Des artistes demandent à Trudeau de stopper le pipeline Trans Mountain

Les membres du regroupement déplorent la volonté du gouvernement de Justin Trudeau de soutenir financièrement la pétrolière texane Kinder Morgan.
Photo: Jeremy Hainsworth Associated Press Les membres du regroupement déplorent la volonté du gouvernement de Justin Trudeau de soutenir financièrement la pétrolière texane Kinder Morgan.
Un regroupement d’artistes québécois, de membres de Premières Nations et de groupes écologistes exige du gouvernement Trudeau qu’il mette un terme au projet d’expansion du pipeline Trans Mountain, sur la côte ouest. Ils dénoncent aussi l’idée avancée par Ottawa de soutenir financièrement la construction de ce pipeline, conçu pour faciliter l’expansion de l’industrie des sables bitumineux.

« Nous demandons au gouvernement de retirer son appui au projet de pipeline Trans Mountain », a résumé le metteur en scène Dominic Champagne, au nom des quelque 120 personnalités et organisations du Québec qui ont lancé mardi un appel à une « mobilisation d’urgence » contre l’expansion de Trans Mountain. Ils promettent d’ailleurs d’organiser le 27 mai, à Montréal, un rassemblement d’opposition à Trans Mountain.

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Parmi les artistes et personnalités qui ont signé la « déclaration » d’opposition au projet de Kinder Morgan, on compte notamment Emmanuel Bilodeau, Yann Perreau, Fred Pellerin, Yvon Deschamps, Richard Séguin, Anaïs Barbeau-Lavallette, Roy Dupuis, Françoise David, Laure Waridel, Mylène Paquette, Louise Harel et Léa Clermont-Dion.

Soutien fédéral
Les membres de ce regroupement ont particulièrement déploré la volonté du gouvernement de Justin Trudeau de soutenir financièrement la pétrolière texane Kinder Morgan pour lui permettre de construire son projet de 7,4 milliards de dollars.

« À l’heure où la raison scientifique exige qu’on laisse dans le sous-sol 80 % des ressources connues en pétrole, à l’heure où la transition énergétique exige que nous investissions dans un éloignement des combustibles fossiles, il est immoral que le Canada, signataire de l’Accord de Paris, continue de subventionner l’industrie du pétrole mortifère », a insisté M. Champagne.

La déclaration rendue publique mardi rappelle d’ailleurs qu’en tant que « signataire de l’Accord de Paris, le Canada doit s’engager rapidement dans une transition juste et profonde qui réduira significativement notre dépendance aux hydrocarbures, nos émissions de gaz à effet de serre et créera une économie et des emplois plus écologiques. Cette transition requiert des ressources, une planification et un leadership qui doit venir de tous les ordres de gouvernement. »

Nouvelle bataille
Pour les groupes écologistes québécois, qui se sont déjà opposés au projet de pipeline Énergie Est, à l’exploitation du gaz de schiste et à l’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti, cet autre projet est l’occasion de dire à nouveau « non » à tout projet qui augmenterait la production d’énergies fossiles au Canada.

« Le mouvement à l’est qui a stoppé le pipeline de sables bitumineux Énergie Est ne permettra pas à ce même pétrole sale de s’échapper vers l’ouest », a aussi insisté le grand chef Serge Simon, du Conseil mohawk de Kanesatake.

Avec l’expansion du pipeline Trans Mountain, quelque 325 millions de barils de pétrole des sables bitumineux seraient transportés chaque année de l’Alberta aux côtes de la Colombie-Britannique, en vue de l’exportation vers les marchés asiatiques.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique s’oppose toutefois au projet. Victoria a même demandé récemment à la Cour d’appel de la province de reconnaître son droit de légiférer pour protéger son territoire contre la « menace » d’un déversement de pétrole. Les démarches juridiques lancées par la Colombie-Britannique visent précisément à restreindre le transport de pétrole brut sur son territoire.

Il faut dire que ce projet ferait passer la capacité quotidienne de transport de 300 000 barils à 890 000 barils. Pour exporter tout ce pétrole des sables bitumineux, jusqu’à 34 pétroliers quitteraient chaque mois un port situé à Burnaby, en banlieue de Vancouver, contre 5 pétroliers actuellement. Or, soutient Victoria, « un seul déversement menacerait des milliers d’emplois en Colombie-Britannique ».