35 caisses demandent à Desjardins de se retirer de Trans Mountain

Les 35 caisses, réparties dans différentes régions du Québec, comptent au total près de 700 000 membres.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les 35 caisses, réparties dans différentes régions du Québec, comptent au total près de 700 000 membres.

Au total, 35 caisses du Mouvement Desjardins ont adopté des résolutions exigeant le retrait du soutien financier au projet Trans Mountain, mais aussi la fin des investissements dans les pipelines de transport de pétrole des sables bitumineux. Ces caisses compteraient près de 700 000 membres, selon un bilan dévoilé mardi.

Les caisses Desjardins de la province ont tenu leurs assemblées générales annuelles au cours des dernières semaines, en plein coeur de la vive controverse sur la construction du pipeline Trans Mountain, de Kinder Morgan, vers la côte ouest canadienne.

Or, le Mouvement Desjardins a participé au financement du projet de la pétrolière texane. Il lui a accordé l’an dernier un prêt de 145 millions de dollars en vue de la construction de ce pipeline, qui doit transporter 325 millions de barils de pétrole albertain chaque année.

Mécontents de cette décision, plusieurs membres ont proposé l’adoption d’une résolution qui « demande aux instances du Mouvement Desjardins et à ses filiales de mettre fin de façon permanente au financement et aux investissements dans les pipelines de sables bitumineux et qu’il retire son soutien au projet Trans Mountain ».

700 000 membres

Selon un bilan final publié mardi par Greenpeace, 35 caisses ont adopté cette résolution. Ces caisses, réparties dans différentes régions du Québec, comptent au total près de 700 000 membres. Elles font partie des 271 caisses qui tenaient récemment leurs assemblées annuelles.

Les résolutions adoptées seront transmises à la direction du Mouvement Desjardins, mais seulement « à titre indicatif ». Selon Desjardins, la décision d’investir dans Kinder Morgan revient uniquement à la Fédération.

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En juillet 2017, le Mouvement Desjardins avait décrété un moratoire sur le financement des projets de pipeline, au moment où Le Devoir s’apprêtait à publier un texte précisant son financement dans le projet Trans Mountain. Ce moratoire a été levé le 6 décembre, mais le mouvement coopératif a alors annoncé des « pratiques » pour améliorer le bilan environnemental de ses activités.

Toujours en décembre dernier, Desjardins a acheté des actions de Kinder Morgan pour une valeur de 5 à 6,25 millions de dollars, afin de les revendre à des investisseurs.

Transition énergétique

Selon Greenpeace, le message envoyé par les membres de Desjardins devrait cependant inciter la direction du Mouvement à « cesser » le financement de pipelines de sables bitumineux. « Desjardins doit se séparer de Kinder Morgan s’il veut être cohérent avec les valeurs qu’il dit défendre, comme la protection de l’environnement, le respect des communautés et des Premières Nations et le respect de la démocratie », estime Isabelle l’Héritier, responsable de mobilisation chez Greenpeace.

« Nous voulons rappeler à nos membres que Desjardins est plus que jamais soucieux de l’environnement. Il encourage la transition énergétique. Nous avons annoncé en décembre quatre pratiques qui touchent l’ensemble de notre organisation pour appuyer cette transition énergétique », a répondu Desjardins mardi.

« Les projets seront donc analysés en tenant compte de l’acceptabilité sociale, de la gouvernance de l’entreprise et de sa gestion environnementale, notamment pour améliorer son empreinte carbone. »

« Il ne faut pas oublier que l’on parle de transition. Nous allons augmenter nos positions dans les entreprises dont l’empreinte carbone est faible et diminuer celles dont les entreprises ont une empreinte trop élevée en carbone », a conclu le Mouvement Desjardins dans une réponse écrite transmise au Devoir.