Controverse autour du mot en n dans une école de Longueuil

Des jeunes de l’école Jacques-Rousseau s’insurgent contre l’emploi répété de ce mot qu’ils considèrent comme stigmatisant envers les personnes noires.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des jeunes de l’école Jacques-Rousseau s’insurgent contre l’emploi répété de ce mot qu’ils considèrent comme stigmatisant envers les personnes noires.

Le présumé recours au mot en n dans un contexte pédagogique par un membre du personnel de l’école secondaire Jacques-Rousseau, à Longueuil, soulève la colère des élèves. Le Centre de services scolaire Marie-Victorin (CSSMV) a ouvert une enquête à ce sujet.

Le CSSMV a confirmé au Devoir qu’une « analyse des faits » était en cours à propos d’un enregistrement où une personne énonce la phrase suivante : « Tous les négros sont des Africains. Ça se dit et ça se dit correctement. »

Cette personne a été désignée par des élèves comme étant un membre du personnel de l’école.

Dans un autre extrait aussi obtenu par Le Devoir, la personne évoque plusieurs fois le mot en n. Selon des témoignages, ces paroles ont été prononcées en classe, devant des élèves. Des jeunes de l’école Jacques-Rousseau s’insurgent contre l’emploi répété de ce mot, qu’ils considèrent comme stigmatisant envers les personnes noires.

« Il y a beaucoup de diversité culturelle dans notre école. Le n-word peut affecter tout le monde », a expliqué une élève de troisième secondaire rencontrée près de l’école jeudi. Elle a indiqué son nom au Devoir, mais le quotidien a choisi de préserver son anonymat.

Manifestations

 

Selon nos informations, une bruyante manifestation contre le racisme a eu lieu à l’intérieur de l’école sur l’heure du dîner, jeudi ; Le Devoir a vu deux policiers entrer dans l’établissement. Une autre manifestation sur le même thème a eu lieu mardi midi.

Le CSSMV « ne tolère aucune forme de racisme ou de discrimination. Une analyse des faits est en cours afin de mieux comprendre la situation et identifier les mesures à adopter. L’ouverture, le respect et l’intégrité sont au centre de nos valeurs, et nous avons à cœur d’offrir à nos élèves un environnement inclusif, respectueux de la diversité », a indiqué au Devoir le porte-parole de l’organisation, Alexandre Kozminski Martin.

« Compte tenu de l’analyse en cours, il nous est difficile de donner de plus amples renseignements sur le contexte exact dans lequel ces propos auraient été tenus. Pour l’instant, nous pouvons confirmer qu’il ne s’agit pas de propos récents et que nous sommes à évaluer l’authenticité de l’extrait », a-t-il précisé.

Une pétition contre le « racisme systémique » au sein de l’établissement circule depuis mardi. Au moment où ces lignes étaient écrites, 537 personnes l’avaient signée. La pétition dénonce entre autres des suspensions jugées abusives d’élèves noirs. Cette controverse éclate en pleine semaine interculturelle à l’école Jacques-Rousseau. Des festivités soulignant les origines diverses des élèves se sont tenues tous les jours sur l’heure du dîner.

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