Candidature d’Anticosti à l’UNESCO: Legault se veut rassurant

Les libéraux de Philippe Couillard avaient promis de protéger toute l’île d'Anticosti dès 2020, mais ce projet de protection a été mis de côté par la Coalition avenir Québec.
Photo: Thosetimes CC Les libéraux de Philippe Couillard avaient promis de protéger toute l’île d'Anticosti dès 2020, mais ce projet de protection a été mis de côté par la Coalition avenir Québec.

Même si les avis émis par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) menacent le dossier de candidature de l’île d’Anticosti au patrimoine mondial de l’UNESCO, le premier ministre François Legault assure que son gouvernement appuie « activement » les démarches pour faire reconnaître la valeur de la plus grande île du Québec.

Le Devoir révélait samedi que le MFFP a émis un avis défavorable à la création d’une bande de protection d’un kilomètre sur le pourtour de l’île, afin de protéger les intérêts de l’industrie forestière active sur Anticosti. Or, ce geste risque de faire échouer le dossier de candidature qui doit être soumis à l’UNESCO, afin de faire reconnaître la « valeur universelle exceptionnelle » de son patrimoine géologique et paléontologique.

Le premier ministre François Legault a toutefois assuré mardi que son gouvernement continue d’appuyer « activement la candidature de l’île d’Anticosti », en vue d’une inscription sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. « C’est toujours le cas. Tous les intervenants sont inclus dans les différentes étapes du dossier et celui-ci continue de progresser », a précisé par écrit son attaché de presse, Ewan Sauves.

Même son de cloche du côté du ministre de l’Environnement, Benoit Charette. « Comme le dossier progresse selon l’échéancier prévu et que notre gouvernement appuie activement celui-ci, le ministre continuera de travailler avec tous les intervenants impliqués afin de réaliser le projet », a fait valoir par écrit son attaché de presse, Louis-Julien Dufresne.

Enjeu de protection

Pour le moment, le dossier en préparation en vue d’une candidature qui serait soumise par le Canada à l’UNESCO en 2021 se heurte toutefois à des enjeux de protection du territoire.

Les libéraux de Philippe Couillard avaient promis de protéger toute l’île dès 2020, après avoir mis fin au projet d’exploration pétrolière qui a coûté 92 millions de dollars au gouvernement du Québec. Mais ce projet de protection a été mis de côté par la Coalition avenir Québec, après son arrivée au pouvoir.

Le comité de pilotage du dossier UNESCO a donc décidé de proposer un « compromis » au comité interministériel chargé de « mettre en place les mesures adéquates de protection, de conservation et de gestion » préalables à l’inscription d’Anticosti. Il a été suggéré de mettre en place une « zone tampon » de deux kilomètres, du littoral vers l’intérieur de l’île. Cela permettrait de préserver les éléments qu’on souhaite faire reconnaître, soit les principaux sites fossilifères.

Le directeur scientifique du comité de pilotage, André Desrochers, est d’ailleurs formel : « tout site du patrimoine mondial de l’UNESCO nécessite des mesures de protection. C’est absolument essentiel, à tel point que sans ces mesures, le site sera refusé. Il faut donc proposer un projet qui comprend une zone tampon logique et réfléchie, sinon il est certain que la candidature ne sera pas retenue ».

Tous les ministères impliqués dans le comité interministériel, dont celui de l’Environnement, ont accepté cette proposition de « zone tampon ». Mais le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a émis un avis défavorable. Le comité de pilotage du dossier UNESCO a donc proposé un nouveau compromis, avec une bande d’un seul kilomètre. Le MFFP a de nouveau émis un avis défavorable.

Vendredi, le MFFP avait admis avoir émis un avis défavorable, et ce, après avoir « procédé à une analyse qui démontre des répercussions tant au niveau des activités de chasse au cerf de Virginie que de l’activité forestière ». L’activité forestière » serait « touchée de façon significative », a-t-on précisé dans une réponse écrite.

Lien maritime pour Anticosti: étude à venir

Le maire d’Anticosti, John Pineault, réclame la mise en place d’un lien maritime efficace afin de briser l’isolement de la petite communauté insulaire. Or, aucune décision n’a encore été à ce sujet. Le gouvernement Legault a toutefois indiqué mardi que l’étude commandée par Québec en 2017 sera rendue publique « sous peu ». « Le gouvernement du Québec maintient son souhait que la population de l’île d’Anticosti soit désenclavée », a souligné Claude Potvin, attachée de presse du ministre responsable de la Côte-Nord, Jonatan Julien.