Québec compte «promouvoir» le rejet du plastique à usage unique

Entourée de l’explorateur Jean Lemire ainsi que des députés Jean Habel et Jean D’Amour, la ministre Isabelle Melançon a dévoilé mercredi la Stratégie québécoise de l’eau 2018-2030 et son plan d’action 2018-2023 sur les bords de la rivière des Mille-Îles à Sainte-Rose.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Entourée de l’explorateur Jean Lemire ainsi que des députés Jean Habel et Jean D’Amour, la ministre Isabelle Melançon a dévoilé mercredi la Stratégie québécoise de l’eau 2018-2030 et son plan d’action 2018-2023 sur les bords de la rivière des Mille-Îles à Sainte-Rose.

Dans la foulée du mouvement grandissant de boycottage du plastique à usage unique, le gouvernement Couillard entend « promouvoir » la réduction de l’usage de ce plastique, qui représente une véritable menace pour l’environnement. Il n’est toutefois pas question d’en restreindre la mise en marché, même si Québec dit vouloir « examiner » certaines mesures économiques pour y parvenir.

En présentant mercredi sa Stratégie québécoise de l’eau 2018-2030, la ministre de l’Environnement, Isabelle Melançon, a promis que son ministère investira, d’ici cinq ans, 3 millions de dollars pour « promouvoir la réduction de l’utilisation et le rejet de plastique à usage unique ».

 Selon le plan libéral annoncé à Laval, il est question de « favoriser l’utilisation des fontaines d’eau », mais aussi de lancer un « programme de mobilisation à la réduction de la pollution de l’eau par le plastique ». Celui-ci pourrait notamment mener à une réduction de l’utilisation des pailles.

 La ministre Melançon a aussi plaidé en faveur de la consommation de l’eau du robinet, qui serait selon elle « de qualité largement sous-estimée », par opposition à la consommation massive d’eau embouteillée. Il faut dire qu’au Québec, il se consomme un milliard de bouteilles d’eau par année. De ce nombre, le ministère de l’Environnement du Québec évalue que « moins de 40 % sont recyclées ».

20%
Objectif de réduction de la consommation d’eau au Québec d’ici 2025, par rapport à 2015

Pollution par le plastique

Le gouvernement reconnaît d’ailleurs que « l’utilisation de produits de plastique à usage unique est une source de gaspillage et de pollution, tant au Québec qu’ailleurs dans le monde. La pollution des océans par le plastique est devenue un enjeu majeur sur la scène internationale et met au défi les sociétés de modifier leurs comportements et leurs pratiques ».

 La Stratégie québécoise de l’eau, qui doit être assortie de mesures totalisant des investissements de 550 millions sur cinq ans, ne prévoit toutefois aucune mesure pour restreindre la mise en marché ou la vente du plastique à usage unique.

 Dans le cadre du plan de la ministre Melançon, qui doit être mis en oeuvre avec plusieurs ministères, Québec évoque toutefois l’idée d’« examiner plus attentivement l’utilisation d’instruments économiques tels que la redevance sur l’eau et la redevance sur les contenants d’eau pour favoriser les changements de comportements, notamment la réduction de l’utilisation et le rejet des plastiques ».

Consommer moins d’eau

En plus de s’engager à réduire la place du plastique, le gouvernement du Québec se fixe comme objectif de réduire de 20 % la consommation d’eau au Québec d’ici 2025, par rapport à 2015.

 Cette cible s’inscrit dans une stratégie qui doit permettre d’améliorer l’accès à l’eau potable pour les citoyens, la « protection » des sources d’eau potable, mais aussi la gestion des eaux usées. Le Québec compte toujours près d’une centaine de petites municipalités qui déversent leurs égouts dans le fleuve Saint-Laurent et ses bassins versants.

 Parmi les autres mesures prévues par le gouvernement, pas moins de 109 millions de dollars seront dépensés pour aider l’industrie maritime à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Une autre enveloppe totalisant 105 millions doit permettre de mieux « protéger et restaurer » les milieux aquatiques.

2 commentaires
  • Patrice Godin - Abonné 28 juin 2018 09 h 05

    L'image, toujours L'image !

    Le Devoir jour le jeu des faiseurs d'images en photographiant la ministre et Jean Lemire sur le bord de l'eau, comme si la nature intéressait les libéraux. Rappelons que les libéraux refusent à au moins 166 municipalités la possibilité d'imposer à l'industrie gazière une distance minimale de 2km entre un forage et une source d'eau potable. C'est sans compter l'affaiblissement du BAPE et du ministère de l'Environnement. Pour cet article, j'aurais cadré la photo sur le visage de la ministre seulement et le titre de l'article aurait plutôt été «Les libéraux refusent de réglementer l'usage du plastique à usage unique», ce qui aurai été plus représentatif de la nouvelle.

  • Gilles Théberge - Abonné 28 juin 2018 12 h 26

    Pourquoi s’arrêter en chemin....?

    Pourquoi les politiciens ne sont-ils pas capables de faire un geste déterminant. Pour une fois...?

    Pour quoi tous ces sourires alors que le geste à faire c’est de cesser de produire cette matière, tout le monde le sait très bien...?

    Pourquoi ce compromis qui ne sert à rien, et me donnera rien...?