Ottawa annule un appel d’offres pour une étude sur le béluga

En vertu de la Loi sur les espèces en péril, le béluga doit faire l’objet d’un «programme de rétablissement». 
Photo: Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) En vertu de la Loi sur les espèces en péril, le béluga doit faire l’objet d’un «programme de rétablissement». 

Après avoir lancé un appel d’offres et reçu des soumissions pour une étude portant sur la « viabilité » de la population de bélugas du Saint-Laurent, Pêches et Océans Canada a annulé la démarche déjà entamée, a appris Le Devoir.

Selon les informations obtenues mardi auprès de sources bien au fait du dossier, un nouvel appel d’offres révisé devrait être lancé d’ici les prochains jours.

Un tel geste de Pêches et Océans Canada oblige toutefois les soumissionnaires à représenter une offre dans le but d’obtenir ce contrat. L’appel d’offres ne devrait pas différer substantiellement de la première mouture, selon les informations disponibles.

Le Devoir a d’ailleurs obtenu copie du document présentant le premier appel de propositions. Celui-ci rappelle qu’en vertu de la Loi sur les espèces en péril, le béluga doit faire l’objet d’un « programme de rétablissement ». Ce plan définit justement « plusieurs menaces » qui nuisent à cette espèce emblématique de la santé du Saint-Laurent.

L’appel d’offres a donc pour but d’« effectuer une analyse de la viabilité de la population du béluga de l’estuaire du Saint-Laurent en quantifiant les effets relatifs mais aussi combinés du bruit, des contaminants et de la disponibilité de la nourriture sur la dynamique de cette population ».

Le soumissionnaire retenu devra « estimer » comment ces menaces « affectent la population et quelle proportion de la population est affectée par ces menaces et leurs interactions ». Il devra en outre, toujours selon le document de Pêches et Océans, « proposer des mesures de gestion et de mitigation pour le rétablissement de cette espèce et estimer l’effet de ces mesures sur la population ».

L’entreprise ou l’organisme retenu devra enfin « proposer les futures acquisitions de connaissances pour améliorer les connaissances sur ces menaces et leurs impacts ». Aucun montant n’est précisé pour le contrat.

Échéancier

Selon les termes du premier appel d’offres, le fédéral souhaite obtenir un rapport préliminaire au mois de mars 2016, tandis que le rapport final devrait être achevé pour juin 2016. Il n’a pas été possible de savoir si les délais seront modifiés en raison de la relance de l’appel de soumissions.

Aucun porte-parole de Pêches et Océans n’a pu être joint pour confirmer les informations obtenues mardi.

D’une population relativement stable d’environ 1000 individus jusqu’au début des années 2000, le nombre de bélugas se situerait désormais à environ 880 animaux. Depuis que les bélugas bénéficient d’une protection officielle, leur population n’a jamais augmenté. Normalement, une population en santé aurait dû doubler.

Un appel d’offres révisé devrait être lancé d’ici les prochains jours.



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