Baleines noires: il reste beaucoup de travail à faire, affirme le ministre

Le gouvernement fédéral s’est récemment engagé à fermer davantage de zones de pêche, à réduire les limites de vitesse pour les navires et à renforcer la surveillance aérienne.
Photo: Michael Dwyer Associated Press Le gouvernement fédéral s’est récemment engagé à fermer davantage de zones de pêche, à réduire les limites de vitesse pour les navires et à renforcer la surveillance aérienne.

Bien que toutes les personnes qui sont à pied d’oeuvre pour sauver la population menacée de baleines noires de l’Atlantique Nord soient épuisées physiquement et émotionnellement, il reste encore beaucoup de travail à faire, selon le ministre fédéral des Pêches, Jonathan Wilkinson.

M. Wilkinson a rappelé aux journalistes, lundi, que le gouvernement fédéral s’était récemment engagé à fermer davantage de zones de pêche, à réduire les limites de vitesse pour les navires et à renforcer la surveillance aérienne afin d’éviter que les baleines ne soient heurtées par des bateaux ou empêtrées dans des filets de pêche.

Le ministère des Pêches a confirmé vendredi que deux autres baleines avaient été retrouvées mortes, ce qui porte à huit le total de baleines noires mortes dans les eaux canadiennes cette année.

Le ministre Wilkinson a affirmé que les mouvements des baleines étaient suivis chaque jour par au moins cinq aéronefs survolant le golfe du Saint-Laurent.

Le gouvernement fédéral apporte également son aide pour tester des engins de pêche sans cordes. Mais cette nouvelle technologie ne devra pas être trop coûteuse pour les pêcheurs, a prévenu M. Wilkinson.

Des scientifiques et des environnementalistes soulignent que les baleines noires de l’Atlantique Nord sont soumises à un niveau de stress élevé, car elles sont souvent en contact avec des navires ou elles s’emmêlent dans des filets de pêche. Il ne resterait que 400 spécimens de cette espèce dans le monde.

Sauvetage reporté

Pendant ce temps, les mauvaises conditions météorologiques ont forcé une équipe de sauvetage à reporter sa tentative de libérer une baleine noire de l’Atlantique Nord empêtrée dans des filets de pêche.

Le ministère fédéral des Pêches a publié dimanche soir une déclaration selon laquelle l’équipe de sauvetage de baleines de Campobello n’était pas en mesure d’aider le cétacé de 18 ans, empêtré dans de l’équipement de pêche dans le golfe du Saint-Laurent depuis au moins deux semaines.

Une équipe de la National Oceanic and Atmospheric Administration américaine a fixé un dispositif de suivi électronique sur la baleine vendredi.

L’animal en péril, connu sous le numéro 3125, a été aperçu pour la première fois le 4 juillet par l’équipage d’un avion de Transports Canada à l’est de la Gaspésie, au Québec.

Philip Hamilton, qui travaille à l’Aquarium de la Nouvelle-Angleterre, a expliqué que la baleine avait une corde profondément incrustée dans sa tête et au-dessus de son évent.

Il a ajouté que l’équipement avait provoqué des centaines de blessures profondes et encrassait également les fanons de la baleine, le système de filtrage dans la bouche de l’animal utilisé pour piéger la nourriture.

Résultats de nécropsies

Jusqu’à présent, des experts en mammifères marins ont effectué des tests sur cinq des carcasses retrouvées dans les eaux canadiennes.

Bien que la première nécropsie n’ait pas permis de déterminer la cause du décès, les trois suivantes ont confirmé que chacune des baleines avait subi des blessures compatibles avec une collision avec un navire.

La cinquième nécropsie s’est terminée dimanche à Grand Étang, au Québec, sur le corps d’une baleine qui a été aperçue dérivant à l’ouest des Îles-de-la-Madeleine, le 18 juillet.

Les résultats préliminaires ne permettent pas de conclure la cause de la mort. Selon les vétérinaires, la baleine était en bonne condition, « sans signe évident de traumatisme ou d’empêtrement », a indiqué lundi Pêches et Océans Canada. Des conclusions détaillées seront publiées dans les mois à venir.

Les nécropsies précédentes ont été réalisées à Miscou, au Nouveau-Brunswick, Petit Étang, en Nouvelle-Écosse, Norway, à l’Île-du-Prince-Édouard, et Grand Étang.