L’École d’horticulture de Montréal veut son pavillon

Les cours pratiques de l’école sont donnés dans les serres Louis-Dupire, au Jardin botanique de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les cours pratiques de l’école sont donnés dans les serres Louis-Dupire, au Jardin botanique de Montréal.

L’intérêt pour l’agriculture urbaine, les toits verts et l’autonomie alimentaire a explosé avec la pandémie. Signe des temps, un projet de pavillon pour l’École des métiers de l’horticulture de Montréal, près des serres du Jardin botanique, a été relancé. À l’heure actuelle, les 250 élèves de l’école sont répartis à quatre endroits en ville, ce qui représente un casse-tête à gérer.

Les cours pratiques de cette école de formation professionnelle prennent déjà place aux serres Louis-Dupire du Jardin botanique. Cet espace vert emblématique du quartier Rosemont, à deux pas du Stade olympique, accueille aussi les cours d’aménagement paysager et d’entretien des arbres, des fleurs et de la verdure.

Le problème, c’est que les cours théoriques sont éparpillés à quatre endroits : à l’école secondaire Pierre-Dupuy, rue Parthenais, dans le quartier Centre-Sud ; dans un immeuble au 5600, rue Hochelaga ; dans des locaux administratifs du Jardin botanique et dans des classes modulaires au Jardin botanique (que certains appellent des « roulottes »).

« L’école n’a pas de bâtiment principal, ce qui rend la logistique un peu difficile », explique Josée Péloquin, directrice de l’établissement.

L’engouement est tel pour le verdissement, l’environnement et l’agriculture urbaine que l’école d’horticulture ne répond plus à la demande, précise la directrice. Plus de 200 élèves attendent une place à l’école. Les groupes pour la prochaine session sont déjà formés.

« Il y a énormément de demande non seulement de la part des élèves, mais aussi des employeurs, qui manquent de main-d’œuvre », dit Josée Péloquin. Plus de 150 postes sont affichés à l’heure actuelle pour des diplômés en horticulture, notamment à la Ville de Montréal et au Jardin botanique.

Des besoins importants

 

« L’intérêt était là même avant la pandémie. On a beaucoup d’espoir. On a la chance de donner nos cours pratiques dans un des plus beaux jardins botaniques du monde », dit avec enthousiasme Josée Péloquin.

Il s’agit de la seule école d’horticulture située en milieu urbain au Québec. Il n’est pas évident de trouver un endroit en pleine ville où les élèves peuvent manier des scies pouvant découper des branches ou du béton (pour les aménagements paysagers). Le Jardin botanique est assez grand pour que le bruit provenant des cours pratiques ne représente pas un problème.

200
C’est le nombre d’élèves qui attendent une place à l’École d’horticulture.

« L’objectif est d’offrir en un seul lieu, aux élèves et au personnel, des espaces d’enseignement permanent pour les apprentissages en horticulture, fleuristerie et aménagement paysager », confirme Alain Perron, porte-parole du Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM).

Les locaux occupés par les étudiants en horticulture à l’école Pierre-Dupuy devront à terme être libérés, parce que le nombre d’élèves au secondaire augmente de façon importante, précise-t-il.

Depuis une décennie, le CSSDM a tenté plusieurs fois de faire aboutir ce projet évalué à 14 millions de dollars. Les enseignants, les élèves et d’autres intervenants croisent les doigts pour que cette fois soit la bonne. Car les besoins sont immenses.

Un lieu-phare

 

« Le moment est plus propice que jamais pour faire ce projet extraordinaire. Il faut saisir l’occasion », estime Vincent Marissal, député solidaire de Rosemont. Il note que l’École d’horticulture peut devenir un lieu-phare du CSSDM, qui initierait les élèves de Montréal aux questions environnementales lors de visites pédagogiques.

Le député rappelle que le Service rapide par bus du boulevard Pie-IX, qui doit être inauguré dans les prochains mois, passera juste à côté des serres du Jardin botanique.

Le ministère de l’Éducation confirme que le projet est à l’étude, tout comme « l’ensemble des projets d’ajout d’espace soumis par les organismes scolaires à travers le Québec. Les projets priorisés et retenus pour un financement devraient être connus au plus tard à l’été 2022 ».

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