La crainte du gaz de schiste plane toujours

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Rolland Larin, à côté de la tête du puits situé à une centaine de mètres de sa maison à Saint-Louis.

Aucun puits de gaz de schiste n’a été foré au Québec depuis 10 ans, mais l’industrie est toujours bien présente. Des citoyens qui ont vécu un cauchemar à l’époque craignent d’ailleurs le retour des forages, au moment où des entreprises pressent le gouvernement d’autoriser des projets dans la vallée du Saint-Laurent, recouverte de 12 500 km2 de permis d’exploration.

Rolland Larin demeure sur une rue paisible du petit village de Saint-Louis, en Montérégie. C’est lui-même qui a construit sa maison il y a de cela 40 ans. Son terrain, qui compte plusieurs arbres matures, est tenu de façon impeccable. Il y coulait d’ailleurs des jours agréables avec sa femme jusqu’à ce que les entreprises Gastem et Canadian Forest Oil décident de forer un puits de gaz de schiste à une centaine de mètres de sa maison, tout juste au-delà de sa haie de cèdres.

Même si les opérations de forage et de fracturation remontent à plus de 10 ans, il garde un souvenir très vif du cauchemar qu’il a vécu. « C’était l’enfer », laisse-t-il tomber. Le calvaire du couple a débuté à l’été 2007, alors que personne au Québec ne parlait publiquement de cette nouvelle technologie aujourd’hui devenue la norme dans l’exploitation gazière en Amérique du Nord : la fracturation hydraulique.

 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Gérard Montpetit, un citoyen engagé dans la lutte contre le gaz de schiste, chez lui, à La Présentation

« Au début, il y a eu des gens qui sont venus voir le terrain. Ils parlaient seulement en anglais et n’ont jamais voulu me dire ce qu’ils faisaient. Et quand les camions sont arrivés avec la tour de forage, il était trop tard. Mais on ne savait pas du tout ce que c’était, le gaz de schiste. Nous avons dû tout apprendre par nous-même. » Ils ont d’ailleurs dû négocier directement avec les gazières pour obtenir des compensations. M. Larin se souvient que la première offre se limitait à un climatiseur, pour leur permettre de garder les fenêtres fermées. Et malgré leur opposition, ils ont dû vivre pendant plusieurs semaines avec le bruit incessant jour et nuit, l’odeur des génératrices au diesel, le camionnage intensif et la flamme imposante de la torchère qui brûlait le gaz sorti de terre pendant la phase de fracturation, en 2008.

La tête du puits est d’ailleurs toujours là, entourée d’une petite clôture, entre une rue résidentielle et un terrain de soccer. Une affiche indique simplement un numéro pour joindre une entreprise inconnue ici : Prairie Provident Resources. Or, selon les données du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN), cette entreprise de Calgary a cédé en novembre 2019 ses intérêts dans le permis d’exploration où se trouve ce puits à l’entreprise Ressources Utica. Dans un bref courriel, celle-ci a refusé notre demande d’entrevue.

Quatre ans après le décès de sa femme, avec qui il a mené « un vrai combat » pour retrouver la tranquillité, Rolland Larin se demande ce qu’il adviendra du puits qui a été fracturé avec un cocktail « de produits chimiques » dont il ignore la recette. Il craint qu’il soit un jour exploité, mais personne n’est venu l’informer de la suite des choses.

 



L’entreprise Cuda Pétrole et gaz a cédé ses actifs québécois à Ressources Utica en 2019. Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles précise que la cession des permis d’exploration est «en cours de traitement».

 

Vivre dans la crainte

Maryse Méthot redoute elle aussi le retour d’entreprises gazières comme celle qui a foré deux puits en 2009 et 2010, à 350 mètres de sa maison, à La Présentation. Son histoire ressemble d’ailleurs à celle vécue par Rolland Larin et plusieurs autres personnes dans des villages des basses terres du Saint-Laurent. « C’était invivable. Ça a été deux mois intensifs avec la machinerie, l’éclairage, le bruit 24 heures par jour, la flamme de gaz, etc. J’ai dû changer ma chambre de place dans la maison, pour être moins dérangée. C’est quelque chose que je ne souhaiterais à personne », explique-t-elle en terminant le dîner des enfants qui fréquentent sa garderie en milieu familial.

Encore aujourd’hui, la crainte est là, toujours très vive. « Je jette un œil de temps en temps vers le site, parce que je ne sais pas s’ils vont revenir », dit celle qui pourra de nouveau apercevoir les deux têtes de puits de son balcon, lorsque la période des récoltes sera terminée. « Si jamais le gaz est exploité un jour, je vais perdre ma qualité de vie, mon travail et ma maison. » Dans le cas de Mme Méthot, c’est la gazière Canbriam qui a mené les deux forages qui ont provoqué une importante fuite de gaz. « Ils nous ont offert de nous acheter une thermopompe, mais j’ai refusé. Nous n’avons rien eu de leur part », se souvient-elle de l’entreprise qui n’est plus active au Québec.

C’était invivable. Ça a été deux mois intensifs avec la machinerie, l’éclairage, le bruit 24 heures par jour, la flamme de gaz, etc.

 

Les agriculteurs qui ont accepté d’avoir des puits sur leurs terres, eux, ont reçu une compensation financière. L’un d’entre eux dit toutefois qu’il a simplement préféré s’entendre avec la gazière, pour protéger sa ferme. « Si on disait non, ils auraient pu nous exproprier », laisse-t-il tomber. L’entreprise est-elle toujours présente ? « On entend parler d’eux une ou deux fois par année, mais pas plus », mentionne l’agriculteur. Et même si dix années ont passé depuis les forages, il a refusé d’être identifié et a refusé l’accès au site des forages, situé à quelques dizaines de mètres de sa maison. Les deux têtes de puits y sont toujours, ainsi que la zone dégagée pour les opérations.

Selon ce qu’on peut lire dans un « bail » de location signé par un propriétaire terrien et obtenu par Le Devoir, certaines gazières pourraient être là encore longtemps. Le document précise que le bail sera en vigueur jusqu’en 2030 et qu’il sera renouvelé « automatiquement » jusqu’en 2049, à moins que la gazière y mette un terme. Il mentionne aussi que l’entreprise sera dégagée de toute responsabilité une fois que le puits sera « fermé » définitivement.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La tête de puits près de chez Rolland Larin, à Saint-Louis, en Montérégie

Entreprises actives

Il est cependant difficile de connaître les intentions des huit entreprises qui détiennent toujours des puits et des permis d’exploration gazière dans les basses terres du Saint-Laurent. Mais les citoyens qui redoutent un retour de cette industrie au Québec ont peut-être raison de craindre la suite.

Selon la plus récente liste des « licences d’exploration » du MERN, on compte toujours près de 12 500 km2 de permis actifs sur la rive nord et la rive sud du Saint-Laurent, entre Montréal et Québec. La plupart des permis ont changé de propriétaires au fil des ans et la majorité des gazières ne sont plus québécoises.

C’est le cas de Questerre Energy, une entreprise albertaine qui détient un peu moins de 4000 km2 de permis. C’est d’ailleurs elle qui mène la bataille juridique pour relancer les forages avec fracturation dans la vallée du Saint-Laurent. Depuis l’entrée en vigueur de la réglementation de la Loi sur les hydrocarbures, en septembre 2018, il est en effet interdit de procéder à de tels forages « dans le schiste », soit la formation qui renfermerait un important potentiel gazier.

Cette disposition est jugée « arbitraire, discriminatoire et déraisonnable » par Questerre, qui a lancé en novembre 2018 une poursuite contre le gouvernement pour la faire annuler. Pour le moment, il n’y a pas encore de date précisée pour la suite du dossier. Président et chef de la direction de Questerre et ancien président de l’Association pétrolière et gazière du Québec (qui est devenue l’Association de l’énergie du Québec en 2019), Michael Binnion n’a pas répondu à nos questions.

« Nouvelle technologie »

Tant M. Binnion que l’actuel président du lobby des énergies fossiles, Éric Tétrault, ont affirmé à plusieurs reprises que les entreprises du secteur travaillaient au développement d’une « nouvelle technologie » qui permettrait de réduire considérablement les impacts environnementaux de l’exploitation. Dans une réponse transmise par courriel, M. Tétrault a précisé que « l’industrie garde son intérêt puisque la qualité de la ressource est exceptionnelle au Québec et qu’il y a un marché grandissant dans le monde » pour le gaz naturel. « Nous en sommes toujours à travailler sur les deux conditions que nous nous sommes imposées : de nouvelles technologies et l’acceptabilité sociale », a-t-il ajouté.

Dans le cadre d’un mandat de lobbying actif, Utica Ressources (une entreprise contrôlée par des intérêts autrichiens qui a racheté en 2019 les actifs québécois de l’albertaine Cuda Oil & Gas, qui avait elle-même racheté les actifs de la québécoise Junex) plaide elle aussi « pour un projet éventuel de forage exploratoire dans les basses terres du Saint-Laurent ». Mais il n’a pas été possible d’obtenir de précisions à ce sujet.

Ils vont vouloir revenir, mais ils ne passeront pas

 

Du côté du gouvernement Legault, la porte semble toutefois bien fermée. « La loi sur les hydrocarbures et les règlements d’application entrés en vigueur en septembre 2018 ont créé un cadre très strict, qui prévoit de nombreuses exclusions et restrictions. Notamment, la fracturation hydraulique est interdite dans le schiste. De plus, pour le gouvernement, il est essentiel que l’acceptabilité sociale soit au rendez-vous », souligne le cabinet du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien.

Citoyen impliqué directement dans la lutte contre les gaz de schiste, Gérard Montpetit ne veut rien savoir d’un seul forage supplémentaire dans sa région, qui a été au cœur de la saga du gaz de schiste. Il juge que les gazières « ont bafoué nos droits et nos institutions démocratiques » en menant des forages ici sans la moindre évaluation environnementale. Il se dit donc prêt à reprendre la mobilisation avec les citoyens qui se sont opposés aux acteurs de l’industrie il y a 10 ans. « Ils vont vouloir revenir, mais ils ne passeront pas », affirme-t-il en regardant par la même fenêtre d’où il voyait, en 2010, une tour de forage.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Maryse Méthot, propriétaire d’une garderie située au soussol de sa maison à La Présentation, craint le retour des gazières, 10 ans après un forage à 350 mètres de chez elle. Les puits forés et fracturés à proximité ont connu des fuites de gaz importantes.

26 commentaires
  • Yvon Pesant - Abonné 8 septembre 2020 04 h 57

    La porte qui s'ouvre

    "Du côté du gouvernement Legault, la porte semble toutefois bien fermée." (Alexandre Shields)

    Pour le moment, seulement, nous est-il permis de croire.

    Tous et toutes, nous savons comment François Legault et consorts de la CAQ voyaient d'un très bon oeil le développement de l'industrie du gaz de schiste chez nous. Dans les basses-terres du Saint-Laurent comme partout ailleurs au Québec où cela serait possible d'exploiter cette "merveilleuse" ressource naturelle, nous faisait-on valoir encore en début d'année 2018, dans ce parti politique, avant de prendre son virage sur le sujet... un peu avant les élections.

    Or, comme il en était de même tout dernièrement encore avec le dossier GNL (Gazoduq et Énergie Saguenay), ce n'est en rien pour nous aider à penser qu'avec le puissant lobby qui s'exerce sur eux, les séniors de la CAQ, des gens ayant un penchant naturel plus pour l'argent que pour l'environnement, qu'ils ne vont pas nous revenir bientôt avec Energir et compagnies comme vent en poupe pour nous dire que les techniques d'exploitation se sont beaucoup améliorées et que nous devrions plus produire qu'importer le gaz naturel consommné ici.

    Fracturation hydraulique? Produits chimiques? Bruits incessants? Camionnage intensif? Pollution de l'air? Production de GES? Contamination des nappes d'eau souterraines? Gazoducs à installer partout dans les terres agricoles? C'est du passé tout ça?

    Un passé tellement récent qu'il est et restera toujours présent pour les gens du voisinage et toute la population en général si le gouvernement québécois, quel qu'il soit, ouvre la porte un tant soit peu à l'industrie gazière. Combien de propriétaires fonciers et combien d'élus municipaux nous parlent encore et toujours de leur intérêt pour les redevances que cette industrie leur fait miroiter.

    La vigilance citoyenne s'impose.

    • Clément Fontaine - Abonné 8 septembre 2020 08 h 30

      Ajoutons que le gouvernement caquiste laisse déjà, avec énergie Saguenay, la porte entrouverte à l'exploitation d'un gaz de fracturation similaire au gaz de schiste, en provance de l'ouest canadien. Il suffirait que l'investissement privé soit à nouveau au rendez-vous. Et cela peu importe les conclusions du BAPE, qui n'a qu'un pouvoir de recommandation et dont le mandat est trop limité. Du moment que les dégats résultant de l'extraction des puits se font hors de nos frontières, l'honneur est sauf. Surtout quand le promoteur GNL Québec nous assure - mais sans pouvoir fournir emcore la moindre garantie - que sa production servira à réduire la consommation d'autres combustibles fossiles jugés (à tord) pus polluants dans les pays en voie de développement. Surtout quand GNL Québec nous assure que ses super méthaniers auront une empreinte accoustique réduite grâce à d'hypothétiques avancements technologiques... qu'elle ne serait même pas en mesure d'obteir, le volet du transport maritime via le fjord du Saguenay étant assumé par une entreprise complètement indépendante.

  • Germain Dallaire - Abonné 8 septembre 2020 07 h 22

    Le néolibéralisme, c'est ça!

    Ainsi les pétrolières se tournent maintenant vers les tribunaux pour poursuivre le gouvernement. Voilà le résultat des traités de libre-échange signés par notre gouvernement de tutelle, le Canada. Faut-il le préciser, le gouvernement Legault adhère à ces traités et globalement aux principes du néolibéralisme. Présentement, il semble ferme dans sa résolution de maintenir l'interdiction mais le jour où il aura une décision favorable au multinationales, que fera-t-il? Poser la question, c'est y répondre.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 8 septembre 2020 15 h 36

      Voilà!!

  • Bernard Terreault - Abonné 8 septembre 2020 07 h 42

    Bizarre

    Les Albertains râlent qu'on ne leur permet pas de forer encore plus, et les Québécois râlent si on creuse près de chez eux. Les Albertains sont fiers de leurs tours de forage qui parsèment leurs paysages plats et égayent de leur puissant bruit leurs grandes plaines silencieuses, les Québécois haïssent la vue de ces machines parmi leurs prés et leurs vallons. Mais tous consomment du gaz, local ou importé, dans leur gros pickup !

    • Clément Fontaine - Abonné 8 septembre 2020 12 h 06

      Il faut éviter de généraliser et, surtout, de mettre tous les Canadiens dans le même panier. Tous les Québécois ne possèdent pas un gros pick up énergivore ni ne rêvent d'en acquérir un. À part une minorité de conducteurs accros aux vroum vroum du moteur à combustion, lanmajorité d'entre nous rêvons de pouvoir rouler à l'électricité, une ressource renouvelable dont notre province s'est fait le champion. Encore faut-il pouvoir acquérir un véhicule à prix abordable. De nos jours même les autocars et les camions semi-remorques peuvent rouler à l'électricité, mais là aussi la transition ne peut se faire en criant ciseau.

    • Pierre Desranleau - Abonné 8 septembre 2020 14 h 16

      @ Clément Fontaine

      Il ne s'agit pas de généralisation mais de faits bien réels : depuis 1990, le parc de véhicules personnels au Québec a augmenté trois fois plus rapidement que la croissance démographique (65% vs 19%). Durant cette période, le nombre de VUS a augmenté de 282%. Et nous ne semblons pas avoir la moindre intention de renverser cette tendance quand on regarde nos achats dans les 12 derniers mois : 10 milliards de litres d'essence - un record absolu - , 3% de véhicules hybrides ou électriques, 33 % de voitures à essence et 64% de camions légers et VUS ... - Conclusion : oui, les Albertains ont bien raison de traiter les Québécois d'hypocrites.

    • Clément Fontaine - Abonné 8 septembre 2020 15 h 59

      @ Pierre Desrableau Si les Québécois n'optent pas davantage pour les véhicules électriques, incluant les camions lgers et les VUS qui sont tout aussi performants que les modèles à essence, c'est essentiellement une raison de coût. Même avec les rabais consentis par les gouvernements, la différence de prix est encore trop grande. Même si les bornes de recharge se sont multipliées dans la Belle province ces dernières années et en dépit du fait que les proprios de véhicules électriques se disent en grande emajorité très satisfaits de leur investissement, ce n'est pas encore une option à la portée du plus grand nombre d'automobilistes.

      Quant à déplorer la tendance des Québécois à préférer la voiture individuelle au transport en commun, ils ne sont pas les seuls à rechercher d'abord leur confort et leur sécurité, surtout dans la présente situation sanitaire. N'en déplaise à nos charmants amis Albertains et leurs sables bitumineux, cela ne fait pas de nous des hypocrites.

    • Pierre Desranleau - Abonné 8 septembre 2020 19 h 02

      @ Clément Fontaine

      Comme ça, les Québécois n'achètent pas de véhicules hybrides/électriques pour une question de coût. Vraiment ? Si c'est le cas, comment expliquez-vous que 2 véhicules sur 3 vendus aujourd'hui sont des VUS, le plus souvent "full equipped", alors que vous pouvez vous procurer une Toyota Prius Prime 2020 (hybride branchable) pour $29 000 (incluant la subvention gouvernementale de $7 000) ?

      Non, vous ne m'avez pas convaincu !

  • Bernard LEIFFET - Abonné 8 septembre 2020 08 h 21

    Pour François Legault, il n'est pas question de tirer le diable par la queue pendant que le sous-sol recèle un trésor, le gaz de schiste!

    La mutilation de l'Environnement, que ce soit par les compagnies minières et forestières n'offusque pas les élu(e)s de la CAQ! L'économie québécoise et celle du Dominion se portant plutôt mal, la venue de compagnies gazières, dont le terrible gaz de schiste se pointe à l'horizon comme un succédané providentiel!
    Les têtes de puits sont nombreuses et défigurent l'environnement des citoyens et le sous-sol endommagé au bénéfice d'actionnaires qui font affaire probablement avec les paradis fiscaux. Bref, les citoyens perdent des deux côtés! Non, ce n'est pas juste Monsieur le Premier Ministre! Pas dans ma cour, ni dans la vôtre je le suppose!

    • Brigitte Garneau - Abonnée 8 septembre 2020 15 h 40

      L'économie, l'économie, l'économie!! L'environnement? "On verra "...comme le dit si bien François Legault.

  • Marc Durand - Abonné 8 septembre 2020 08 h 30

    Le pseudo intérêt de produire dans les Basses-Terres du gaz par fracturation

    L’autre texte (Le paradoxe gazier du Québec) de A. Shields ce matin ne donne qu’un seul point de vue: celui (déjà fort connu) de P-O Pineau, qui rejoint celui exprimé par le porte-parole des promoteurs Éric Tétreault :
    - Il estime en effet que le Québec « pourrait tirer des avantages d’une exploitation locale ». Selon lui, la poursuite lancée par Questerre pour faire lever l’interdiction de fracturation dans la vallée du Saint-Laurent démontre que les entreprises du secteur « croient dans le potentiel du Québec » - « Ils semblent penser que ce serait rentable et qu’on pourrait faire ce projet de démonstration pour apprendre et recueillir des données. L’ouverture au Québec ne semble même pas exister pour un tel projet de démonstration. C’est un paradoxe, je crois, surtout qu’on parle de plus en plus de production locale dans beaucoup de domaines. » _

    C’est fort décevant de constater que Le Devoir ne donne pas dans ce texte le point de vue que j’exprime depuis 2010 et qui donne un autre son de cloche: ce pseudo potentiel gazier c’est de la frime: https://bit.ly/2ZifvJ2. Le rapport du BAPE (2014) sur la question soulignait déjà un grand nombre de questions quant à la rentabilité avec un prix du gaz déprimé comme il existe depuis six ans. Le BAPE a rejeté les prétentions des promoteurs; P-O. Pineau ne semble pas l'avoir compris.
    Marc Durand, doct-ing en géologie appliquée et géotechnique
    Professeur retraité, dépt. sciences de la Terre et de l'atmosphère, UQAM

    * Ce texte est ouvert aux commentaires, par contre celui qui est plus litigieux ne l’est pas. Dommage, car j’aurais souhaiter inscrire ces remarques dans un commentaire sous le texte, afin que les lecteurs puissent comprendre qu'il ne se rapporte qu’à l’opinion P-O Pineau.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 8 septembre 2020 15 h 44

      Merci pour votre brillant commentaire M. Durand. En souhaitant qu'il soit lu, compris et que vous trouviez réponses à vos questions.