Appréhender le monde actuel grâce à l’anthropologie

Sophie Ginoux Collaboration spéciale
Une migrante hondurienne et son bébé font la file pour monter à bord d’un bus qui les emmènera à Monterrey, au Mexique, après avoir été renvoyés par  les autorités américaines.
Marco Ugarte Associated Press Une migrante hondurienne et son bébé font la file pour monter à bord d’un bus qui les emmènera à Monterrey, au Mexique, après avoir été renvoyés par les autorités américaines.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Souvent associée à une vision désuète ou exotique de notre société, l’anthropologie s’inscrit désormais dans le contemporain à l’UQAM avec la création d’une toute nouvelle majeure pluridisciplinaire destinée à former les analystes et les médiateurs de demain.

« L’anthropologie a un lourd historique  », admet d’emblée Marie Nathalie LeBlanc, professeure-chercheuse et directrice du tout premier programme en anthropologie proposé par l’UQAM à compter de l’automne 2021. Cette discipline, située à la frontière des sciences humaines, naturelles et sociales a en effet été longtemps liée au colonialisme, ainsi qu’à une étude de l’Autre d’un point de vue exotique. Toutefois, la nouvelle majeure que Mme LeBlanc dirigera est complètement différente de l’image que l’on entretient encore de cette spécialité.

Comprendre les réalités et les défis modernes

Novatrice, l’anthropologie du contemporain l’est déjà dans son approche. « Depuis les années 1990, explique la chercheuse, notre discipline s’est décloisonnée et a troqué son rôle d’observatrice pour s’inscrire concrètement dans un monde en mouvement continuel, un village global en tension permanente avec ce que chaque individu ou société vit à l’échelle locale. »

La nouvelle majeure de l’UQAM repose tout d’abord sur une série de cours obligatoires en lien direct avec notre actualité, comme le cours phare Anthropologie du contemporain, mais aussi ceux d’Anthropologie et autochtonies, Anthropologie du numérique et Anthropologie de l’anthropocène, qui s’intéresse à l’impact de l’activité humaine sur la planète. Le corpus central du programme comprend également une enquête de terrain qui ajoute un côté pratique à la formation. « Nous souhaitons affûter la pensée critique de nos étudiants et les confronter au réel », précise d’emblée Mme LeBlanc.

La pluridisciplinarité, un moteur d’avenir

Le second volet de la majeure est lui aussi séduisant avec un large choix de cours déjà dispensés dans d’autres départements de l’UQAM. Sociologie, communautés autochtones, féminisme, études ethniques, immigration, sexologie… autant de thèmes actuels à découvrir ou à approfondir. « Les étudiants sont de plus en plus désireux de cumuler les formations, confirme la directrice. Les cégépiens sont attirés par les programmes qui mêlent les disciplines. Ceux qui sont déjà engagés dans des concentrations et des certificats peuvent aussi obtenir les crédits nécessaires à l’obtention d’un baccalauréat. » Une grande partie des cours du programme sont également accessibles à tous les étudiants de l’université, y compris à ceux qui réalisent un baccalauréat dans une autre matière.

La majeure en anthropologie du contemporain se présente donc comme une formation actuelle, flexible et polyvalente. Est-elle toutefois propice à la recherche d’un travail ? « Ce n’est pas une discipline professionnalisante, mais elle permet d’acquérir beaucoup d’outils monnayables dans les milieux de travail », répond la directrice. Des carrières aussi variées que le développement et l’aide humanitaire, les musées, la médiation interculturelle, les ministères liés à l’immigration, les milieux communautaires ou les médias s’ouvrent aux anthropologues.

Le programme débutera au mois de septembre, avec une période d’inscriptions de 90 jours dès le mois de février et, pour les intéressés, une présentation spéciale lors des portes ouvertes de l’UQAM le 9 février.

D’autres nouveautés

La méditation comme outil créatif. Le Département des religions de l’UQAM innove en lançant un nouveau programme multidisciplinaire court de deuxième cycle qui a pour but de jeter des ponts entre les arts, la création, les sciences des religions et la méditation. Premier du genre au Canada, ce programme intitulé « Méditation theravāda et processus de création : approches académiques, critiques et expérientielles » approfondira les connaissances acquises sur la méditation contemplative et theravāda. Sous forme de trois séminaires, dont un donné par un moine bouddhiste d’origine québécoise, le programme aura une dimension pratique et créera des micro-communautés de recherche. Pour en savoir plus sur cette nouveauté, une séance d’information aura lieu sur la plateforme Zoom le 26 janvier.

Enjeux actuels et futurs de l’alimentation. Changements climatiques, agriculture durable, restauration responsable, éthique : voici quelques-uns des sujets qui seront au coeur d’un programme court de 2e cycle et d’un DESS consacrés aux enjeux contemporains de l’alimentation. Inspirées des food studies, ces nouvelles formations de l’UQAM, qui proposait déjà un certificat de 1er cycle dans ce domaine, sont uniques au Québec. Elles se déploieront en formule multidisciplinaire à travers plusieurs départements de l’UQAM, ainsi qu’en partenariat avec l’Université Laval et l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec. Les inscriptions sont en cours jusqu’au 15 mai.