Les cinq dernières années devraient être les plus chaudes jamais enregistrées

Le mois de juillet 2019, marqué par plusieurs canicules notamment en Europe, a battu le record absolu de température.
Photo: Oliver Berg / dpa / Agence France-Presse Le mois de juillet 2019, marqué par plusieurs canicules notamment en Europe, a battu le record absolu de température.

Les cinq années 2015 à 2019 devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, après un été 2019 caniculaire, a rapporté dimanche l’ONU, à la veille d’un sommet climat en présence d’une soixantaine de dirigeants mondiaux à New York.

La température moyenne pour la période 2015-2019 devrait être plus élevée de 1,1 °C par rapport à la période 1850-1900, indique ce rapport publié par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et qui fournit l’état des lieux le plus actuel sur le climat de la Terre.

Les dernières données confirment la tendance des quatre années précédentes, qui étaient déjà les plus chaudes jamais enregistrées, c’est-à-dire depuis 1850. On savait aussi que juillet 2019, marqué par plusieurs canicules notamment en Europe, avait battu le record absolu de température.

Charbon, pétrole et gaz ont poursuivi leur croissance en 2018. Les émissions de gaz à effet de serre ont encore augmenté, et pour 2019, elles seront « au moins aussi élevées » qu’en 2018, prévoient les scientifiques qui ont planché sur ce rapport pour l’ONU.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère devrait atteindre un nouveau pic à la fin de l’année 2019, selon des données préliminaires, soit 410 parties par million.

Longue liste de mauvaises nouvelles

Dans l’état actuel des engagements des pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la planète sera plus chaude de 2,9 à 3,4 °C d’ici 2100.

Il en ressort que les efforts anti-carbone des pays doivent être multipliés par cinq pour contenir le réchauffement à +1,5 °C, comme le prévoit l’accord de Paris de 2015. Ou au minimum par trois pour s’en tenir à +2 °C, la limite maximale stipulée par le texte.

En réalité, le réchauffement réel pourrait être encore plus grand, selon des modélisations climatiques plus récentes, comme celle d’une équipe française qui prévoit +7 °C dans un scénario du pire.

« Le fossé n’a jamais été aussi grand » entre ce que le monde veut accomplir et la réalité des plans climatiques des pays, prévient le rapport.

C’est ce fossé que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, veut commencer à combler en accueillant une soixantaine de dirigeants lundi, à la veille de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, trois jours après les manifestations monstres de jeunes dans le monde.

Beaucoup de leaders devraient promettre d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, selon lui.

La liste de mauvaises nouvelles sur l’état de la planète est longue et minutieusement détaillée par le rapport de l’OMM.

Ainsi, la montée du niveau des océans s’accélère. Dans la dernière décennie, le rythme est passé à 4 millimètres par an, au lieu de trois par an, à cause de la fonte accélérée des calottes glaciaires aux pôles Nord et Sud, confirmée par de multiples études et observations satellitaires.