Changements climatiques - Les vertébrés devront s’adapter à vitesse grand V pour survivre

Les experts ont utilisé des données provenant de quelque 570 espèces vivantes de vertébrés terrestres. Leurs travaux comprenaient des espèces d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux et de mammifères.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les experts ont utilisé des données provenant de quelque 570 espèces vivantes de vertébrés terrestres. Leurs travaux comprenaient des espèces d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux et de mammifères.

S’adapter ou disparaître. En raison de la vitesse à laquelle le climat de la planète se détraque, plusieurs espèces de vertébrés devront évoluer 10 000 fois plus rapidement que par le passé si elles veulent survivre.

Des chercheurs de l’Université d’Arizona ont analysé le rythme d’adaptation de différentes espèces dans le passé en le comparant avec le rythme qu’elles devraient avoir au cours du présent siècle pour s’adapter à la nouvelle donne climatique. Pour cette étude, la première du genre, ils ont utilisé des données provenant de quelque 570 espèces vivantes de vertébrés terrestres. Leurs travaux comprenaient des espèces d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux et de mammifères.


« Nous avons découvert qu’en moyenne, les espèces s’adaptent aux conditions climatiques à un taux d’à peine un degré Celsius par million d’années, explique le professeur John Wiens, du Département d’écologie et d’évolution biologique de l’Université d’Arizona. Mais si les températures augmentent de quatre degrés, comme le prédit le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, c’est une différence immense. Cela veut dire que la capacité d’évoluer pour s’adapter à cette hausse ne sera pas une option pour plusieurs espèces. »


L’objectif des États engagés dans la lutte contre les changements climatiques est de freiner la hausse du climat à 2 °C. Mais de plus en plus d’organisations, dont la Banque mondiale, prédisent que l’inaction internationale nous conduit vers une hausse qui pourrait atteindre 4 °C dès 2060. L’Agence internationale de l’énergie évoque même une hausse de 5,3 °C d’ici la fin du siècle.

 

Menace d’extinction


Cela veut dire que les changements climatiques provoqués par l’activité humaine menacent d’extinction plusieurs espèces de vertébrés. Une étude publiée en mai dernier par des chercheurs de l’université britannique d’East Anglia concluait que plus de la moitié des espèces végétales et un tiers des espèces animales les plus communes devraient voir l’espace propice à leur existence réduit de moitié d’ici 2080, à cause du réchauffement climatique.


Selon la chercheuse Rachel Warren, qui a participé à cette étude, ces estimations se situent « probablement dans la fourchette basse » dans la mesure où elles ne prennent en compte que l’impact de la hausse des températures et pas les événements extrêmes induits par le changement climatique, comme les cyclones ou les inondations.


« Les populations d’animaux en particulier pourraient disparaître plus que nous ne l’estimons, avec moins de plantes disponibles pour les nourrir, expliquait-elle dans un communiqué présentant l’étude. Il y aura aussi des retombées sur les hommes, car il y a des espèces qui sont importantes pour la purification de l’eau et de l’air, pour limiter les inondations et le cycle de l’alimentation. »


 
2 commentaires
  • Gilbert Talbot - Abonné 11 juillet 2013 09 h 55

    Nous sommes aussi vertébrés.

    Nous aussi, les humains, sommes des vertébrés. Nous aussi devrons nous adapté rapidement ou disparaître comme espèce animale.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 juillet 2013 10 h 52

      Et nous ne pourrons pas blâmer les grenouilles de nos grenouillages !