L’aviation réajuste son mécanisme vert à la lumière de la pandémie

L’objectif de Corsia, tel qu’adopté en 2016, visait à atteindre «la neutralité de la croissance carbone», c’est-à-dire maintenir le niveau des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l'aviation atteint en 2020.
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir L’objectif de Corsia, tel qu’adopté en 2016, visait à atteindre «la neutralité de la croissance carbone», c’est-à-dire maintenir le niveau des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l'aviation atteint en 2020.

L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a voté mardi une modification de son dispositif de maîtrise des émissions mondiales de CO2 pour l’adapter à la pandémie de COVID-19 et au ralentissement brutal du trafic aérien. Pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, le secteur du transport aérien a approuvé en 2016 un mécanisme mondial de compensation des émissions de CO2, baptisé CORSIA (acronyme du nom anglais Carbon Offsetting and Reduction Scheme for International Aviation). L’OACI a adopté une résolution qui vise à utiliser la valeur des émissions de CO2 de 2019 pour celles de 2020 « afin d’éviter un fardeau économique inapproprié pour le secteur de l’aviation par la mise en œuvre de CORSIAau cours de la phase pilote de 2021 à 2023 ».

« L’impact de la COVID-19, qui réduit de façon importante les opérations aériennes internationales, le trafic et les émissions [de CO2] en 2020, devrait entraîner une baisse importante de la base de référence CORSIA, calculée sur la moyenne des émissions du secteur en 2019 et 2020 », expliquent les responsables de l’aviation civile internationale, réunis à Montréal, dans un communiqué.

 

L’objectif de CORSIA, tel qu’adopté en 2016, visait à atteindre « la neutralité de la croissance carbone », c’est-à-dire maintenir le niveau des émissions atteint en 2020. À partir de 2021, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) dépassant le niveau de celles atteintes en 2020 doivent être compensées par l’acquisition de « crédits de réduction » sur un marché alimenté par des secteurs d’activité qui réduisent leurs émissions.

La décision attendue et votée mardi est « une nouvelle tentative de réduire les réglementations environnementales dans le secteur de l’aviation », estimait l’European Climate Foundation (ECF) quelques jours avant le vote. Le think tank ECF s’attendait à une haussedes émissions mondiales de CO2 « d’environ 3 % » dans l’aviation, qui « aurait graduellement augmenté le volume des crédits que les compagnies devraient acheter. […] Toutefois, l’effondrement du trafic aérien mondial à la suite de l’éclosion du coronavirus cette année entraînera des émissions nettement plus faibles en 2020, ce qui signifie une base de référence plus basse que ce qui était prévu auparavant », prévoyait-il.

En outre, l’OACI estime que la pandémie de COVID-19 pourrait réduire de 1,5 milliard le nombre de passagers d’ici la fin de l’année.

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