Québec aidera les cultivateurs à réduire leur usage des pesticides

Le ministre André Lamontagne travaille à l’élaboration d’un plan qui sera présenté d’ici la fin des travaux parlementaires, en juin.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre André Lamontagne travaille à l’élaboration d’un plan qui sera présenté d’ici la fin des travaux parlementaires, en juin.

Les agriculteurs peuvent s’attendre à des sommes dans le prochain budget du gouvernement Legault pour effectuer une transition vers une agriculture durable. Le ministre André Lamontagne travaille à l’élaboration d’un plan qui sera présenté d’ici la fin des travaux parlementaires, en juin, dans lequel il a promis d’inclure des recommandations de la commission sur les pesticides.

Le budget du ministre des Finances, Éric Girard, sera un bon indicateur de la volonté d’action du gouvernement dans ce domaine, selon une source dans l’entourage de son collègue à l’Agriculture.

Le plan du ministre Lamontagne, qui n’avait pas fait l’objet d’une promesse en campagne électorale, a pris de l’importance depuis que le premier ministre François Legault a défini l’environnement comme l’une de ses cinq grandes priorités, l’automne dernier.

Après l’adoption du rapport de la commission sur les pesticides, mardi, les partis d’opposition ont demandé que le gouvernement dégage des sommes pour l’application des 32 recommandations. Ces pistes d’actions sont maintenant connues puisque le rapport a été déposé à l’Assemblée nationale mercredi.

La commission suggère, entre autres, au ministère de la Santé, d’effectuer une étude épidémiologique sur l’effet des pesticides sur la santé et de leur effet combiné.

Elle recommande également au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) de mieux informer les agriculteurs sur la prévention des risques que posent ces produits pour leur santé, de leur donner un meilleur soutien pour adopter des méthodes de production plus vertes et de renforcer le programme de surveillance des résidus de pesticides dans les aliments.

 

« Il manque de précisions quant aux actions attendues de la part du gouvernement, mais le rapport l’incite quand même à agir sur les principaux éléments concernant l’usage des pesticides », a réagi le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau.

L’organisme espère, entre autres, que le plan pour une agriculture durable comprendra une compensation financière pour les producteurs qui réduisent leur usage de pesticides. « On n’échappe pas à notre environnement économique parce que ici, on décide de bannir tel ou tel pesticide », a-t-il fait remarquer.

Lors de dernière campagne électorale québécoise en 2018, l’UPA demandait un ajout de 60 millions annuellement pour la mise en oeuvre de son plan vert agricole.

Double rôle des agronomes

Les parlementaires n’ont pas retenu une demande qui avait été formulée à plusieurs reprises durant la commission : mettre fin au double rôle des agronomes qui, à la fois, prescrivent et vendent des pesticides. La commission recommande plutôt que « le gouvernement révise le code de déontologie des agronomes » pour « mieux encadrer son application, notamment en clarifiant la notion d’indépendance ».

Ce code de déontologie « est suffisamment contraignant », selon le président de l’Ordre des agronomes du Québec, Michel Duval. « Est-ce que ça a besoin d’aller plus loin ? a-t-il demandé. Si le gouvernement décide d’aller vers cette direction-là, on va le suivre. »

Le lanceur d’alerte Louis Robert, dont le congédiement avait été l’élément déclencheur de la commission, s’est abstenu de commenter le rapport « trop politisé », mais il n’hésite pas à critiquer son ordre professionnel pour son laxisme dans l’application de ses politiques.

L’agronome avait présenté un mémoire durant les audiences de la commission, dans lequel il recommandait aux élus de séparer la vente de ces produits toxiques et des services-conseils fournis par les agronomes, comme il est interdit aux médecins de vendre les médicaments qu’ils prescrivent.

« Pour moi, la commission a été un bon début de dialogue sur la place publique de l’enjeu des pesticides en agriculture », a écrit M. Robert au Devoir, qui a finalement réintégré le MAPAQ en août.

1 commentaire
  • Gilles Théberge - Abonné 20 février 2020 15 h 00

    Je n'ai aucune confiance en ce technocrate, temporairement ministre de l'agriculture du Québec... Je serais étonné qu'il sache seulement ce qu'est un pesticide.

    Quand à l'UPA, ils n'ont qu'un mot à la bouche, et une seule revendication, de l'argent de l'argent de l'argent pour mettre en oeuvre un pan vert... Couper les pesticides et autre cochonneries, ça ne coûte rien n'est-ce pas ?.