La demande mondiale de pétrole est en hausse, selon l’OPEP

L’OPEP estime que la demande mondiale de brut s’élèvera à 91,14 millions de barils par jour (mbj) cette année, soit 160 000 barils de plus sur une base quotidienne,
Photo: Jacques Nadeau -Le Devoir L’OPEP estime que la demande mondiale de brut s’élèvera à 91,14 millions de barils par jour (mbj) cette année, soit 160 000 barils de plus sur une base quotidienne,
L’amélioration de la situation économique mondiale va de pair avec une croissance de la demande pétrolière. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a d’ailleurs relevé mercredi ses prévisions pour 2014. Si cette hausse constitue une bonne nouvelle pour les États qui exploitent des gisements d’or noir, elle représente une menace supplémentaire pour le climat de la planète.
 

L’OPEP estime que la demande mondiale de brut s’élèvera à 91,14 millions de barils par jour (mbj) cette année, soit 160 000 barils de plus sur une base quotidienne, par rapport à la plus récente estimation.

 

Entre 2013 et 2014, la hausse mondiale de demande de brut devrait ainsi s’établir à 1,14 million de barils par jour. Cette croissance devrait de nouveau être portée par la Chine (+340 000 mbj) et les pays émergents (+820 000 mbj), alors que la demande des pays riches de l’OCDE devrait se contracter de 100 000 mbj en 2014, sur un an.

 

« La plus grande part de la contraction en Europe s’est produite pendant la première partie de l’année », la situation s’est améliorée ensuite, a noté l’organisation basée à Vienne. Avec une « crise de la dette qui semble être sous contrôle pour la plupart des pays », l’OPEP n’exclut pas de réviser à la hausse ses données pour l’Europe.

 

La hausse de la consommation de cette source d’énergie fossile doit par ailleurs se poursuivre au cours des prochaines années. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la demande mondiale doit augmenter de 6,9 millions de barils par jour, à 96,68 millions, entre 2012 et 2018.

 

L’AIE prévoit aussi que la capacité de production de pétrole brut planétaire augmentera de 8,3 millions de barils par jour au cours de la même période, pour atteindre 103 millions de barils. Ces récentes prévisions sont globalement plus élevées que dans son précédent rapport.

 

Boom nord-américain

 

Uniquement en Amérique du Nord, la croissance de la production devrait atteindre quatre millions de barils sur une base quotidienne. Au cours de la présente décennie, les pétrolières exploitant les ressources canadiennes comptent pour leur part doubler leur production quotidienne, à 3,5 millions de barils.

 

Ce nouveau boom d’exploitation d’énergies fossiles est essentiellement le fait des multinationales qui tirent profit du pétrole de schiste — notamment dans le Dakota du Nord — et des sables bitumineux de l’Ouest canadien. L’extraction de ces deux types d’or noir est réputée plus polluante que celle du pétrole conventionnel, et on en connaît encore mal les impacts environnementaux à long terme.

 

Ce qu’on sait, cependant, c’est que l’utilisation massive du pétrole a de graves conséquences sur le climat terrestre. Dans un rapport publié l’an dernier, la Commission sur le climat de l’Australie a d’ailleurs prévenu que le recours accru à celles-ci ne menace rien de moins que « l’existence de notre société ». « Afin d’atteindre notre objectif de stabilisation [de la hausse] des températures à deux degrés ou moins, nous devons tout simplement laisser quelque 80 % des réserves d’énergie fossile dans le sol », ont souligné les auteurs de l’étude.

 

Selon l’Agence internationale de l’énergie, la Terre se dirige présentement vers une hausse des températures de pas moins de 5,3°C par rapport à l’époque préindustrielle. Un tel bond « aurait des conséquences désastreuses en termes d’événements climatiques extrêmes, d’élévation du niveau de la mer et entraînerait d’énormes coûts économiques et sociaux », selon la directrice générale de l’organisation, Maria van der Hoeven.

 

Avec l’Agence France-Presse


 
7 commentaires
  • Pierre Couture - Inscrit 12 mars 2014 19 h 49

    Et pourtant...

    Et pourtant, de nombreux États ont gaspillé des dizaines et des dizaines de milliards de dollars pour subventionner grassement les vendeurs de vent, pour barbeler des territoires entiers d'éoliennes et pour dégrader la qualité de vie d'innombrables communautés, au nom, soi-disant, de la lutte contre le réchauffement planétaire.

    Et qu'ont fait les éoliennes - à part enrichir leurs propriétaires bien sûr?

    Rien, absolument rien de bon.

    Au contraire, l'article présent le démontre, leur installation s'est accompagnée de la hausse inquiétante de la consommation d'hydrocarbures.

    Magnifique réussite dont Madame Marois doit être fière, elle qui vient d'exiger le lancement d'un 4e appel d'offres de centrales éoliennes pour obtenir encore plus d'électricité dont nous n'avons pas besoin et que nous achèterons à des prix exorbitants.

    • François Beaulé - Inscrit 13 mars 2014 18 h 21

      L'investissement dans les éoliennes est en soi une bonne chose. Le problème en Amérique du Nord, et non pas en Europe, c'est que ces investissements servent d'alibi, de poudre aux yeux. Les États-Unis et le Canada ne s'engagent pas dans une réduction importante des émissions de GES qui passe par une réduction radicale de la combustion des combustibles fossiles. L'énergie éolienne s'ajoute aux énergies fossiles plutôt que de les remplacer. Les Nord-américains gaspillent l'énergie au lieu de la conserver.

    • Pierre Couture - Inscrit 14 mars 2014 07 h 35

      @ M. Beaulé
      Vous faites une erreur bien répandue et - surtout - très encouragée par les vendeurs de vent.

      Dans les faits, les éoliennes sont par nature intermittentes, car totalement dépendantes du vent. Elles doivent donc être épaulées par d'autres sources d'énergie pour prendre leur relève quand il ne vente pas assez ou trop, ce qui est le cas environ 70% du temps.

      Autrement dit, les éoliennes ne pourront jamais contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

      Au Québec, elles entrent en compétition avec l'hydro-électricité une source fiable, constante et abordable d'énergie.

      Ailleurs, leur fonctionnement imprévisible doit être compensé par des centrales thermiques fortes émettrices.

      Bref, les éoliennes font partie du problème plutôt que de la solution.

      Je suis d'accord avec vous qu'il faut réduire notre dépendance aux énergies fossiles, mais dans cette perspective, les éoliennes ne sont d'aucune utilité.

      Elles ne servent qu'à engraisser des ationnaires étrangers à même nos impôts et nos tarifs électriques démesurés.

  • Guy Lafond - Inscrit 13 mars 2014 06 h 04

    Qui vivra verra


    Hausse des températures et élévation du niveau de la mer:

    Les marcheurs les verront sûrement.

    Les cyclistes, aussi.

    Les cavaliers? Ça serait formidable!

    Les chauffeurs invétérés? Ceux du dimanche, peut-être.

    Car ces pilotes indécrottables d'engins fonctionnant à l'énergie faussile vivent en général bien trop vite et bien trop mal, n'est-ce pas?

  • François Beaulé - Inscrit 13 mars 2014 09 h 17

    L'Amérique du Nord, un modèle désastreux

    Tant le mode de vie américain que l'exploitation des sables bitumineux et du pétrole de schiste (dans le Dakota et peut-être dans l'île d'Anticosti) incitent le monde à produire et à consommer le plus de pétrole possible.

    Dans l'expression: «ces riches qui détruisent la planète», il y a deux réalités. Celle de la classe dominante et riche qui fait la promotion d'un mode de vie d'hyperconsommation délétère. Mais aussi celle de l'Amérique du Nord, championne des émissions de GES per capita et productrice de pétrole particulièrement sale.

    • Simon Chamberland - Inscrit 13 mars 2014 20 h 35

      La hausse de la consommation provient surtout de la Chine et des autres pays émergents.

  • Georges LeSueur - Inscrit 13 mars 2014 09 h 44

    Réaliste ?

    À lire cet article, on s'en va vers un suicide collectif programmé dans quelques décennies. Ben cout' don ! Si c'est ça qu'on mérite !