Confusion autour des réunions virtuelles à l’école

Le ministre Roberge confirme que les conseils d’établissement peuvent se réunir en présence ou à distance. En photo, le Centre de service scolaire de Montréal
Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre Roberge confirme que les conseils d’établissement peuvent se réunir en présence ou à distance. En photo, le Centre de service scolaire de Montréal

L’allégement des mesures sanitaires provoque de la confusion dans les écoles. Une directive transmise aux centres de services scolaires indique que les conseils d’établissement (CÉ), qui gouvernent chacune des écoles publiques, doivent désormais se réunir en présence, après deux ans de rencontres virtuelles dues à la pandémie. Le cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a pourtant confirmé au Devoir que les CÉ peuvent décider s’ils tiennent leurs rencontres en présence ou de façon virtuelle.

« Les CÉ ont l’autonomie pour déterminer leur mode de réunion », indique Florent Tanlet, attaché de presse du ministre Roberge. Le ministère compte d’ailleurs écrire au réseau scolaire afin d’apporter cette précision.

Cette question crée des vagues dans les écoles, où les membres des conseils d’établissement s’étaient habitués aux réunions virtuelles depuis deux ans.

Arrêté ministériel

 

Au cours des derniers jours, le gouvernement Legault n’a pas renouvelé l’arrêté ministériel qui forçait les CÉ à tenir leurs réunions à distance depuis le début de la pandémie. En conséquence, les rencontres de CÉ devaient revenir en présence, parce que « la Loi sur l’instruction publique (LIP) ne permet pas la tenue de rencontres de CÉ en virtuel », a écrit la Fédération des centres de services scolaires du Québec (FCSSQ) à ses membres. La Fédération a mené une analyse juridique sur cette question, confirme la porte-parole Caroline Lemieux.

Vérification faite, le ministre Roberge estime que la loi accorde l’autonomie aux CÉ pour décider de mener leurs rencontres en présence ou à distance. Les parents sont satisfaits de cette mise au point, qui arrive néanmoins après une dizaine de jours d’incertitude dans le réseau scolaire.

« Les conseils d’établissement à distance, ça fonctionne ! Il y a plus de participants. Tout le monde trouve ça plus simple. C’est pratique de ne pas avoir à rester à l’école jusqu’à 21 heures le soir », relate Sylvain Martel, porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec.

Si les réunions virtuelles avaient été interdites, il craint que plusieurs CÉ n’auraient pu avoir lieu, faute de quorum. Une école de Laval a dû annuler une réunion de son CÉ, mardi soir, parce que trois des cinq parents membres n’étaient pas disposés à y assister en présence. Cette confusion arrive à un bien mauvais moment, parce que les conseils d’établissement doivent se prononcer ces jours-ci sur des décisions cruciales, comme le budget des écoles pour la prochaine année scolaire.

Chaque école publique est dotée d’un conseil d’établissement formé de la direction d’école, de parents, de membres du personnel, de représentants de la communauté et d’élèves (pour le deuxième cycle du secondaire). Les CÉ « déterminent les grandes orientations de l’école, qui ont des impacts directs sur la vie quotidienne des élèves », explique le site Web du ministère de l’Éducation.

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