La ​Dictée P.G.L., un vecteur d’identité et d’ouverture sur le monde

Catherine Couturier
Collaboration spéciale
D’abord pensé pour tisser des liens de solidarité entre les élèves du Canada, de l’Afrique et de Haïti, le concours se déroule aujourd’hui dans les quatre coins de la francophonie.
Illustration: Tiffet D’abord pensé pour tisser des liens de solidarité entre les élèves du Canada, de l’Afrique et de Haïti, le concours se déroule aujourd’hui dans les quatre coins de la francophonie.

Ce texte fait partie du cahier spécial Francophonie

« Ensemble pour l’égalité des chances » : c’est sous cette thématique que se déroule la 31e édition de La Dictée P.G.L. Plus qu’un simple concours, La Dictée poursuit sa mission d’éduquer les jeunes à la citoyenneté, tout en permettant des rencontres avec d’autres jeunes francophones de partout dans le monde.

« Notre slogan, pour La Dictée P.G.L. et à la Fondation Paul Gérin-Lajoie en général, c’est l’éducation de qualité pour tous. C’est notre ADN », explique d’emblée Nagui Rabbat, directeur de La Dictée P.G.L. Chaque année, un thème porteur en lien avec les objectifs de développement durable de l’ONU est choisi pour La Dictée.

Si l’an passé la thématique était axée sur l’environnement, celle choisie pour cette édition est aussi brûlante d’actualité, avec les événements en Ukraine et les déplacements de population que l’on suit en direct sur nos écrans. L’édition 2021-2022 de La Dictée se déroule en effet sous le thème « Ensemble pour l’égalité des chances », une thématique qui touche à la coopération internationale, et son rôle pour rendre accessible l’éducation de qualité pour tous.

En plus de valoriser la maîtrise de la langue française comme outil de réflexion qui forge notre identité, La Dictée P.G.L. vise en effet à provoquer une ouverture sur le monde, et veut participer à l’éducation à la citoyenneté des élèves. « On veut sensibiliser les jeunes à ce qui se passe ailleurs dans le monde, dans le but de former des citoyens engagés et responsables. Notre mission, c’est aussi d’enrichir leur culture générale et de soutenir le vivre ensemble, la solidarité, et le partage », résume le directeur.

Plus qu’un concours

Parce qu’au-delà du concours, La Dictée P.G.L., c’est aussi un programme éducatif. « La Dictée P.G.L. est un projet vraiment unique », souligne M. Rabbat. Les écoles participantes ont accès à des outils pédagogiques et à des activités à faire en classe adaptés à chaque niveau, de la maternelle au premier cycle du secondaire. Ces activités sont en lien avec la thématique : « On donne des exemples concrets ; par exemple, on aborde comment l’éducation peut être accessible dans des régions où il y a des problèmes d’immigration ou des réfugiés, pour que les élèves comprennent que l’accès à l’éducation n’est pas la même qu’ici, pour les filles en particulier », raconte M. Rabbat.

Les sujets sont abordés différemment selon l’âge des élèves, et sont modulés en adéquation avec le programme scolaire. « On harmonise les activités avec le programme du ministère de l’Éducation, en tenant compte des compétences transversales, mais également des compétences disciplinaires comme la langue [choix de mot de vocabulaire, difficulté des textes, etc.] », fait remarquer M. Rabbat. « Le but est que l’enseignant intègre facilement le projet, pour qu’il se greffe à ce que les jeunes font à l’école, comme une découverte plutôt que comme tâche obligatoire », ajoute-t-il.

Depuis la pandémie, La Dictée P.G.L. a également mis en place un volet numérique, pour que les parents puissent faire des activités avec leurs jeunes.

 

Passer à l’action

Dans les activités pédagogiques, les élèves sont par exemple amenés à lire un texte de mise en situation qui inclut des éléments de réflexion, et à proposer des éléments d’action. La thématique permet d’éveiller les jeunes à l’importance de la coopération internationale et de l’implication de tous pour donner un accès égal à une éducation de qualité.

7 millions
C’est le nombre d’élèves qui, depuis 1991, ont participé à La Dictée P.G.L.

Parce qu’au-delà de la sensibilisation et de l’acquisition de nouvelles connaissances, La Dictée P.G.L. veut inciter à l’action. La dictée commanditée permet d’ailleurs aux élèves de faire une cueillette de fonds, dont une partie est remise à l’école de l’élève, et l’autre à la Fondation, pour soutenir des projets éducatifs dans les pays en développement.

Favoriser les rencontres

 

À la fin de l’année, le concours de La Dictée P.G.L. vient couronner le processus. « Il y a une sorte d’émulation qui se fait, avec des finales dans les écoles, les régions, puis la grande finale internationale », croit le directeur.

D’abord pensé pour tisser des liens de solidarité entre les élèves du Canada, de l’Afrique et de Haïti, le concours se déroule aujourd’hui dans les quatre coins de la francophonie. Depuis 1991, c’est plus de 7 millions d’élèves qui ont participé à La Dictée.

Les écoles de partout sont encouragées à correspondre entre elles, et la grande finale, de retour en présence après deux ans de pandémie, est l’occasion de rassembler des jeunes dans une ambiance festive. « On amène les jeunes à s’ouvrir sur le monde, à comprendre qu’il y a d’autres pays qui parlent français, et à être conscients de ce qui se passe dans le monde », conclut M. Rabbat.

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