La SQ ne peut toujours pas détailler les menaces formulées contre Pauline Marois avant l’attentat du Métropolis

Quatre survivants de l’attentat du Métropolis poursuivent la SQ et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour les traumatismes subis en raison de la sécurité déficiente lors de la victoire électorale de Pauline Marois.
Paul Chiasson La Presse canadienne Quatre survivants de l’attentat du Métropolis poursuivent la SQ et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour les traumatismes subis en raison de la sécurité déficiente lors de la victoire électorale de Pauline Marois.

Le procès en dommages intenté par des survivants de la fusillade survenue lors de la soirée de victoire électorale de Pauline Marois au Métropolis, en 2012, est à nouveau suspendu, le temps que la Sûreté du Québec (SQ) puisse fournir de l’information sur les menaces faites contre la cheffe du Parti québécois.

Le 4 septembre 2012, Richard Henry Bain avait ouvert le feu dans l’arrière-scène de la salle de spectacle, tuant le technicien Denis Blanchette et blessant Dave Courage, en plus de tenter d’incendier l’édifice. Bain a depuis été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 20 ans.

Traumatisés par ce qu’ils ont vu et vécu, quatre survivants de l’attentat poursuivent la SQ et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) au civil. Ils allèguent que la sécurité était déficiente ce soir-là, notamment parce que l’arrière de la salle de spectacle n’était pas adéquatement protégé — c’est par là que Bain a fait irruption. Ces quatre techniciens de scène réclament plus de 600 000 $ aux deux forces policières.

Dans le cadre du procès, qui se déroule au palais de justice de Montréal, il est ressorti que six menaces avaient été formulées contre Pauline Marois le jour même de l’élection. Quelles étaient ces menaces ? À qui ont-elles été communiquées ? Y a-t-il eu enquête, et si oui, par qui ? On ne le sait pas, puisque les différents témoins de la SQ appelés à la barre du procès n’ont pas été en mesure de le dire : ils ont indiqué au juge ne pas s’en souvenir.

Des informations cruciales

 

La nature de ces menaces et les démarches qui ont été faites peuvent avoir un impact sur la responsabilité des forces policières dans le cadre de cette action en justice. La semaine dernière, estimant ces informations nécessaires, le juge Philippe Bélanger, de la Cour supérieure, avait renvoyé la SQ et ses avocats faire leurs recherches.

Ces derniers sont toutefois revenus les mains vides devant le magistrat, lundi.

On ne peut retracer un document qui répond à toutes ces questions, a indiqué l’un des avocats du Procureur général du Québec, Me Julien Bernard, au nom de la SQ. Il faut contacter de nombreuses personnes, a-t-il expliqué, dont des policiers retraités qui doivent être retracés. Le procureur dit toutefois avoir espoir de pouvoir répondre à ces questions d’ici 10 jours.

« Je trouve ça étonnant qu’il n’y ait pas de document qui relate ces menaces et qui fait état des démarches qui ont été faites là-dessus », a déclaré au juge l’avocate des survivants, Me Virginie Dufresne-Lemire.

Les avocats de la SQ devront retourner en cour le 9 mai avec le fruit de leurs efforts. Le temps nécessaire à la présentation de cette preuve sera alors déterminé, ainsi que des dates des plaidoiries des avocats. Le procès a commencé le 29 mars dernier.

Le juge Bélanger devra ultimement décider si les forces policières ont commis une ou des fautes dans la création et la mise en œuvre du plan de sécurité au Métropolis.

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