Une «très bonne nouvelle» pour les bélugas du fleuve

Le règlement vise à protéger ces espèces des perturbations causées par les humains.
Photo: Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins Le règlement vise à protéger ces espèces des perturbations causées par les humains.

Il est désormais interdit de s’approcher à moins de 400 mètres des mammifères marins menacés ou en voie de disparition dans tout l’estuaire du Saint-Laurent. « Une très bonne nouvelle pour les bélugas », se réjouit Robert Michaud, directeur scientifique et président du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM).

De nouvelles modifications au règlement fédéral sur les mammifères marins, entrées en vigueur mercredi, établissent une distance minimale d’approche de 100 mètres pour les baleines, dauphins et marsouins dans toutes les eaux canadiennes. Ces distances sont encore plus strictes dans certains cas : 200 mètres dans la zone du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent et 400 mètres pour les espèces qui sont menacées ou en voie de disparition (comme le béluga et le rorqual bleu) dans l’estuaire du Saint-Laurent.

Une distance de 200 mètres doit aussi être respectée en tout temps par rapport aux baleines, dauphins et marsouins accompagnés de leur petit et pour les épaulards en Colombie-Britannique et dans le Pacifique.

Robert Michaud a expliqué que ces nouvelles règles couvrent la totalité de l’aire de répartition estivale des baleines blanches. « Les bélugas, qui bénéficiaient d’une protection de limite d’approche de 400 mètres dans le parc marin, viennent d’étendre leur protection sur l’ensemble de leur territoire estival ».

Protéger des perturbations

Le règlement vise à protéger ces espèces des perturbations causées par les humains. Il est interdit de nager avec ces animaux, de les nourrir ou de séparer les membres d’un groupe, par exemple.

Selon M. Michaud, la nouvelle réglementation sera efficace, puisqu’elle est facile à comprendre. Elle devra cependant être accompagnée d’une campagne de sensibilisation, croit-il.

Les membres de l’Alliance Éco-baleine (dont certaines entreprises d’excursions) ont aussi accueilli favorablement le nouveau règlement. Ils ont souligné, dans un communiqué, que l’annonce était cohérente avec les règles déjà en vigueur dans le secteur du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. « Pour le parc marin, ça ne changera rien », a confirmé son directeur, François Gouron.

Le directeur général des Armateurs du Saint-Laurent, Martin Fournier, a indiqué que le règlement « est un élément de plus à considérer », mais qu’il ne complique pas les opérations des transporteurs maritimes de marchandises.

Tous les types d’embarcations sont visés par la nouvelle réglementation ; autant les navires commerciaux que les plaisanciers. Une amende allant jusqu’à 100 000 $ peut être remise aux contrevenants. Pêches et Océans Canada a affirmé que de nouveaux agents seront recrutés, que de nouveaux bateaux de patrouille sont fournis et que des fonds supplémentaires seront alloués pour « réussir la mise en oeuvre des modifications au règlement ».