La solution Netlift - Place au «multimodal»

Michel Bélair Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

NetLift propose une solution aux bouchons de circulation, aux pertes de temps et aux gaspillages en tout genre. Car on peut conjuguer harmonieusement covoiturage et transport en commun…


Marc-Antoine Ducas est un informaticien de formation et, comme tout le monde, il en a jusque-là des bouchons de circulation et des fardeaux de conséquences qu’ils font peser sur les grandes (et même les moins grandes) villes du monde. La pollution, la détérioration des réseaux routiers comme de la santé publique, l’augmentation catastrophique des coûts sociaux, les pertes de revenus en tout genre, sans compter le réchauffement climatique… La preuve est faite que « tout cela nous assassine », comme dirait un dramaturge québécois engagé (Dominique Champagne, pour ne pas le nommer…).


Comme tout le monde aussi, Ducas se sert de l’analogie du système sanguin pour décrire la congestion de la circulation dans les villes, mais il ne s’y attarde pas longtemps. Il explique plutôt la solution globale qu’il propose en évoquant la crise qui a secoué le monde de l’informatique lorsqu’il a fallu trouver de nouvelles façons d’assurer le développement phénoménal du réseau Internet.

 

Le couple maudit


« Il y a quelques années, explique-t-il au téléphone, nous avons vécu une crise majeure, parce que les logiciels avec lesquels on a mis sur pied le grand réseau planétaire ne pouvaient plus traiter l’avalanche de nouvelles données arrivant de partout. Les congestions se sont multipliées en menaçant le développement du réseau, un peu comme l’accumulation des bouchons dans les grandes villes aujourd’hui, jusqu’à ce que l’on se mette à travailler sur une nouvelle génération de logiciels de compression des données, qui ont tout changé. C’est de là que m’est venue l’idée de NetLift. »


En ne simplifiant pas à outrance, disons tout de suite que cette solution repose sur la fragmentation des trajets, ou plutôt sur le transport « multimodal »… géré par Internet. Jusqu’à maintenant, toutes les solutions proposées pour éliminer les bouchons de congestion de tout style se ressemblent : elles passent par le transport en commun, surtout aux abords des villes et à l’intérieur même des grandes cités. On pense aux trains de banlieue et autres RER, au métro et au réseau d’autobus qui devaient résoudre le gros du problème… ce qui n’est toujours pas le cas, nulle part.


Pourtant, les solutions proposées en ce sens se sont affinées et même multipliées depuis quelques années : Bixi (montreal.bixi.com), Vélib (velib.paris.fr). Des sociétés de transport utilisent de nouveaux carburants comme le biodiésel et l’éthanol - ce qui n’est pas toujours heureux - et, un peu partout, on revient au tramway. En France seulement, Marc-Antoine Ducas a dénombré 270 logiciels différents consacrés à la gestion du transport en commun. Pourtant, rien n’est vraiment réglé. Au contraire.


C’est parce que toutes les approches, en Europe comme ici, reposent sur une combinatoire insoluble, selon le créateur de NetLift : le couple maudit « point de départ-point d’arrivée ». « On n’arrivera jamais à des solutions concrètes en ne considérant que le point d’origine et la destination du voyageur ; déjà les stationnements incitatifs près des gares de tout type à l’approche des grandes villes ne suffisent plus. Il faut penser plus largement en fractionnant le trajet à faire en portions : utiliser plusieurs modes de transport pour arriver à destination, c’est le concept de base du transport multimodal sur lequel repose NetLift. »


Bref, NetLift offre un logiciel qui permet de mieux jumeler le covoiturage et le transport en commun. Le service, qui mise sur plusieurs portions de trajet plutôt qu’une seule, vise en fait à optimiser les points de jonction entre les types de transport et leurs usagers.

 

Incitatifs intelligents


La solution proposée est d’autant plus intéressante qu’elle implique la participation directe du voyageur. « Parce que c’est lui qui connaît le mieux ses besoins. » Monsieur ou Madame X habite, par exemple, l’une des multiples perles de l’une ou l’autre des grandes couronnes métropolitaines. Il lui est devenu pratiquement impossible de se rendre à son travail en auto pour les raisons congestives et congestionnantes que l’on sait, même, souvent, en quittant la maison aux aurores. Comment NetLift peut-il régler son problème ?


Pour arriver à son bureau du centre-ville de Montréal par le métro ou le bus de la STM, X devra se résoudre à utiliser de multiples modes de transport ; habituellement, cela signifie une portion en auto jusqu’à une gare de train ou d’autobus de banlieue, qui assurera le trajet jusqu’à la station de métro. C’est là que NetLift peut s’avérer fort utile.


De son ordinateur ou de son téléphone intelligent, X aura publié dans le site de NetLift son besoin de transport et offert un prix (exemple : 5 $) au conducteur de la voiture - membre de NetLift lui aussi - qui le prendra. Dans netlift.com, on explique comment les choses se passent ensuite. Lorsque X complète son trajet et descend de la voiture, le montant d’argent convenu au départ avec le covoitureur est transféré du compte Netlift de X à celui du conducteur.


Avec son téléphone intelligent, X clique sur le bouton « Débarquer » de l’application Netlift et le montant réservé pour le trajet sera transféré dans le compte du conducteur, moins la portion de Netlift. Avec un forfait de base, le conducteur recevra 70 % du montant et Netlift, 30 %. En l’absence de téléphone intelligent, Netlift génère un courriel automatisé destiné à X, qui le trouvera en ouvrant sa boîte de courriel ; lorsqu’il confirmera que le trajet a eu lieu selon les modalités prévues, le montant sera transféré. Si le système amenait quatre personnes à voyager ensemble dans la même auto, la circulation serait au moins deux fois moins dense et les stationnements incitatifs parviendraient à jouer leur rôle.


Marc-Antoine Ducas estime que la masse critique à partir de laquelle le système est viable est d’environ 1000 abonnés, un nombre qu’il compte atteindre assez rapidement, puisqu’il a déjà l’appui de certaines universités et de quelques grandes entreprises d’ici.


« Pour les entreprises, souligne-t-il, les frais d’adhésion à NetLift sont nuls, ce qui est un incitatif intéressant. Le système leur permet de contribuer financièrement au changement d’habitude des employés, et des options de remboursement, de prélèvement ou de virement automatique sont disponibles. Nous fournissons aussi aux entreprises le bilan d’économies de GES des employés membres de NetLift, pour leur permettre d’atteindre plus clairement leurs objectifs de réductions des GES. »


Marc-Antoine Ducas, qui pense obtenir l’appui des grandes sociétés de transport en commun du Grand Montréal sous la forme d’une réduction pour les membres du système, planifie une grande offensive pour le printemps prochain.


On trouvera toutes les informations nécessaires sur le logiciel de gestion du covoiturage en visitant le site netlift.com et en cliquant sur l’onglet « Base de connaissances ».


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Collaborateur