination, le CIQ écrit que le programme doit s'adresser à toutes les jeunes filles de quatrième année (neuf et dix ans). Celles-ci recevront à compter de l'automne 2008 deux doses de Gardasil, qui seront suivies d'une troisième dose à l'âge de 15 ans.

Pour les jeunes étudiantes qui sont actuellement entre la cinquième année et la troisième secondaire, le CIQ recommande l'implantation d'un programme de rattrapage graduel qui durera au moins cinq ans. Ensuite, en théorie, tout le monde aura été vacciné et la campagne ne se fera qu'en quatrième année.

Le comité suggère aussi que Québec offre le vaccin à toutes les femmes de 26 ans et moins. Si c'est impossible financièrement, il faudrait au moins que des mesures soit mises en place pour faciliter l'accessibilité au vaccin.

Il existe environ 40 types de VPH qui affectent les humains, dont une quinzaine sont susceptibles de provoquer le cancer (surtout à l'utérus, à la vulve, au vagin et à l'anus). Les types 16 et 18 sont responsables d'environ 70 % des cancers du col de l'utérus, presque invariablement causés par un VPH. Le vaccin Gardasil, que le gouvernement offrira dès l'an prochain, se révèle efficace à pratiquement 100 % pour contrer les types 16 et 18. Il est aussi efficace à 38 % contre 10 autres types de VPH.

Pour obtenir une pleine efficacité, on doit toutefois administrer le vaccin avant que les filles ne deviennent actives sexuellement. Le CIQ mentionne que procéder dès la quatrième année permettra d'atteindre des niveaux de couverture très élevés, cela à un coût d'administration modeste.

Toutefois, comme le vaccin ne prévient pas toutes les formes de cancer du col de l'utérus (environ 85 % au total), le CIQ recommande au gouvernement d'adopter un plan pour promouvoir et stimuler les tests de dépistage (test de Pap), qui demeurent essentiels.

Moratoire

Si les conclusions du CIQ sont largement favorables au vaccin, les quelques inconnues que contient le rapport dérangent toujours les opposants à la campagne de vaccination.

Ainsi, selon la Fédération du Québec pour le planning des naissances, le Réseau québécois d'action pour la santé des femmes, le Réseau canadien pour la santé des femmes et l'Action pour la protection de la santé des femmes, un moratoire doit absolument être imposé en ce qui concerne la campagne de vaccination.

Les quatre groupes estiment que trop de doutes subsistent quant à la durée de protection conférée par le vaccin et qu'on manque d'études pour garantir que la vaccination systématique est vraiment la solution. «Nous demeurons convaincus que l'objectif de protéger la santé des femmes serait davantage servi par l'amélioration de l'accès et du suivi au test de Pap ainsi que par des efforts accrus en matière de prévention et d'éducation du public», écrivent-ils.