La famille de Pierre Coriolan conclut une entente avec la Ville de Montréal

Pierre Coriolan est mort lors d'une intervention policière en 2017.
GoFundMe Pierre Coriolan est mort lors d'une intervention policière en 2017.

La famille de Pierre Coriolan, décédé sous les balles de policiers montréalais en 2017, a conclu une entente avec la Ville, évitant la tenue d’un procès qui s’annonçait douloureux pour les proches de la victime.

Les deux sœurs de M. Coriolan, atteint de trois balles le soir du 27 juin 2017 lors d’une intervention policière qui s’est avérée fatale pour le Montréalais de 58 ans, réclamaient plus de 160 000 dollars à la Ville en dommages en vertu d’une poursuite entamée en 2018.

Selon elles, les six policiers qui sont intervenus dans le domicile de leur frère il y a près de cinq ans ont alors utilisé une force démesurée à l’endroit de cet homme, qui avait alors fait l’objet d’un appel auprès du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) parce qu’il était en détresse psychologique et saccageait son logement. M. Coriolan tenait dans ses mains un couteau et un tournevis au moment de cette intervention policière, qui a duré moins de cinq minutes et s’est avérée fatale.

L’enquête du coroner Luc Malouin, dont les résultats ont été publiés l’an dernier, a depuis conclu que cette intervention policière a été menée selon des méthodes « dépassées et aucunement mises à jour ». Son rapport, qui contient 16 recommandations, proposait notamment d’imposer des formations annuelles aux policiers portant sur les interventions auprès des personnes en crise ou ayant des problèmes de santé mentale afin de prioriser une approche de désescalade.

Visionnement pénible évité

 

La conclusion d’une entente avec la Ville évite ainsi la tenue d’un procès, qui devait se tenir dès jeudi au palais de justice de Montréal. « Les clientes sont satisfaites » de cette entente, a déclaré au Devoir leur avocate, Virginie Dufresne-Lemire, qui n’a pas voulu divulguer la contrepartie financière associée à celle-ci.

Afin d’obtenir plus de précisions, le cabinet de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, nous a recommandé de contacter la Ville, qui n’avait pas répondu à nos questions au moment où ces lignes étaient écrites.

Chose certaine, cette entente à l’amiable évite aux deux sœurs de M. Coriolan un procès « difficile » lors duquel elles auraient dû se replonger dans cette intervention policière en plus de visionner, encore une fois, la vidéo « excessivement difficile à regarder » concernant celle-ci, a souligné Me Dufresne-Lemire.

Selon une enquête menée par Le Devoir en novembre dernier, 70 % des personnes abattues par les policiers au Québec depuis 20 ans étaient aux prises avec un problème de santé mentale connu.



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