Des groupes écologistes exigent des engagements ambitieux en vue des élections provinciales

La coalition a présenté 23 propositions qui ratissent large, notamment en ce qui a trait à la promotion du transport à vélo.
Photo: Catherine Legault Le Devoir La coalition a présenté 23 propositions qui ratissent large, notamment en ce qui a trait à la promotion du transport à vélo.

Une coalition de groupes écologistes presse les différents partis politiques de prendre des engagements ambitieux en matière de protection de l’environnement, en vue de la prochaine campagne électorale. Elle réclame notamment un virage majeur en transport, mais aussi une accélération de la protection du territoire et de la biodiversité. Et elle promet de talonner les candidats au cours des prochains mois.

Un total de 11 groupes environnementaux et citoyens a présenté dimanche 23 propositions qui ratissent large, de l’enjeu climatique à la protection des terres agricoles, en passant par la promotion du transport actif, la protection des milieux marins et la fin des projets d’exploration pétrolière et gazière.

Les groupes, parmi lesquels on retrouve notamment Équiterre, Vivre en ville, Nature Québec, Greenpeace, la Fondation David Suzuki et Vélo Québec, misent beaucoup sur l’enjeu du transport dans leurs revendications, qui ont déjà été transmises aux différents partis politiques provinciaux.

Ils exigent ainsi l’adoption d’un plan « pour réduire d’au moins 50 % les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports d’ici 2030 à partir du niveau actuel ». Cet objectif de réduction est similaire à celui inscrit par le gouvernement Couillard dans sa Politique de mobilité durable présentée il y a de cela quelques semaines.

Les groupes environnementaux vont toutefois plus loin et réclament la mise en place d’un « bonus-malus » incluant « une taxe sur l’achat de nouveaux véhicules énergivores, dont les revenus permettraient d’offrir des incitatifs à l’achat de véhicules zéro émission ».

Une telle idée a déjà été rejetée par le gouvernement. Un rapport du ministère de l’Environnement sur le bilan de « mi-parcours » du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques suggérait toutefois d’évaluer la faisabilité d’une telle mesure.

La coalition d’organismes estime par ailleurs que Québec devrait investir pas moins de 100 millions de dollars par année, pendant trois ans et en partenariat avec le fédéral, afin de développer les infrastructures cyclables de la province.

« Dans la lutte contre les gaz à effet de serre, il n’y a pas UNE solution miracle. Toutes les options doivent être considérées, des plus complexes aux plus simples. En considérant qu’un travailleur sur trois vit à moins de 5 km de son lieu de travail, il faut cesser de sous-estimer le potentiel du vélo et investir massivement dans les infrastructures qui en facilitent l’usage », fait valoir Suzanne Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec.

Les groupes pressent également les partis à s’engager à accélérer la protection des milieux naturels québécois, mais aussi de la biodiversité. Québec s’est engagé, sur la scène internationale, à protéger 10 % de ses milieux marins d’ici 2020, mais aussi 17 % de ses milieux terrestres. À l’heure actuelle, à peine plus de 1 % des milieux marins sont protégés, et environ 10 % des milieux terrestres.

« Une société comme le Québec se doit de respecter et même de dépasser les objectifs internationaux de création d’aires protégées, sur terre comme sur l’eau, à l’horizon 2020 », estime Christian Simard, de Nature Québec. Ce dernier ajoute que les partis doivent promettre de mieux protéger le Saint-Laurent.

Mobilisation

Disant rejoindre « plus de 250 000 personnes », les organisations écologistes promettent de se mobiliser au cours des prochains mois et de talonner les candidats des différents partis. Elles ont d’ailleurs conçu une « trousse électorale » qui invite les citoyens à contacter les candidats des différentes formations politiques, mais aussi à participer à des débats, des conseils municipaux, ou encore à intervenir dans les médias.

Selon Karel Mayrand, de la Fondation David Suzuki, leur objectif est d’inscrire les enjeux environnementaux parmi les priorités des différents partis. Directeur principal d’Équiterre, Steven Guilbeault estime d’ailleurs que la crise environnementale nécessite « une réponse de plus en plus musclée ».