Ottawa met la table pour un boom pétrolier en milieu marin

Au moment où débute la « décennie des océans » décrétée par les Nations unies, le gouvernement Trudeau multiplie les initiatives pour favoriser l’exploitation pétrolière en milieu marin, au large de Terre-Neuve. Il vient d’ailleurs d’autoriser 40 forages exploratoires dans une région maritime reconnue par l’ONU pour son importance écologique et biologique. Ottawa a aussi choisi d’accélérer l’approbation des futurs projets en abolissant le processus d’évaluation environnementale qui était jusqu’ici en vigueur.

Justin Trudeau annonçait récemment une contribution canadienne de 55 millions de dollars pour la protection de la biodiversité dans le monde, dans le cadre du « One Planet Summit pour la biodiversité ». Le même jour, son gouvernement autorisait les entreprises BHP Canada, Chevron et Equinor à réaliser trois campagnes distinctes de forages en eaux profondes.

Ces projets, qui ont tous été évalués en vertu de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale adoptée par le gouvernement de Stephen Harper, totalisent 40 forages. Chevron doit en mener 8 d’ici 2025, Equinor en prévoit 12 d’ici 2030 et BHP Canada compte forer 20 puits d’ici 2028.

Cette recherche de nouveaux gisements pétroliers créera des emplois « tout en soutenant le développement durable et en protégeant l’environnement », a affirmé le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson, par voie de communiqué. La décision d’Ottawa s’inscrit aussi dans la volonté de Terre-Neuve de doubler la production après 2030, afin d’atteindre 235 millions de barils par année. Cet objectif passe par la réalisation d’au moins 100 nouveaux forages d’ici la fin de la décennie.

 
Image: Gouvernement du Canada Afin d’accélérer l’autorisation des futurs forages exploratoires, Ottawa a aboli le processus d’évaluation environnementale qui était jusqu’ici en vigueur. La zone concernée a une superficie de 735 000 km2 (encerclée en bleu), à l’est de Terre-Neuve.

Biodiversité

Les trois projets seront menés sur des permis d’exploration qui chevauchent des « zones d’importance écologique et biologique de la Convention sur la diversité biologique des Nations unies », précisent les rapports produits par l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC). Dans le cas des forages d’Equinor, cette zone est associée au très important secteur de pêche des Grands Bancs de Terre-Neuve. L’entreprise Chevron détient pour sa part les droits d’exploration dans une zone de « grande biodiversité », incluant « de nombreuses espèces en péril ».

BHP Canada pourra également forer dans une zone qui constitue l’habitat de plusieurs espèces d’oiseaux marins, de poissons, de cétacés et de coraux, dont certaines sont protégées par la Loi sur les espèces en péril. À propos de l’importance des coraux, l’AEIC note d’ailleurs que « la complexité de l’habitat et la biodiversité dans les milieux des grands fonds marins dépendent fortement de ces organismes structurants et de grande longévité, qui offrent un refuge et des aires de croissance et d’alimentation à de nombreuses espèces de poissons et d’invertébrés ».

Le gouvernement fédéral semble faire tout ce qui est en son possible pour soutenir une industrie de moins en moins viable

Les deux permis d’exploration de BHP Canada chevauchent aussi le plus important « refuge marin » mis en place par le gouvernement Trudeau dans l’est du Canada, afin de respecter ses engagements internationaux en matière de protection des milieux marins. Ce secteur de plus de 55 000 km2 est désigné sous le nom de « Fermeture du talus nord-est de Terre-Neuve ». Selon le fédéral, il s’agit d’« une zone d’importance écologique et biologique qui soutient une grande diversité, y compris plusieurs espèces en déclin ». Il est interdit d’y utiliser des engins de pêche qui toucheraient le fond marin, mais il sera possible pour la pétrolière d’y forer 20 puits exploratoires.

BHP Canada ne devrait pas être seule à forer dans ce refuge marin. BP Canada vient d’obtenir des droits d’exploration qui chevauchent ce secteur. Selon la Société pour la nature et les parcs du Canada, environ le quart de cette zone écologique majeure est recouvert de permis d’exploration.

« Incohérence »

Pour la biologiste Lyne Morissette, spécialiste des écosystèmes marins, la décision d’autoriser 40 forages dans cette région est « totalement incohérente » avec les objectifs de protection de la biodiversité. « Historiquement, cette région a toujours été importante pour les pêcheries. On vient donc d’autoriser des activités qui risquent d’altérer un écosystème très riche. Et le problème, c’est que les autorisations de forages vont plus rapidement que notre capacité, comme scientifiques, à étudier les impacts que peuvent avoir ces forages. C’est le cas pour les récifs de coraux d’eau froide, qui sont d’une richesse exceptionnelle. »

Même sans incident, Mme Morissette souligne que ces forages représentent « des risques significatifs et bien documentés » pour les nombreuses espèces de cétacés du secteur, en raison notamment des levés sismiques et de la pollution sonore générée par les opérations. Selon les conclusions de l’AEIC, un forage peut avoir des « effets comportementaux » sur les cétacés jusqu’à 100 kilomètres du site et il peut durer jusqu’à six mois.

 
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Le secteur ciblé pour les forages est un habitat important pour la baleine à bosse et plusieurs autres espèces de cétacés vulnérables à ces activités industrielles.

Le gouvernement se montre pour sa part confiant. « Les forages exploratoires s’appuient sur des données scientifiques et sont autorisés uniquement lorsque des conditions rigoureuses en matière d’environnement et de consultation sont remplies », explique le cabinet du ministre de l’Environnement Jonathan Wilkinson. On précise que plusieurs mesures sont prévues pour les forages à venir afin de réduire les « effets potentiels » sur la faune marine et de « surveiller les effets sur les objectifs de conservation » de la biodiversité.

Pour chacune des campagnes de forages prévues par Chevron, Equinor et BHP Canada, l’AEIC conclut aussi que le projet « n’est pas susceptible d’entraîner d’effets environnementaux négatifs importants », en raison des mesures prévues par les promoteurs. Le rapport portant sur BHP Canada souligne ainsi que la pétrolière a prévu des « procédures » pour éviter les déversements, un type d’incident que l’entreprise juge « peu probable ». En cas d’« éruption » majeure de pétrole, l’équipement nécessaire pour stopper la fuite n’est pas disponible au Canada. Il serait transporté depuis la Norvège, ce qui signifie qu’un délai de plusieurs jours serait à prévoir pour l’installation.

Dans les trois cas, des forages sont par ailleurs prévus à plus de 1000 mètres de profondeur. BHP Canada envisage même de forer à plus de 2500 mètres de profondeur. À titre de comparaison, le forage de BP qui a provoqué la marée noire dans le golfe du Mexique en 2010 était un forage exploratoire qui se situait à environ 1500 mètres de profondeur.

Appuis à l’industrie

Cette nouvelle décision en faveur de l’industrie pétrolière s’inscrit dans la foulée de plusieurs autres gestes faits au cours des derniers mois pour stimuler les forages au large de Terre-Neuve. L’automne dernier, le gouvernement a offert 320 millions de dollars pour soutenir les travailleurs de l’industrie. Il a alors confié le soin de formuler des « recommandations » sur les façons d’investir ces fonds publics à un comité contrôlé par des proches de l’industrie pétrolière. C’est ainsi que la pétrolière Husky, qui comptait un membre sur le comité, a reçu 41 millions de dollars en décembre afin de maintenir des emplois liés à un projet de développement au large de Terre-Neuve, et ce, même si l’entreprise a admis que le projet pourrait bien être stoppé. Cette même entreprise est à l’origine du plus important déversement de pétrole de la province, survenu en 2018.

Au plus fort de la crise de la COVID-19 au printemps dernier, le gouvernement a décrété l’abolition du processus d’évaluation environnementale jusqu’ici en vigueur pour tous les forages exploratoires menés sur un territoire de 735 000 km2, à l’est de Terre-Neuve. Le ministre des Ressources naturelles, Seamus O’Regan, a alors dit vouloir « maintenir la compétitivité » de l’industrie, jugeant que celle-ci constitue « un élément important de notre avenir fondé sur la croissance propre ».

Cette décision est contestée en cour par le Fonds mondial pour la nature, qui juge qu’Ottawa a failli à ses devoirs dans le cadre de l’« évaluation régionale » qui a précédé la fin du processus jusqu’ici en vigueur. « Le gouvernement fédéral semble faire tout ce qui est en son possible pour soutenir une industrie de moins en moins viable », résume un porte-parole, Mark Brooks.

Dix nouveaux forages autorisés en mars 2020

Le ministre de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, avait déjà autorisé en mars 2020 les pétrolières Husky Oil et Exxon à mener au moins 10 forages exploratoires en milieu marin d’ici 2027, dans une zone située sur les Grands Bancs de Terre-Neuve, dans l’Atlantique. Des levés sismiques et d’éventuels essais de production sont aussi autorisés.

Selon le ministre Wilkinson, ce nouveau projet de recherche de pétrole et de gaz naturel « n’est pas susceptible d’entraîner des effets environnementaux négatifs importants ». Le rapport produit par l’Agence d’évaluation d’impact du Canada conclut aussi que le risque d’un déversement pétrolier majeur est « extrêmement faible ».

Husky Oil et Exxon, deux entreprises déjà actives dans l'exploitation pétrolière en milieu marin au Canada, ont connu des déversements pétroliers au large de Terre-Neuve en 2018 et 2019.

Selon le « pire » scénario de déversement évoqué dans leur étude d’impact, une « éruption » de pétrole pourrait laisser fuir plus de 40 000 barils par jour. Cela signifie qu’en sept jours, le déversement pourrait être aussi important que la marée noire provoquée par le pétrolier Exxon Valdez, en 1989. Selon l’étude d’impact des promoteurs, la région maritime où seront menés les forages compte des « zones d’importance écologique et biologique », plusieurs espèces de cétacés (dont certaines sont menacées) et d’oiseaux marins, mais aussi une importante activité de pêche commerciale.

41 commentaires
  • Diane Guay - Abonnée 26 janvier 2021 00 h 46

    LES DAMNÉS DE LA TERRE

    Le progrès dans la science et la technique a souvent un prix associé pour l'hunanité ; ici nous pourrions parler d'une fragmentation du savoir par une manipulation politique de ce savoir. Qui va payer pour cette fragmentation d'une éthique de la responsabilité humaine de l'avenir de l'humanité et de l'avenir de la nature.? Ce pouvoir politique sur la nature et l'avenir de l'humanité ne devrait pas être le fait d'un seul pouvoir politique assujetti à un seul parti politique . Il semble que le Premier Ministre du Canada est déjà à ramasser des
    fonds pour sa prochaine campagne électorale; des fonds monétaires qui ont déjà l'odeur du pétrole.

    Alors réfléchissons à créer un pouvoir international sur tous les pouvoirs politiques . Un pouvoir qui releverait d'une éthique de l'avenir de la nature et de l'hunanité. Cette responsabilité de l'avenir menacé ne devrait pas être opposé à l'idée de progrès .

    La menace de destruction de notre monde est bien réelle et donc devrait imposer un art de gouverner futur et une éthique de la solidarité de survie humaine. La technologie est déchaînée tout comme l'est notre Premier Ministre sans éthique de l'avenir menacé de la planète et de l'hunanité. Nous avons besoin d'un nouveau parti politique relevant d'une éthique de la responsabilité des gouvernants face au danger de destruction de la vie humaine et de la nature.

    Merci M. Shields pour votre écrit clair comme l'eau de roche et invitant à une action politique contre les manipulations de notre "petit
    Trudeau" qui parle à gauche mais marche à droite.

    • Daniel Grant - Abonné 26 janvier 2021 08 h 34

      Mme Diane Guay, j'aimerais être capable de le dire aussi poliement que vous, bravo

      Nos élus devraient porter des T-shirts comme les sportifs pour savoir à qui ils appartiennent
      On voit bien les guidounnes du pétrole à l’oeuvre.
      Un ministre de l’environnement qui voit à ce que les pollueurs ne se fassent pas déranger par les exigences de l’environnement,
      un ministre de l’énergie enfoncé jusqu’aux genoux dans le bitume qui ne semble jamais avoir entendu parler d’énergies renouvelables qui ne voit l’avenir qu’au travers des brumes toxiques des torchères de raffineries et des tuyaux d’échappement,
      un ministre de la santé qui trouve bien commode de nous occuper à réfléchir sérieusement au COVID pcq hey ça permet de camoufler les dégâts sur la santé créé par l’industrie du fossile et des minières,
      un ministre des finances qui place notre argent dans des aventures risquées du fossile en déclin.
      le ministre des pêches chante avec les Saltimbanques (Niquons la planète)
      … 50 degrés en plein hiver, les ours polaires à quoi ça sert …
      quand il n’y aura plus d’ours polaire on aura plus besoin de poissons, alors pourquoi s’en faire pour les poissons?

      Un déversement d’énergie solaire ça s’appel une belle journée et c’est bourré de vitamine D.

  • FRANCOIS BIZET - Abonné 26 janvier 2021 03 h 10

    Trudoil

    Il serait plus simple que Trudeau et sa famille quittent Ottawa pour monter une entreprise pétrolière officielle
    On espère qu un jour les tribunaux vont se pencher là dessus...et sur le reste

    • Brigitte Garneau - Abonnée 26 janvier 2021 08 h 58

      "On espère qu'un jour les tribunaux vont se pencher là dessus ...et sur le reste." Croisons-nous les doigts bien fort avant qu'ils ne soient engourdis de désespoir!!

    • Jean-François Fisicaro - Abonné 26 janvier 2021 13 h 09

      Trudoil ! Woaw ! Quelle belle trouvaille ! Et tellement en phase avec ce qu'il nous fait depuis qu'il n'est plus professeur ... Je vous annonce que ce p'tit bijou de "néonom" se retrouvera nécessairement à "kek-part" dans le bouquin que je suis à rédiger. Mille mercis !!! Sans compter que je partage votre espoir et comprends la suggestion que vous offrez à notre Justin national ! Je vous trouve même très généreux dans votre bref mais ô combien percutant énoncé. Bravo !

    • FRANCOIS BIZET - Abonné 26 janvier 2021 15 h 14

      Mme Garneau
      M Fisicaro

      Le personnage a maintenant la tête de ce qu il est devenu
      Un type pas clair
      Pendu dans des salades glauques
      Côté pétrole il me semble qu il a passé la ligne blanche
      25 milliards flambés
      Keystone a tout va mais perdu
      Maintenant des forages pourris
      Ça commence à ressembler a du trump
      A de l affairisme militant
      Comme les piasses de la charité

      Il est en train de s acheter un avenir bancal

      Si trudoil plait je cède mes droits d auteur avec le plus grand plaisir

      Amicalement

  • Yvon Pesant - Abonné 26 janvier 2021 04 h 45

    Une lutte à finir

    Je répète: "Justin Trudeau parle des deux côtés de la bouche avec la langue de bois fourchue du serpent à sornettes." Je ne sais plus combien de fois j'ai dit et écrit cela.

    C'est vrai tout le temps et c'est particulièrement vrai quand il est question d'environnement et de l'exploitation des hydrocarbures, qu'il s'agisse de pétrole ou gaz de schiste. Justin Trudeau nous joue la comédie et nous ment comme il respire.

    Pour se donner bonne figure et bonne presse à la face du monde entier, il signe des accords et dégage quelques dizaines de millions de dollars de notre argent pour donner un soit disant plan de match environnemental très publicisé au Canada. C'est Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine, qui doit être content.

    Alors que, pendant ce même temps et avant comme après, il prend des centaines et des centaines de millions de dollars dans nos poches pour les distribuer généreusement à l'industrie pétrolière qui s'engraisse à nos frais. Une industrie tellement contente de lui qu'elle lui donne un méritas pour le remercier.

    Et Jonathan Wilkinson, ministre canadien de l'Environnement qui, en bon serviteur des intérêts du PLC et des contributeurs à sa caisse plus que de ceux de l'État et des citoyens du monde que nous sommes, vient nous dorer la pilule pour nous endormir avec ses propos somnifères et très rasants afin que nous arrêtions de veiller au gaz.

    Merci encore à Alexandre Shields et au Devoir de nous garder éveillés. Cela dit, il nous faut encore lever les bras et écrire aux PM nombreux du Canada et de ses provinces pour leur faire savoir que nous ne voulons pas du tout ça.

    Il est grand temps que nous passions à autre chose.

    • Jean-François Fisicaro - Abonné 26 janvier 2021 13 h 38

      Eh boy ! Vous savez que pour apprendre aux jeunes, certains ont constaté qu'il fallait souvent répéter les mêmes affaires avant que ce soit compris par les apprentis humains. Mais mon hypothèse à moi, c'est que ce besoin ne se limite pas seulement aux jeunes humains de cette planète. Selon mes humbles mais tout de même réels constats de vie, c'est pour l'ensemble des humains que ça se passe comme ça.

      D'ailleurs, les grands publicitaires de tous temps et particulièrement des deux derniers siècles l'ont très bien compris: "Répéter - répéter - répéter". En passant certains appellent ça du lavage de cerveau ... Aussi, dernièrement ils ont raffiné le concept encore un peu plus avec de "brillants" psychologues voués à offrir leur expertise scientifique. Non pas pour le bien commun, non non ! L'objectif étant que le cycle "PRODUCTION-CONSOMMATION-OBSOLESCENCE-POLLUTION(*)" soit perpétué pour le bien de rien "pantoute" à part quelques gouvernants et potentats.

      Bien installés dans leur fauteuil de « Salons de la haute » avec une "bonne tite frette" dans la main et rendus totalement schyzo par leur(s) pouvoir(s). Tellement qu'ils ne se rendent plus compte qu’ils sont eux-mêmes aux premières loges du gigantesque siège éjectable qu'ils nous "chient dans la face" depuis déjà une bonne centaine d'années, peut-être un peu plus. Alors je vous en conjure M. Pesant, mettez-y tout votre poids (scusez ! je n'ai pu m'en empêché) et persévérez à répéter ce qui semble tellement évident pour certains et tellement peu pour d'autres.

      Ah les mystères de cette humanité ...

      ---
      (*) sauf peut-être parfois quand il y a un peu de recyclage, ça commence à être un peu mieux !

  • René Racine - Abonné 26 janvier 2021 07 h 08

    Bonne ou mauvaise nouvelle !

    Le pétrole est la richesse naturelle exploitable partout, sur terre comme dans la mer. Les forages en mer sont nombreux pour plusieurs pays, en Europe (ex La Norvège, la Russie), dans les Amériques (ex les États-Unis, le Mexique, le Brésil), en Afrique, et en Asie. C'est acceptable et accepté par toutes les communautés à l'échelle internationale. Ce qui permet aux différents pays grâce aux redevances pétrolières de payer des services publics à leur population, et aux travailleurs de s'enrichir avec des salaires comparatifs très avantageux.

    Si c'est bon pour Pitou, c'est aussi bon pour Minou.

    Il y aura toujours des Mark Brooks pour affirmer que c'est une industrie de moins en moins viable, il faudrait aussi leur demander pour quel pays ce ne l'est pas.

    • Daniel Grant - Abonné 26 janvier 2021 08 h 45

      @René Racine
      Tout le monde pisse dans la piscine alors qui pourrait s’offenser de mon petit pipi?

      oui mais comme disait Coluche l’industrie fossile pisse du plongeoir.

      Et nos élus paient avec notre argent pour voir ça.

    • Bernard Plante - Abonné 26 janvier 2021 09 h 46

      "Si c'est bon pour pitou c'est bon pour minou."

      Autrement dit, 1) si tout le monde détruit la planète nous devrions avoir le droit de la détruire nous aussi (!) et 2) si nous avons décidé que quelque chose peut rapporter de l'argent ça justifie de tout raser.

      Décidément l'humain est un être profondément stupide et limité.

    • Yvon Pesant - Abonné 26 janvier 2021 10 h 23

      Torpinouche!, monsieur Racine,

      Allez donc voir les conditions de vie de la population et la qualité des services publics dans la majorité des pays où se pratique l'exploitation pétrolière auxquels vous faites référence, en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud et centrale, au Mexique, voire même aux États-Unis pour beaucoup de gens.

      L'enrichissement y est plus pour les uns, peu nombreux, que pour la collectivité qui, elle, doit se farcir les problèmes environnementaux et sociaux de santé et autres qui viennent avec les factures à payer par tout le monde.

      Sauf ceux et celles qui profitent de l'existence des paradis fiscaux, bien sûr, que l'on retrouve plus chez les uns que chez les autres.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 26 janvier 2021 12 h 44

      Monsieur Pesant, autant la Finlande que la Norvège en sont à préparer des forages pétrolier en Arctique. Une région incapable de supporter la moindre fuite de pétrole.

      Vous pouvez toujours vous exclure de ceux qui profitent des retombées de l'exploitation des ressources naturelles, et pointer toute la responsabilité sur quelques trop riches en ignorant les réelles retombées économiques pour une population qui se dit toujours en souffrance de manque de ceci et de cela.

      Dans le réel juste pour le projet Keyston XL on prévoyaient des retombées en taxes et redevances de quelque 30 milliards$, non pas dans des paradis fiscaux, mais bien en propres mains des différents paliers d'États.

    • Lola Thiffault - Abonnée 26 janvier 2021 13 h 57

      Monsieur Racine, après avoir regardé les deux derniers reportages de l'émission découverte il est évident que les états ne devraient pas encourager de quelques manières que ce soient l'industrie des énergies fossiles et ce dés ce jour.il n'y aura à l'avenir jamais assez de redevances pour rendre les services requis aux peuples et à leur population moribonde sous les effets mortifères des changements climatiques, mais peut-être cette situation de la dernière chance pour l'humanité vous est-elle inconnue ?

    • René Racine - Abonné 26 janvier 2021 15 h 05

      Mon voisin est un écologiste de salon et donneur de leçon dans son côté aimable. Ce dernier est aussi écologiste que le peu de cas qu'il fait de son propre environnement. Un voisin gras dur, en surpoids pour ne pas dire obèse du travail d'autrui, bouffe les produits importés de Chine ou des autres pays à faible salaire. Mon voisin écologiste profite des travailleurs agricoles hispaniques pour lui fournir les aliments à faible prix expédiés par avion. Ce voisin qui va se reconnaître, se gargarise de l'esclavage des autres pour acquérir les IPAD, IPOD et autres téléphones intelligents, puis maintient un train de vie princier en mangeant à tous les râteliers du tiers monde. Toujours prêt à quêter les trop généreuses subventions gouvernementales, il est peu soucieux que tout vient des redevances de la production pétrolière.
      Mon voisin intègre qui se démarque par sa sensibilité contre la production pétrolière canadienne se promène en VUS énergivore, il va éventuellement se promener en tesla ou en véhicule électrique avec rabais du gouvernement. Il passe un temps fou dans les aéroports de la planète pour voyager vacances obligent. Ses enfants écologistes de procession dans les rues de Montréal ont leur permis de conduire depuis l'âge de raison et se sont achetés des PICK-UP pour leur virilité, Ces enfants bien disposés sont des exemples naturels de protecteur de leur planète.
      Par chance, il y a d’autres beaux spécimens écologistes de poche, de sentiment et de raison qui font de l’écologie une religion contraignante pour les autres, mais en écorchant toutes les vertus environnementales et en garochant les beaux principes sous le tapis quand besoin il y a. Une fois le coin de rue tourné, regardez les agir, les convictions vont tomber dans l’oubli.

    • Josée Duplessis - Abonnée 27 janvier 2021 07 h 23

      Vous êtes sérieux? Comme excuse on peut trouver mieux.

    • Daniel Grant - Abonné 27 janvier 2021 15 h 36

      @René Racine
      Vos arguments sont typiques des trolls du pétrole qui défendent une industrie experte en irresponsabilité. Les mines et le fossile sont des Irresponsables professionnels et selon l’OCDE les plus corrompues au monde.
      Ils ne peuvent se justifier qu’en se comparant à ce qui se fait de pire comme Gaz Métro (déguisé en Énergir) qui tente de nous faire croire que le gaz méthane est moins polluant que le charbon et de nous embarquer dans leur nouvelle arnaque de l’hydrogène soi-disant verte.. Premièrement c’est aussi polluant sinon pire quand on tient compte de toute la chaîne d’approvisionnement et des fuites, deuxio les énergies renouvelables sont moins chères maintenant et prennent de l’expansion partout dans le monde et si on continue à se faire enfumer par ces charlatans du fossile nous allons passer à côté des opportunités illimitées des énergies renouvelables.

      Pour se dédouaner d’un problème de pollution, quoi de mieux que d’accuser tout le monde d’être des pollueurs, comme ça vous noyez le poisson.
      Tout le monde est pollueur donc personne n’est à blâmer, et tant qu’à y être pourquoi ne pas affirmer que les énergies renouvelables et les VE polluent aussi comme la CIRAIG qui fait les yeux doux aux pollueurs pour ne pas déplaire aux donateurs Total et Arcelor Mittal. Ça poigne en titi des arguments ‘homme de paille’ comme ça, beaucoup mordent à l’hameçon pendant que les pétroleux nous font les poches à la pompe à fric et pourrissent l’air qu’on respire et exacerbent le réchauffement climatique.
      Tant que cette industrie de pollution ne payera pas ses taxes de vidanges des gens comme vous continuerez à penser que c’est pas cher et c’est normal de détruire l’environnement pcq il y a une piasse à faire pour et que c’est bon pour les écoles et les hôpitaux du Texas.
      Un déversement d’énergie solaire ça s’appel une belle journée et c’est bourré de vitamine D.

    • Daniel Grant - Abonné 27 janvier 2021 15 h 59

      @ M. Arès
      Si je comprend bien les pétrolières en Norvège et Finlande eux payent leurs taxes de vidange et aident à leur économie locale, d’ailleurs le fond de patrimoine de la Norvège est l’un sinon le plus gros au monde alors que nous en AB nous l’avons siphonné pour gaver les initiés du fossile.
      Ici on subventionne ces pollueurs à coup de milliards par année, pcq ils ne peuvent rien faire sans l’aide de nos taxes distribuées généreusement à nos pollueurs, mais nos élus trouvent toujours une bonne excuse pour retarder la transition.
      Les 30 milliards de redevances qui vous éblouissent partiraient très vite en brume toxique que l’AB nous laisse en puits de forage abandonnés qu’il faut nettoyer pcq c’est nous payeurs de taxes qui devront payer pour ce désastre environnemental des sables bitumineux et des gaz par fracturation.

  • Dominique Boucher - Abonné 26 janvier 2021 07 h 16

    «environnement», «changement climatique»

    «Cette recherche de nouveaux gisements pétroliers créera des emplois “tout en soutenant le développement durable et en protégeant l’environnement”, a affirmé le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson.»

    Eh ben. Si le ministre de l’«environnement» et du «changement climatique» le dit, cʼest que ça doit être vrai... (Rendu là, je pense quʼon peut mettre des guillemets et enlever les majuscules.)

    Jean-Marc Gélineau, Montréal