Rapport d'étape sur les progrès des énergies vertes - L'AIE plaide pour la fin des subventions aux énergies fossiles

L’Espagne a battu, fin mars, un record de production d’énergie éolienne, en fournissant pendant une période de grands vents plus de 40% de l'électricité consommée par le pays.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Pedro Armestre L’Espagne a battu, fin mars, un record de production d’énergie éolienne, en fournissant pendant une période de grands vents plus de 40% de l'électricité consommée par le pays.

Les énergies vertes ont gagné beaucoup de terrain depuis une décennie mais pas assez pour neutraliser le progrès des énergies fossiles, révèle le premier Rapport d'étape sur les progrès des énergies vertes publié hier par l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Selon ce rapport, présenté hier aux ministres de l'Énergie de la planète réunis à Abou Dhabi, les pays vraiment responsables dans ce domaine devront couper définitivement les subventions aux énergies fossiles, accélérer la séquestration du carbone de leurs grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES) en même temps qu'ils vont devoir soutenir pendant au moins dix ans la production d'énergies vertes et de voitures moins énergivores, électriques ou hybrides rechargeables.

Ce premier rapport sur la place des énergies vertes dans le monde fait état de progrès beaucoup plus considérables que ce qu'on voit au Canada ou au Québec.

Énergie solaire

Le nombre de pays qui se sont donné une politique de développement de l'énergie solaire suffisante pour soutenir la consolidation d'un marché national est passé de trois en 2000 à dix pays à la fin de 2010.

Énergie éolienne

Quant à l'énergie éolienne, elle a enregistré des taux d'augmentation qui ont atteint, voire dépassé les 15 % par année dans certains pays. La Chine a devancé les États-Unis dans ce domaine depuis un an. Globalement, la puissance éolienne installée atteignait 190 Gigawatts (GW) en 2010, soit plus de 10 fois les 17 GW qu'on produisait sur la planète à la fin de 2000. Cette puissance installée équivaut à près de six fois celle des 59 barrages québécois.

À l'échelle mondiale, selon l'AIE, les énergies renouvelables ont connu un taux de croissance moyen de 2,7 % par année depuis 1990. Pour réduire de moitié les émissions du secteur de la production électrique d'ici 2050, l'AIE estime qu'il faudra doubler la part des énergies renouvelables d'ici 2020, car les combustibles fossiles sont encore responsables de 47 % de la production d'électricité mondiale.

Mais l'AIE craint que les gouvernements ralentissent leurs investissements dans les filières renouvelables en raison de la sortie de crise économique.

C'est pourtant le contraire qu'il faut faire, estime l'organisme international, souvent accusé d'être trop près des producteurs de combustibles fossiles. L'AIE estime en effet dans son rapport que l'atteinte d'une réduction de 50 % des émissions de GES d'ici 2050 exige la construction de 100 projets de grande capacité de séquestration du carbone, alors qu'il n'y en a que cinq présentement opérationnels sur la planète. Des 65 projets en préparation, tous ne verront pas le jour en raison des contraintes budgétaires et à cause de l'absence dans certains pays d'un plafond d'émissions de GES et d'un marché d'échange de crédits, comme au Canada et au Québec.

Quant aux véhicules électriques et aux hybrides branchables, l'AIE estime que les gouvernements sérieux vont maintenir des programmes de soutien à l'achat pendant au moins cinq ans ou des systèmes de bonus-malus, qui s'autofinancent. Des politiques musclées devraient permettre de vendre 7 millions de voitures plus vertes par année en 2020, ce qui porterait ce segment du parc mondial à environ 20 millions de véhicules, soit à peine 2 % du nombre total.
 
9 commentaires
  • celljack - Inscrit 7 avril 2011 07 h 53

    Et la biomasse?

    Faire de l'éthanol, non pas avec du maïs comestible, mais avec des déchets, du purin et des rebuts, pourquoi cet article n'en parle pas?

    C'est incroyable comme paradigme quand même. Quand on regarde ce qui se fait comme énergie verte ailleurs, on voit vite que les bioénergies ne sont pas à négliger!

  • Patrick Collette - Inscrit 7 avril 2011 07 h 57

    Invitation aux investisseurs

    Je lance une invitation à tous les investisseurs dans le domaine des gaz de schiste québécois à maintenir cet enthousiasme et cette hâte en réorientant vos investissements dans le progrès, c'est-à-dire les énergies futures. Énergies géothermiques, solaires, éoliennes et la biométhanisation des déchets pour en nommer quatre. Épaulées par l’hydro-électricité existante, ces avenues d’énergie prometteuse d’avenir propre vont faire du Québec un exemple planétaire. Ne ratez pas le virage amorcé. Je crois que vous roulez trop vite avec vos moteurs au gaz! L’histoire de ces compagnies de pétrole et de gaz est parsemée d’incidents et d’accidents. Vous vous souvenez de la maxime voulant qu’on apprenne des erreurs commises? Je sais, vous confiez cela à vos actuaires. J’imagine qu’ils sont très sollicités à notre époque. Ah… p’tite vie!

  • celine parent - Inscrit 7 avril 2011 11 h 58

    oui à la biomasse, non aux subventions aux multinationales de l'éolien

    Enerkem, une entreprise québécoise - qui fabrique de l'éthanol qui peut être utilisé dans les automobiles à partir de déchets urbains et de résidus de bois - s'est classée dans la liste des 50 sociétés les plus innovatrices au monde... Puis on passe ça sous silence.

    Quant aux subventions à l'éolien... Lorsqu'on voit le gouvernement Charest donner son aval au projet industriel éolien les Éoliennes de l'Érable en milieu habité - agricole, touristique et riche en biodiversité - et que l'on sait que l'électricité achetée à la multinationale espagnole Enerfin sera payée 0,12 $ le kw et que le prix de vente sera de 0.06 $... Qui paiera la subvention à une multinationale étrangère? Nous... les Québécois. Des pertes de 2,5 milliards en 10 ans. Pour en savoir plus : http://terrecitoyenne.qc.ca/

  • Mario Paquette - Inscrit 7 avril 2011 12 h 06

    Il y a pas un comité consultatif et un plan d action a venir au Québec

    En automne dernier le ministre M.Pierre Arcand du Ministère du Dévelloppement durable, de l environnement et des Parcs a former un comité consultatif pour la mise en place d un plan d action afin de réduire a court et moyen terme les émissions de GES au Québec.

    A quand les premiers constats et les orientations choisis pour le Québec. Peut-on avoir un rapport d étape a chaque 6 mois du comité et voir ses orientations.

  • Patrick Collette - Inscrit 7 avril 2011 18 h 30

    RRR

    Les 3 R, ça sonne des cloches?
    L.R.Q., chapitre S-22.01?
    Loi sur la Société québécoise de récupération et de recyclage?
    Ça fait une vingtaine d'années que notre gouvernement, dirigé tantôt par le PLQ et tantôt par le PQ, s'est légiféré des voeux pieux sans y faire suite. Sur la scène fédérale, idem. Nos dirigeants signent des protocoles et ne les honorent pas, c'est le moins que l'on peut dire. À l'égard des efforts palpables pour réduire notre empreinte écologique en tant que nations, j'aurais honte d'être un citoyen québécois/canadien si je reconnaissais (dans mon coeur) la légitimité de nos gouvernements. Il se trouve que je ne considère pas que nous sommes gouvernés. J'appelle le manège dans lequel nous tournons une gérance. Nos dirigeants administrent les multinationales, le Québec et le Canada. Ces entreprises offrent, comme produit et service, la facilitation des affaires. Leur clientèle se compose d’entreprises de tous acabits désirant exploiter notre territoire, nos ressources et nous.
    Une savoureuse séquence dans le film de Sidney Lumet « Network » (1976) présente un magnat médiatique sermonnant son étalon vedette (Howard Beale) à propos de cet état de fait.
    Patrick Collette
    Québec