Retour en classe un jour par semaine dans les cégeps et universités

Les détails de ce déconfinement limité de l’enseignement supérieur doivent encore être précisés par la ministre Danielle McCann lors d’un autre point de presse, prévu jeudi.
Photo: iStock Les détails de ce déconfinement limité de l’enseignement supérieur doivent encore être précisés par la ministre Danielle McCann lors d’un autre point de presse, prévu jeudi.

Après une absence de plusieurs mois qui commençait à peser sur leur moral, les étudiants des cégeps et universités du Québec pourront retourner dans les salles de cours une fois par semaine, promet le gouvernement.

« Il est temps, à un moment donné, que les jeunes soient capables de voir leurs amis, voir leurs profs puis voir une certaine activité sociale », a annoncé le premier ministre François Legault, mardi soir, précisant que l’enseignement à distance commençait à être « dur pour la santé mentale. »

Les détails de ce déconfinement limité de l’enseignement supérieur, surtout quant à la logistique d’un retour à temps partiel des étudiants, doivent encore être précisés par la ministre Danielle McCann lors d’un autre point de presse, prévu jeudi. Même si le premier ministre dit respecter l’autonomie des institutions et des professeurs, il souhaite s’assurer que les étudiants aient la possibilité « le plus vite possible » de retourner en classe « au moins une fois par semaine ».

Étudiants soulagés

L’annonce a suscité énormément d’espoir auprès d’Olivier Demers, étudiant au cégep du Vieux-Montréal qui n’a pu entrer dans l’établissement qu’à une poignée d’occasions, bien qu’il en soit déjà à sa deuxième session au cégep.

« C’est une grosse nouvelle que j’attends depuis des semaines. Je sens qu’on a été oublié [par le gouvernement]. J’espère avoir quelques cours en présentiel, pour me faire un réseau d’amis. En ce moment, je n’en ai pas », explique l’étudiant originaire de la Rive-Sud de Montréal.

Après avoir dû cesser de se rendre à son école secondaire du jour au lendemain au printemps dernier, l’homme qui vit avec un trouble du spectre de l’autisme explique avoir dû se familiariser avec le cégep à l’automne, alors qu’un seul de ses cours était donné en classe. Puis, le 8 octobre, tous les cours des cégeps et universités situés en zone rouge ont dû fournir leur enseignement en ligne, sous ordre du gouvernement. « C’est difficile pour la concentration en ce moment. Ça va faire du bien de revenir », s’enthousiasme-t-il.

Ce sentiment est partagé par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). Sa présidente, Noémie Veilleux, s’est réjoui que tous les étudiants auront vraisemblablement le privilège de se rendre physiquement à certains de leurs cours.

« Ce qu’on a remarqué jusqu’ici, c’est que les sciences humaines et les programmes pour lesquels l’enseignement pouvait se faire à distance étaient 100 % en ligne, et que les programmes techniques avaient plus de cours en personne. On est très contents que ça s’applique à tout le monde », a-t-elle indiqué au Devoir, tout en précisant qu’elle s’attend à ce que les étudiants qui souhaitent poursuivre en ligne puissent toujours le faire.

Prudence

« Nos étudiants vont mal en termes de santé mentale, confirme Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Là où je m’inquiète, c’est qu’on déconfine à ce niveau-là, alors les variants sont à nos portes. Je suis inquiète. »

Elle-même enseignante aux cycles supérieurs, l’experte en santé publique dit qu’elle ne serait pas à l’aise d’enseigner à une classe d’amphithéâtre, par exemple, étant donné le risque de transmission du virus. « Je n’irai pas. Je demanderai de rester en ligne. »

Mme Borgès Da Silva croit toutefois que le gouvernement pourrait utiliser les tests antigéniques rapides, technologie permettant de dépister en quelques minutes et avec grande fiabilité les étudiants possiblement contagieux à la COVID-19. Le Devoir révélait la semaine dernière que le Québec avait utilisé moins de 1 % de sa réserve de tests rapides, prétextant une fiabilité moindre et une capacité d’analyse en laboratoire suffisante.

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Nos étudiants vont mal, en termes de santé mentale