Biden promet que le climat sera un élément essentiel de sa politique

Le président Joe Biden et l’envoyé spécial pour le climat, John Kerry, réunis à Washington mercredi pour des discussions sur la politique environnementale du gouvernement.
Photo: Anna Moneymaker Getty Images/AFP Le président Joe Biden et l’envoyé spécial pour le climat, John Kerry, réunis à Washington mercredi pour des discussions sur la politique environnementale du gouvernement.

Sous l’impulsion du nouveau gouvernement de Joe Biden, les États-Unis ont annoncé mercredi la tenue d’un sommet climatique international le 22 avril prochain, dans le cadre d’une série de nouveaux engagements présidentiels destinés à inscrire la lutte contre les bouleversements climatiques comme étant un « élément essentiel » de la politique étrangère de Washington, mais aussi de la « sécurité nationale ».

À peine une semaine après son entrée en fonction, le gouvernement de Joe Biden a annoncé par voie de communiqué plusieurs engagements qui doivent permettre aux États-Unis d’exercer leur « leadership » dans le domaine climatique, et notamment en ce qui a trait à la couleur que prendra la relance économique du pays après la crise sanitaire.

« De même que nous avons besoin d’une réponse nationale unie face à la COVID-19, nous avons désespérément besoin d’une réponse nationale unie à la crise climatique, car il existe bien une crise climatique », a par la suite déclaré le président au moment de signer de nouveaux décrets à caractère environnemental.

Selon ce qu’on peut lire dans le document publié par la Maison-Blanche, le gouvernement américain compte « promouvoir une hausse significative de l’ambition globale » en matière de lutte contre la crise climatique, et ce, dans le cadre de son retour dans l’Accord de Paris, prévu dans moins de 30 jours.

Le communiqué précise ainsi que la réduction « significative » et « à court terme » des émissions de gaz à effet de serre (GES) ainsi que l’atteinte de la carboneutralité d’ici 2050 « sont nécessaires pour éviter d’entraîner le monde sur une trajectoire dangereuse et potentiellement catastrophique ».

Les progrès en matière de GES

Après quatre années marquées par la présidence climatonégationniste de Donald Trump, Joe Biden prévoit la tenue le 22 avril, Jour de la Terre, d’un sommet climatique international. Cette rencontre doit être l’occasion de faire le point sur les progrès en matière de réduction des émissions mondiales de GES, qui sont toujours nettement insuffisants pour éviter un réchauffement catastrophique.

Les États-Unis, qui avaient officiellement quitté l’Accord de Paris en novembre, comptent maintenant présenter une nouvelle « cible de réduction » des GES, a annoncé Washington mercredi. Cet engagement, réclamé la semaine dernière par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est d’autant plus important que le pays est le deuxième émetteur mondial, derrière la Chine.

À l’échelle nationale, la première économie de la planète doit également poser des gestes significatifs en faveur du climat. Comme promis, le gouvernement Biden compte exiger des agences fédérales qu’elles se dotent d’objectifs de décarbonisation de la production d’électricité, alors que 60 % de l’électricité du pays est aujourd’hui produit à partir de ressources fossiles (gaz naturel et charbon).

Les États-Unis, qui consomment actuellement 20 millions de barils de pétrole par jour, doivent également électrifier progressivement leur secteur des transports. Cela devrait contribuer « à la création d’emplois bien payés », en plus de « stimuler les industries d’énergie propre », selon la Maison-Blanche.

Le gouvernement s’engage en outre à mettre en avant le principe de « justice environnementale », afin de concentrer des efforts et des politiques pour venir en aide aux communautés défavorisées qui sont les plus touchées par les effets de la pollution, mais aussi de la crise climatique.

Restrictions aux pétrolières

Le gouvernement Biden souhaite par ailleurs restreindre l’expansion de l’exploitation pétrolière et gazière. Un tel objectif passe par un « moratoire » sur les nouveaux permis d’exploration pétrolière et gazière sur les « terres publiques » et dans les « zones maritimes ».

Cela ne change toutefois rien aux permis déjà accordés, qui totalisent notamment plus de 100 000 km2 de terres publiques. Les permis déjà attribués ont d’ailleurs permis aux États-Unis d’accroître considérablement leur production pétrolière et gazière au cours des dernières années, de façon à devenir le premier producteur mondial d’or noir. Les nouvelles initiatives en faveur de la protection du territoire pourraient aider Washington dans son objectif de « protéger au moins 30 % des terres et des océans » du pays d’ici 2030, une cible cohérente avec les engagements pris par différents pays dans le monde.

Lors de sa présidence, Donald Trump avait plutôt plaidé pour la multiplication des mises aux enchères de permis d’exploration, notamment en zones maritimes. Tout juste avant de quitter la Maison-Blanche, il a même accéléré les procédures afin de permettre la vente de permis d’exploration dans le Refuge national de faune arctique, une importante aire protégée située en Alaska.

À voir en vidéo