Nouvelle crise à Charles-Lemoyne

Les problèmes internes qui minent depuis quelques mois le climat de travail à l'hôpital Charles-Lemoyne causent une nouvelle crise dans l'établissement. Après les services spécialisés, en novembre dernier, c'est maintenant l'unité de traumatologie qui se plaint du manque de ressources dans l'hôpital.

Décriant plusieurs problèmes de fonctionnement, les sept médecins responsables du programme de coordination de l'unité de traumatologie ont démissionné de leurs postes de coordonnateur lundi. Ils demeurent toutefois actifs au sein de l'unité et continueront à voir des patients: leur démission ne porte que sur les tâches de coordination et n'affecte pas les effectifs de l'hôpital.

Assurant en rotation une présence continue à l'hôpital, ces médecins s'occupaient à ce jour de la prise en charge des patients à leur arrivée en traumatologie et les dirigeaient vers les soins spécialisés appropriés. Cette tâche de gestion-coordination sera maintenant assurée par d'autres médecins «d'urgence», a indiqué hier le directeur des services professionnels de l'hôpital, Louis Couture. «Il n'y a aucune rupture de service, mais on enlève un intervenant dans le processus», dit-il.

La gestion et l'organisation du programme de traumatologie de l'établissement font actuellement l'objet d'une révision complète: une équipe de spécialistes est sur place depuis trois semaines pour déterminer les améliorations qui devraient être apportées.

Depuis plusieurs mois, les médecins de Charles-Lemoyne sont à couteau tiré avec la direction de l'hôpital. La principale revendication porte sur le manque de ressources, tant humaines que matérielles. Fin novembre, le p.-d.g. de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie, Luc Boileau, indiquait au Devoir que cette situation créait une «immense tension» dans l'établissement. «Ça ne s'est pas beaucoup amélioré et on est toujours loin de l'harmonie, disait-il hier. Les médecins ont encore ce réflexe de dénonciation, certainement incommodant pour les patients. Par contre, le manque de ressources est bien réel.»

Les médecins de l'hôpital ont convoqué une conférence de presse pour cet après-midi afin de faire le point sur le conflit. Hier, la direction de l'hôpital a indiqué que la situation dénoncée en novembre dernier (l'annulation de 70 chirurgies sérieuses en deux mois à cause du manque de lits) s'est globalement améliorée, et ce, même si 38 chirurgies (souvent mineures) ont été annulées depuis lundi.