Maison du développement durable - Une maison exemplaire!

Jacinthe Leblanc Collaboration spéciale
La Maison du développement durable est située sur la rue Sainte-Catherine, en plein Quartier des spectacles.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La Maison du développement durable est située sur la rue Sainte-Catherine, en plein Quartier des spectacles.

Ce texte fait partie du cahier spécial Développement durable

Organisme à but non lucratif distinct de ses membres fondateurs, la Maison du développement durable (MDD) a fêté son premier anniversaire le 6 octobre dernier et est en voie d’être le premier organisme à obtenir une certification LEED Platine en milieu urbain pour des bureaux. Robert Perreault, directeur de la MDD, se réjouit du succès et de l’attrait que la Maison crée autour du développement durable.


Il y a un an, la Maison du développement durable accueillait officiellement ses huit membres propriétaires et sept groupes locataires. L’idée est partie de la volonté, il y a une dizaine d’années, d’offrir un environnement de travail sain, mais aussi de regrouper sous un même toit des groupes sociaux et environnementaux ayant une perspective commune du développement durable. Au total, la Maison aura coûté environ 27 millions de dollars et a été financée par plus de 45 partenaires et donateurs privés, dont le gouvernement du Québec, la Ville de Montréal, Hydro-Québec et ALCOA, qui en est le principal partenaire.


Pour Robert Perreault, bien qu’aucun débat théorique n’ait été fait entre les différents organismes, la vision partagée semble s’apparenter à celle élaborée à l’origine en 1987 par Mme Bruntland. Il la résume comme un développement préoccupé par « la protection de l’environnement, des droits des citoyens [et] de leur participation au développement », tout en visant « une utilisation des ressources qui puisse satisfaire les besoins des gens, qui ne soit pas orientée d’abord vers le profit et puis qui préserve l’avenir des générations futures ». À cette vision du développement durable, le directeur de la MDD ajoute la dimension culturelle en soulignant les expositions au rez-de-chaussée, mais aussi de la présence de la Maison en plein milieu du Quartier des spectacles.


Le nom retenu de la Maison du développement durable se justifie si l’on considère qui en sont les membres fondateurs, selon M. Perreault, puisque cela fait partie de chacun d’entre eux. Le développement doit se préoccuper de l’environnement, mais aussi « des humains, de leur culture, de leur droit. C’est ça qui fait que le développement est durable ». Outre le développement durable comme philosophie commune, les groupes habitant dans la MDD partagent aussi des affinités politiques.

 

Mutualiser des services


Tournée d’abord et avant tout pour répondre à des besoins concrets de ses membres, la MDD leur sert de siège social. Aussi, « en se regroupant, souligne M. Perreault, ils ont souhaité mutualiser des services ». Autrement dit, les groupes de la MDD partagent aussi les frais de différents services, par exemple les services informatiques, ce qui entraîne une diminution de coûts pour tous. Cela est fait dans une optique de mise en commun et d’atteinte d’une équité entre les groupes présents. Être au même endroit permet également une meilleure synergie pour l’organisation d’activités. Se voir et travailler ensemble devient plus facile.


Dans un deuxième temps, la Maison du développement durable a pour mission d’être un bâtiment exemplaire en matière de technologies et d’énergies durables. Pour y arriver, tout a été pensé pour atteindre les standards les plus élevés selon les critères de la certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) Platine.


La MDD se veut énergétiquement efficace. Par exemple, pour se chauffer ou se climatiser, la MDD peut compter sur ses 28 puits de géothermie. Et en hiver, si la géothermie ne suffit pas, le bâtiment est équipé d’un chauffage d’appoint au gaz naturel. Il y a également un toit vert sur lequel l’équipe de la MDD espère développer de l’agriculture urbaine et de l’apiculture. Tout a aussi été pensé au chapitre du choix des matériaux : ajout cimentaire dans le béton, utilisation de bois provenant de forêts certifiées FSC et de matériaux à contenu recyclé, etc. Il y a plusieurs autres exemples de la performance environnementale de la Maison, notamment sur le plan de la qualité de l’air et de la consommation de l’eau. Pour M. Perreault, la MDD se veut aussi « un lieu de démonstration pour des enjeux liés au bâtiment ».


En outre, la sensibilisation auprès du public constitue le troisième volet de la mission. « C’est ce qui explique qu’ici, on a des séminaires, des conférences, des débats-midi, des expositions », poursuit le directeur. Depuis l’ouverture officielle, il note que « plusieurs milliers de personnes sont passées ». La programmation de cet automne est une première dont M. Perreault constate le potentiel. Cette idée de calendrier d’événements sera davantage exploitée dans la prochaine année.


« Quand ils songent à faire de la formation sur du développement durable, raconte Robert Perreault, les entreprises, les établissements universitaires, les organismes, la Ville de Montréal et d’autres, on sent que spontanément ils se disent : “ Pourquoi pas à la Maison du développement durable ? ” » La MDD s’est définie au cours de la dernière année comme « un centre de référence » en matière de développement durable.


Avec ce bâtiment qui se veut exemplaire, le directeur de la Maison du développement durable parle aussi d’un effet d’entraînement. Aux dires de M. Perreault, d’autres projets d’envergure ayant des standards élevés s’officialiseront bientôt sur la place publique. À son avis, « la MDD a placé la barre très haut » en visant l’obtention de la certification LEED Platine, ce qui fait que d’autres voient la possibilité et les avantages de construire un bâtiment dans une perspective de développement durable.



Collaboratrice