«Pacte pour la transition»: dialogue «ouvert» avec François Legault

En signant le «pacte», appuyé par plus de 400 personnalités publiques avant son lancement, les citoyens s’engagent à agir pour réduire leurs émissions de GES en posant des gestes concrets
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir En signant le «pacte», appuyé par plus de 400 personnalités publiques avant son lancement, les citoyens s’engagent à agir pour réduire leurs émissions de GES en posant des gestes concrets

Le metteur en scène Dominic Champagne, initiateur du « Pacte pour la transition », a affirmé avoir « ouvert un dialogue » avec le premier ministre François Legault, à la suite d’une rencontre tenue vendredi à Québec. Deux jours après le lancement de l’initiative, près de 120 000 personnes ont signé cet engagement en faveur du climat.

« On a ouvert un dialogue avec le premier ministre, que j’espère très fécond. Il est très à l’écoute », a résumé M. Champagne, en sortant de sa rencontre d’une heure avec le nouveau premier ministre. Ce dernier n’a toutefois pas réagi dans l’immédiat.

Selon ce qu’a fait valoir Dominic Champagne, le chef caquiste aurait démontré « une préoccupation sincère et réelle » pour les questions environnementales, et notamment les enjeux climatiques. « J’ai envie de prendre au mot le premier ministre, qui a dit, au jour un de son mandat, qu’il n’était pas le premier de classe [en environnement], mais qu’il serait à l’écoute de la population », a-t-il ajouté.

Même si le chef du gouvernement n’a pas pris d’engagement formel dans le cadre de ce tête-à-tête, M. Champagne estime que M. Legault a bien pris note de la nécessité de tenir compte des réalités scientifiques dans les prises de décisions politiques. « Ce dont on a convenu ce matin, c’est de mettre la science au coeur des décisions politiques. Et la science nous dit : on ne peut plus continuer de vivre comme ça. Il y a des comportements qui doivent être changés », a résumé le metteur en scène, qui a déjà, dans le passé, mené une bataille contre le gaz de schiste au Québec.

Selon lui, la province possède des atouts énergétiques à mettre en valeur. « Le régime canadien nous enfonce dans le pétrole depuis des années. Mais au Québec, croire en nous-mêmes, c’est de nous assurer que nos surplus énergétiques sont utilisés adéquatement. Et je pense que François Legault est extrêmement sensible à cette question-là. »

Pacte pour la transition

« Il est important que la population continue de manifester pour que les décisions qui sont prises le soient dans le bon sens », a poursuivi Dominic Champagne, en soulignant que le « Pacte pour la transition » a été signé par environ 120 000 personnes, depuis son lancement, mercredi matin.

En signant ce « Pacte », appuyé par plus de 400 personnalités publiques avant son lancement, les citoyens s’engagent à agir pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) en posant des gestes concrets. Les signataires doivent donc tenter de réduire leur consommation de pétrole « partout où c’est possible », en réduisant l’utilisation de la voiture, notamment en favorisant le covoiturage, le transport collectif et le transport actif.

Les citoyens qui signent le « Pacte pour la transition » s’engagent en outre, entre autres, à « amorcer une démarche sérieuse » de désinvestissement de leurs épargnes « du secteur des énergies fossiles », à réduire leur « production de déchets », leur « consommation de plastique » et leur consommation de viande.

Le document appelle donc les élus à Québec et à Ottawa à mettre en oeuvre des politiques et des lois qui s’inscrivent dans « le respect de nos engagements climatiques », à adopter un « plan » qui permette d’atteindre les objectifs de réduction de GES, mais surtout à respecter les cibles de l’Accord de Paris sur le climat.

Le document plaide directement pour la fin de toute exploration pétrolière et gazière sur le territoire québécois, pour une refonte de nos politiques d’aménagement du territoire et pour une meilleure protection des écosystèmes naturels de la province, notamment les forêts.

Au Québec, selon les plus récentes données disponibles sur les émissions de GES, le secteur des transports compte à lui seul pour plus de 40 % du bilan de la province. Selon le bilan mi-parcours du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques, il y a d’ailleurs « urgence d’agir » dans les transports pour espérer atteindre les objectifs de réduction de GES du plan climatique gouvernemental.