De grandes marches partout au Québec

À Québec, plusieurs ont dénoncé le projet de troisième lien.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir À Québec, plusieurs ont dénoncé le projet de troisième lien.

Les rues de Montréal ne sont pas les seules à avoir été assaillies par les défenseurs du climat vendredi. Une foule estimée à 25 000 personnes a gagné le parlement de Québec pendant que des marches se tenaient à Rimouski, à Trois-Rivières, à Saguenay et ailleurs.

À Québec, les marcheurs s’étaient donné rendez-vous devant le Musée national des beaux-arts vers 11 h 30. Ils ont ensuite emprunté la Grande Allée pour joindre le grand rassemblement devant le parlement.

« On veut du changement, on veut des lois. On veut un gouvernement qui agit face à l’urgence climatique », a déclaré Camille Poirot-Bertrand de La Planète s’invite à l’Université Laval, l’un des groupes organisateurs de l’événement. Ces derniers estimaient à 25 000 le nombre de personnes présentes.

Croisé près de la scène, le vétéran de la cause écologiste André Belisle voyait dans la météo ensoleillée « un beau clin d’oeil de mère Nature » à une manifestation visant justement à la défendre. Quarante ans après la croisade qu’il a menée contre les pluies acides, le militant voit dans le mouvement « le reflet de la situation ».

« La réalité avec les extrêmes climatiques, les gens les vivent de plus en plus et comprennent maintenant qu’on n’a pas le choix. »

« On a fait nos devoirs, à votre tour de faire les vôtres », pouvait-on lire sur une affiche. « La fonte des glaces pas juste dans le tonic » se lisait sur une autre, les manifestants rivalisant d’imagination dans les coups de gueule et jeux de mots climatiques.

Sur les affiches et dans les discours, plusieurs dénonçaient le projet de troisième lien Québec-Lévis et s’en prenaient au gouvernement Legault.

Questionnée sur la lettre que ce dernier a adressé à la jeunesse, la porte-parole d’EAU-Secours, Alice-Anne Girard, l’a qualifiée de « très très paternaliste ». « C’est bien beau de dire que les jeunes sont beaux à voir. Maintenant, il faut qu’il pose des gestes. Le gouvernement Legault continue à être incohérent », a-t-elle dit, avant de mentionner l’appui de celui-ci au projet de troisième lien et au projet GNL au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Unis pour une même cause

Les jeunes et les étudiants étaient très nombreux, mais on retrouvait aussi des gens de tous les âges, dont de nombreux retraités. Gisèle Léveillée, 67 ans, s’était déguisée en abeille pour l’occasion. « Depuis que j’ai 20 ans que je vais dans les milieux agricoles et on a vu les abeilles mourir. Pour moi, ça a été un premier indice que quelque chose se passait. »

Plusieurs politiciens étaient également sur place, dont le maire de Québec, Régis Labeaume. « On a des inquiétudes en commun, a-t-il dit. Je ne trouve pas ça militant, c’est communautaire au sens très large et c’est ce qui est encore plus agréable aujourd’hui à mon point de vue. »

Croisé dans la foule devant le parlement, un couple de touristes marocains se disait charmé par la manifestation. « On aimerait bien participer. C’est beau ! » de dire la dame.

À Québec comme dans plusieurs villes, le service de transport en commun était gratuit pour tous vendredi. Les bus étaient d’ailleurs bondés une bonne partie de la matinée dans la capitale.

Malgré son importance, la manifestation n’est pas la plus grosse à avoir eu lieu dans la capitale, comme l’ont suggéré certains porte-parole trop enthousiastes.

En 2004, une foule évaluée à 50 000 personnes avait marché en appui à la station de radio CHOI-FM. Les comparaisons sont toutefois difficiles dans la capitale puisque le service de police de Québec ne livre plus d’estimations de foule comme il le faisait à l’époque.

Il semble par contre que des records aient été fracassés ailleurs en région.

À Sherbrooke, où au moins 5000 personnes ont marché, la police affirme qu’il s’agit de la plus grande manifestation à s’être tenue dans l’histoire de la ville. « À plus de 5000 personnes, c’est notre plus grosse manifestation », a confirmé la porte-parole du Service de police, Isabelle Gendron.

Un portrait similaire se dessinait à Trois-Rivières, où le quotidien Le Nouvelliste écrivait que « de nombreuses personnes s’accordaient pour dire qu’il s’agit de la plus grande manifestation jamais tenue dans la région ».

Enfin, des marches ont eu lieu dans des dizaines d’autres villes et communautés autochtones, dont Saguenay, Rouyn-Noranda, Matane, Gaspé, Rimouski, Mont-Tremblant, Saint-Jérôme, Joliette, Sept-Îles, Gatineau, Magog et Gesgapegiag (territoire micmac).